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L’équipe du mercato 2015 de FT

S’acheter une nouvelle vie. Voilà le luxe qu’est proposé aux clubs de football chaque été au mercato. De juin à août, tous les amoureux de ballon rond travaillent leur imagination et leur capacité de projection. Avec des « si », l’été devient inspirant ou inquiétant, drôle ou triste, toujours rempli d’émotions. Une belle occasion de se rendre compte de l’éventail des directions que prend le football européen.

Les clubs les plus riches ont continué à s’enrichir, du Real Madrid au Barça en passant par les deux Manchester et le Bayern. Et les clubs qui avaient trop réussi leur saison dernière ont dû se réinventer, de la Juventus à l’Atlético en passant par Wolfsburg. Des montants faramineux dépensés plus ou moins vulgairement par le milieu de tableau de la Premier League à l’arrivée impériale de Dimitar Berbatov au PAOK, ou encore le départ de Gignac au Mexique, le mercato a montré tous les visages du ballon rond cet été. Comme toujours lors de la réalisation de cette équipe-type, FT a tenté de présenter la meilleure équipe en respectant un contexte tactique clair. Si cette équipe doit être la plus performante et la plus intelligente possible, elle doit aussi respecter notre amour de la surprise, le beau et l’inutile. Habillée d’un 4-3-3 moderne qui aime à la fois le pressing et la verticalité, l’équipe se veut fidèle à certaines traditions : un gardien originaire d’Europe de l’Est, des latéraux brésiliens, des centraux sanguinaires venus d’Amérique latine, un avant-centre argentin et enfin un meneur de jeu français…

Equipe mercato 2015 FT

 

Petr Cech, de Chelsea à Arsenal. L’évidence. Le transfert de l’année en Premier League, pour ses conséquences potentielles sur le groupe de Chelsea, les résultats d’Arsenal et la vision de Wenger. En acceptant de faire confiance à un joueur de plus de 30 ans, Arsène contourne l’un de ses principes. Et si c’était le début d’une série ? Il ne reste plus qu’à faire venir John Terry et Branislav Ivanovic, et la défense des Gunners pourrait peut-être enfin rivaliser pour le titre. Dans cette équipe FT, Cech sera à la fois le guide du vestiaire et de la défense.

Nicolas Otamendi, de Valence à City. L’an dernier, et l’année d’avant, et l’année d’encore avant, les Citizens nous avaient fait croire qu’ils pourraient atteindre les rives de l’Europe continentale sans couler en huitième de finale de C1, voire avant. Cet été, avant de repartir à l’abordage avec Sterling et De Bruyne, les mancuniens ont jugé utile de s’acheter une bouée de sauvetage (à lire : Otamendi, la force de l’expérience). Judicieux quand on sait que celle-ci a démontré à Valence qu’elle savait protéger un bateau innocent face aux assauts des pirates barcelonais. Et c’est aussi ce qui plait ici : Otamendi sait défendre près et loin de ses cages.

Miranda, de l’Atlético à l’Inter. Beaucoup de conneries sont faites lors de chaque mercato, mais parfois, les planètes s’alignent et une opération parfaite est réalisée. En trois temps : l’Atlético libère une place pour le génial José Maria Giménez et touche quelques millions d’un joueur ayant atteint la trentaine ; l’Inter s’offre l’un des meilleurs centraux au monde au meilleur prix ; le joueur se voit offrir le défi de leader qu’il n’a jamais eu. Bingo. Et celui qui pourrait avoir touché le jackpot semble être  le jeune colombien Jeison Murillo, coéquipier de Miranda à l’Inter et frisson de la Copa América qui semble pouvoir allier le physique de colosse de Walter Samuel et la conduite de balle risquée de Lucio…

Petr Cech tactique

Filipe Luis, de Chelsea à l’Atlético. En hommage à la maîtrise de l’Atlético Madrid chaque été depuis maintenant quatre saisons. Alors que le club madrilène s’était construit la réputation du grand club le moins bien géré du continent, les colchoneros sont un modèle depuis l’arrivée du Cholo Simeone. En plus du rapatriement économique du latéral brésilien, les rojiblancos ont perdu et aussitôt remplacé Mandzukic, Arda Turan, Miranda, Raul Garcia et Mario Suarez par Jackson Martinez, Vietto, Savic, Ferreira-Carrasco et Kranevitter.

