FT y était : Un Paris-Brest au goût spécial (FT&Co)

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Le point de vue d’un ex-abonné d’Auteuil


Injustement virés du Parc des Princes il y plus d’un an par le Plan Leproux, les ultras parisiens étaient de retour dans leur seconde maison, à l’occasion du match PSG-Brest, ce dimanche 11 septembre. L’espace d’une soirée, l’enceinte de la Porte de Saint-Cloud s’est enfin montrée à la hauteur de sa nouvelle équipe. Reportage.
 
 
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Le 8 août dernier, un communiqué de l’association Liberté pour les Abonnés (LPA) appelle ses sympathisants à assister au match PSG-Brest en tribune H, et ce alors que les ultras parisiens boycottent le Parc depuis le début de la saison dernière. « Nos objectifs sont clairs : contester ces mesures [le maintien du Plan Leproux, ndlr] et soutenir notre club, pour démontrer une fois de plus ce que pourrait être le « nouveau PSG » avec l’appui de son public historique au Parc des Princes », ajoute le communiqué. Vingt-quatre heures après le communiqué de LPA, les prix des places en tribune H augmentent de 8 à 15 euros. Et certains viennent encore nous expliquer que le Plan Leproux était destiné à lutter contre la violence…

Ce dimanche 11 septembre, un millier de supporters parisiens environ, anciens du virage Auteuil, sont donc massée en tribune H, auxquels il faut ajouter 200 ex-membres de la tribune Boulogne, situés en face, en tribune E. Pas de tifos, ni de fumigènes. C’est là une consigne donnée par les organisateurs du rassemblement. Seule animation à l’entrée des joueurs : des ballons gonflables noirs, rouges et bleus sont lâchés…


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« En mémoire de l’ancien Parc: Silence ». Cette banderole sans appel est déployée en tribune H. Aucun chant pendant les quinze premières minutes. Quatre mecs arrivent après le coup d’envoi, un comble lorsqu’on se revendique supporter. Visiblement peu au fait des actions menées par les supporters historiques du PSG, ils sont tout étonnés de découvrir une tribune où tout le monde se tient debout, et emmerdent le monde pour pouvoir s’asseoir à la place qui figure sur leur billet. Certains ont beau essayer de leur expliquer que ce soir, c’est spécial, que c’est placement libre et qu’ils n’ont qu’à se mettre ailleurs, rien n’y fait…

Les minutes défilent sur l’écran géant, et quand survient le quart d’heure de jeu, c’est l’explosion. En majorité, il s’agit de chants destinés à encourager le PSG. A plusieurs reprises, les tribunes H et E se répondent, comme à l’époque des échanges entre Auteuil et Boulogne. Des revendications se font également entendre (« Paris c’est nous ! », « Rendez nous nos abonnements »), et des insultes fusent à l’encontre du nouveau public du Parc des Princes, qualifié de « collabos », de « public de merde », et invité à aller se faire enc… Robin Leproux et Bruno Skropeta, directeur de la communication et homme de l’ombre du Plan Leproux, en prennent également pour leur grade. Des banderoles appuient les revendications : « Pas de grand club sans grand public » ou « QSI-Leo, un seul transfert n’a pas de prix: le 12e homme ». Les chants sont coordonnés. Des capos disséminés dans la tribune se relaient pour les lancer, malgré l’absence de porte-voix, interdits par le PSG. Au total, la tribune H fait bien plus de bruit que les 12000 « Qatarix » des nouveaux virages du Parc, qui eux, sont pourtant équipés en tambours et porte-voix par le club.
 

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Le match devient de plus en plus chiant, et les occasions les plus franches sont à mettre à l’actif des Brestois, notamment en première période. Mais là n’est pas l’essentiel. Cette fois-ci, pas de sifflets à la mi-temps, ni de ridicules « Mouillez le maillot » entonnés après 20 minutes de jeu, comme ce fut le cas lors de PSG-Valenciennes. Les encouragements sont de retour, et le Parc renoue avec une partie de la ferveur qui le caractérisait dans le passé.

68e minute : Ménez humilie 3 défenseurs bretons, et transmet dans la surface à Pastore, qui d’une délicieuse balle piquée plante son premier pion avec la liquette rouge et bleue sur le dos. Chaos dans la tribune H ! Les supporters utilisent le peu de voix qui leur reste pour hurler de plaisir. Dans les escaliers, on descend les marches huit par huit. A sa sortie, Ménez, auteur d’une passe décisive est acclamé. Trois semaines plus tôt, contre VA, avec un bilan statistique identique, il sortait sifflé…



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Au terme de 20 dernières minutes sans grand intérêt, l’arbitre renvoie les joueurs au vestiaire. Les ultras resteront encore une quinzaine de minutes après le coup de sifflet final pour quelques chants, eux qui ne reviendront certainement pas de sitôt. Sylvain Armand, entré en jeu à la 80e, prend un soin particulier à saluer la tribune H. Plus ancien joueur de l’effectif parisien, il a certainement reconnu les vrais supporters…



Romain Becker



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