Dani Alves, du Barça au Barça. Ne pouvant pas se renforcer dans l’immédiat, les Barcelonais n’ont pas perdu de temps et ont déjà préparé leurs courses de Noël avec Arda Turan et Aleix Vidal. Mais le plus important n’est pas là. En convainquant Dani Alves de prolonger son contrat, le Barça a surtout réussi à conserver l’un des seuls joueurs irremplaçables de son animation offensive. Dani Alves, l’associé historique de Messi, n’est pas prêt d’arrêter son compteur de passes décisives. Dans cette équipe, habillé du numéro 10 qu’il mérite, il aura carte blanche pour faire ses numéros de meneur de jeu décalé.

Lassana Diarra, de nulle part à Marseille (capitaine). Les chiffres ne se gênent jamais pour blesser : en 15 ans de carrière, le génial milieu français n’a joué que 17 matchs par saison en moyenne. Un chiffre ridicule qui explique en grande partie la fascination que suscite Lassana Diarra. Sa carrière a toujours ressemblé à une course contre la montre car on a toujours eu l’impression de ne l’avoir jamais vu assez. Dans cette équipe, il jouera autant qu’il veut et partout, à la relance et au pressing, portant fièrement un brassard de capitaine qu’il aurait pu porter chez les Bleus dans un autre monde (celui de FT, par exemple. A lire : Lassana, le triple A pour sauver l’Euro, article publié en janvier 2012).

Arturo Vidal, de la Juventus au Bayern. Une année étrange, mouvementée, couronnée de succès et de scandales. L’an passé, Vidal a récupéré de sa blessure puis tenté de récupérer son meilleur niveau. Peine perdue, jusqu’à une extrême fin d’année qui l’a mené jusqu’à la finale de C1 et ce petit pont cinématographique subi devant Dani Alves. Parti dans la foulée chez lui au Chili, Vidal n’a pas perdu de temps pour renverser la tendance. Des prestations héroïques à Santiago, un casino, une Ferrarri explosée, des larmes et des accusations, et un premier titre historique pour la Roja (à lire : Arturo Vidal, l’élastique tactique). Dans cette équipe, Vidal courra plus que les autres et donnera toujours l’impression d’être le plus frais. Le guerrier traumatisera les cuisses de ses adversaires qui partiront vomir leurs séances de squats inutiles face à une force de la nature qui semble capable de revenir de tout.

Vidal tactique

Angel Di Maria, de Manchester United au PSG. C’est sans aucun doute le transfert qui pourrait avoir le plus d’influence sur les équilibres actuels en Ligue des Champions. Un transfert qui en dit long sur l’histoire récente de Manchester United et l’instabilité technique subie depuis le départ de Sir Alex Ferguson. Un transfert qui donne aussi à Laurent Blanc toutes les cartes en main pour aller loin en Europe (à lire : Comment faire jouer Di Maria au PSG ?). Avec un effectif où les postes offensifs sont enfin doublés et avec l’une des équipes les plus sexy d’Europe (Verratti, Pastore, Motta, Di Maria, Ibra…), le PSG aurait réussi son mercato avec cette seule pièce. Et notre équipe se retrouve renforcée par un couteau suisse unique. Pourvu qu’il aime autant nos couleurs que celles de Rosario Central…

Pedro, du Barça à Chelsea. Le Barça et sa Masia étaient un chateau confortable pour le Canarien. Puis, du jour au lendemain, l’aile droite qui lui appartenait lui a été confisquée. Direction la cave pour l’un des derniers bijoux de la Masia. A 28 ans, il faut du courage pour partir de chez papa et maman. Surtout qu’un Triplé est toujours savoureux, même vécu depuis une cave. Pedro a pris son courage à deux mains et, comme Fabregas, est parti retrouver le grand méchant Mourinho. Son sens du jeu exceptionnel, son infatigable capacité à répéter les appels et épuiser les défenses, les quantités de solutions qu’il apporte à ses latéraux et ses milieux, et enfin sa finition – l’une des plus fines des dix dernières années – en feront l’arme fatale de cette équipe.

Salah, de la Fiorentina à la Roma en passant par Chelsea. L’atout surprise. Le pied gauche le plus spontané du moment est reparti pour un tour de slaloms dans cette Serie A transformée en terre d’accueil de talents boudés en Angleterre. Comme Dzeko, Salah a « choisi » Rome. On l’aurait préféré à Naples, pour sa zurda maradonesque, mais peu importe. Sur son rythme florentin, Salah a continué à faire mal à la Juve et son impérialisme institutionnel. Fascinée par les soulèvements populaires menés par la virtuosité d’une seule tête et en manque de la patte gauche de Giuseppe Rossi, l’Italie en redemande. Et nous aussi.

Carlos Tévez, de la Juve à Boca Juniors. Sans véritable numéro 10, cette équipe avait besoin d’un phare pour l’éclairer. Un avant-centre qui donne un sens, fasse jouer, passe et marque. Cet été, tandis que les transferts européens millionnaires faisaient du bruit, Carlitos a silencieusement fait ses valises et a sacrifié sa trêve estivale au nom du privilège de porter le maillot de son équipe de coeur (à lire : Le monde de Carlos Tévez). De retour à Boca, Tévez pourrait changer le destin du football sud-américain. Et faire de l’attaque de cette équipe FT un infatigable rouleau compresseur.

Tévez tactique

Entraîneur : Marcelo Bielsa. Et pour cela, il fallait un homme capable de transformer un mercato (rêves, espoirs, paris) en réalité (victoires, titres, filles). Puisqu’aucun entraîneur a toujours réussi à réaliser cette prouesse, FT a pensé qu’il serait judicieux de donner une chance à un homme qui n’a jamais eu la chance de se faire offrir un mercato à la hauteur de sa science. Bielsa aura évidemment tous les pouvoirs, à condition que le brassard reste bien accroché au bras de Lass.

BANC DES REMPLACANTS

Raul Garcia, de l’Atlético à l’Athletic Bilbao, pour le sens du jeu.

Joaquin, de la Fiorentina au Betis, pour le sens du cœur.

Felipe Melo, de Galatasaray à l’Inter, pour le sens de la folie.

James Milner, de City à Liverpool, le premier transfert sensé de Liverpool depuis Craig Bellamy.

Romagnoli, de la Sampdoria au Milan en passant par la Roma, parce que le Milan de Berlusconi investit (25M€) à nouveau sur la jeunesse italienne. La dernière fois que c’est arrivé, en 2001, il s’agissait d’un jeune homme de 22 ans qui répondait au doux nom d’Andrea Pirlo…

Immobile-Llorente, de Dortmund et de la Juve au FC Séville, ou comment faire venir une paire d’attaquants de grande classe pour rien du tout.

Stevan Jovetic, de City à l’Inter, le coup de cœur. A choisir entre les deux buteurs des Balkans virés par City (le Monténégrin et Dzeko), Jovetic l’emporte pour le romantisme potentiel d’un come-back réussi. Si Roberto Mancini est capable de relancer la carrière de l’ex bouclé, tout devient possible. Et c’est tout le sens d’un mercato : faire rêver en transformant un désespoir réel en espoir rêvé, le temps d’un été. Voire un petit peu plus…

N. B. : vous remarquerez qu’il n’y a pas de gardien de but remplaçant. Cela n’est pas dû à une confiance aveugle envers Petr Cech, mais plutôt aux talents cachés de Felipe Melo.

Les enseignements tactiques de la Copa América

Pastore Messi

La possession a encore gagné, l’Argentine de Martino ressemble à l’Espagne de 2010, la défense uruguayenne est immortelle, le numéro 10 est encore vivant… De l’abondance des mouvements chiliens au néant brésilien en passant par une Argentine en plein travail identitaire, la Copa América 2015 a mis certaines choses au point.

Le toque a encore gagné Après l’Espagne en 2008, 2010 et 2012, et l’Allemagne en 2014, voilà le Chili en 2015. Mise à part la victoire uruguayenne à la Copa América 2011, les années récentes de football international dressent un constat : celui qui gère le mieux le ballon gagne à la fin. Pouvant s’appuyer sur la relance excellente de son gardien Bravo, sur la science de la possession de Marcelo Diaz, sur la sérénité de Medel, sur le travail athlétique de ses éléments les plus verticaux (Isla, Aránguiz, Vidal, Vargas, Sánchez) et sur la créativité et la patience de ses créateurs (Valdivia, Diaz, Vidal aussi), Jorge Sampaoli a mis au point des schémas de possession fluides et efficaces. De la gestion, mais aussi de la profondeur, de la possession, mais aussi de la vitesse. Cette année, la finale a même opposé les deux équipes ayant fait le plus confiance au ballon : 67,7% de possession en moyenne pour le Chili, 61,8% pour l’Argentine. Et même si tout s’est joué aux tirs au but, il faut noter que le vainqueur final a aussi gagné la bataille du ballon : 57% pour le Chili.

L’Argentine de Martino, une Espagne 2010 bis ? Le chemin est clair depuis la défaite en finale du Mondial contre l’Allemagne : l’Argentine veut se construire un football d’identité, et en faisant le choix de Tata Martino, elle a choisi un football de possession et de toque. Après un an de travaux en match amical, le visage montré par l’Albiceleste a fait penser à une autre sélection au plan de jeu très défini : l’Espagne de Del Bosque au Mondial 2010. Une équipe qui contrôlait plus qu’elle ne jouait. Seulement, la Roja avait fait le chemin inverse : partir de l’animation offensive libérée de 2008 pour aboutir sur le double pivot Busquets-Alonso deux ans plus tard. Martino, lui, a tout de suite fait le choix du double pivot Mascherano-Biglia, sacrifiant ainsi des variations offensives qui auraient pu apporter le mouvement qui manquait à sa circulation de balle. Est-il trop conscient du temps que ces travaux requièrent, ou a-t-il été trop frileux ?

L’immortelle défense uruguayenne Pour contrer les plans de Sampaoli, ses adversaires ont mis au point une alternance entre deux stratégies. La réduction des espaces, d’une part, en se repliant de façon compacte dans son propre camp pour limiter le mouvement chilien et donc les solutions du porteur de balle. Mais aussi la réduction du temps de possession, d’autre part. L’exemple péruvien reste le meilleur : une gestion entre replis et phases de possession intelligemment gérée qui aura longtemps mis en difficulté le pressing de Sánchez et les siens. Mais comme souvent, la solution défensive la plus efficace a été uruguayenne. Le maître Tabárez, une nouvelle fois, a montré tous ses talents d’organisateur en mettant en place une équipe qui n’aura eu besoin que de 21% de possession pour se créer les occasions les plus dangereuses en quart de finale, avant de plier en infériorité numérique à dix minutes de la fin. Avec l’état de forme de Giménez et Godín, mais aussi le talent de Muslera aux tirs au but, qui sait ce qui aurait pu arriver si Cavani n’avait pas été expulsé ?

Le numéro 10, sauveur des riches Certains l’ont cru mort avec Juan Roman Riquelme. D’autres l’ont cru disparu lorsque Pastore, Özil ou encore Kovačić ont été forcés de jouer sur un côté pour gratter du temps de jeu chez les gros d’Europe. Mais durant ce mois de juin 2015, les favoris de la Copa América se sont tous reposés sur la créativité d’un numéro 10. Valdivia pour le Chili, Messi pour l’Argentine (dans un rôle de vrai 10 surtout contre le Paraguay) et Neymar pour le Brésil (bien plus reculé qu’avec le Barça, mais seulement contre le Pérou, évidemment). C’est aussi le cas de la Colombie de James Rodríguez, mais le manque d’équilibre de la Tri a rapidement forcé Pékerman à faire travailler son 10 sur le côté. Enfin, l’Uruguay a essayé de mettre Lodeiro dans des conditions idéales lors de son entrée dans la compétition, mais Tabárez a ensuite privilégié l’équilibre.

Le numéro 10, possession-compatible Par ailleurs, ces dernières années, le numéro 10 a été présenté comme un allergique de la possession de balle. Puisqu’il vit de mouvement et de vitesse, les phases de jeu placées semblaient forcément l’handicaper. Alors, l’entraîneur Michel a expliqué – avec raison – que le Barça jouait en fait avec un tas de numéros 10. Certes, mais cette Copa América a démontré qu’un vrai numéro 10 peut aussi animer un jeu de toque en alternant phases de possession sagement gérées et envolées lyriques. D’ailleurs, alors que Jorge Valdivia en est l’exemple le plus criant, la contribution de Javier Pastore au contrôle du jeu argentin est à souligner. À chaque fois que l’Argentin a été remplacé, l’Albiceleste a perdu du terrain et le ballon.

Le numéro 9, sauveur des pauvres Jusqu’où aurait pu aller la Colombie si son numéro 9 avait été à la hauteur de l’ambition de Pékerman ? Certainement là où le Pérou, le Venezuela et le Paraguay ont espéré aller armés de leurs buteurs respectifs. C’est-à-dire au bout du monde. Avec la combativité de Paolo Guerrero, la présence de Salomon Rondón et enfin l’efficacité de Lucas Barrios, les trois nations ont pu espérer atteindre les sommets. Parce que ces joueurs n’ont besoin que d’un ballon, à peine, et qu’ils donnent un sens aux équipes les moins gâtées par le talent de leurs milieux. Sans Suárez, et avec Cavani et Rolan, l’Uruguay a bien défendu, mais n’a pas trouvé cette direction à la récupération du ballon.

Gloire au milieu défensif sud-américain « Le joueur sud-américain est très différent. Pour le footballeur sud-américain, l’effort, le fait de ne rien lâcher, la persévérance, la lutte sont des valeurs fondamentales », explique Ivan Zamorano. « La partie tactique est bien sûr importante, mais quelque part, elle passe au second rang. Tu t’en rends compte ici durant la Copa América. Pourquoi Messi ne brille pas tant, pourquoi James a du mal, pourquoi Neymar ne fait pas tant de différences ? Parce qu’ils ont des mecs durs, qui les harcèlent en permanence, qui se jettent sur eux. En Europe, il y a beaucoup plus d’espace. Le foot, ici, c’est un effort. Regarde Gary Medel. » L’édition 2015 de la Copa América aura été une nouvelle occasion d’admirer (ou de se faire dégoûter par) l’intensité physique du jeu sud-américain. Et à ce jeu-là, les milieux défensifs « boucliers », ceux qui ne lâchent pas les artistes, ont été glorifiés à leur juste valeur. Une preuve ? Gary Medel a reçu bien plus d’amour de la part de l’Estadio Nacional qu’Alexis Sánchez. À revoir, le match du Colombien Carlos Sánchez contre Neymar en phase de poules, mais aussi les interventions de Medel face à Messi en finale, ou encore les œuvres complètes de Tomás Rincón et Arévalo Ríos.

Mascherano et la vraie-fausse défense à trois argentine Un « libéro du milieu » ? En Argentine, certains entraîneurs ont récemment commencé à employer cette expression pour désigner le rôle de Javier Mascherano avec l’Albiceleste. Alors que l’ex-milieu récupérateur a été formé défenseur central par Pep Guardiola au Barça, cette Copa América était l’occasion d’observer le positionnement du Jefe. Et le constat est clair : Masche joue à la hauteur de ses défenseurs centraux, mais touche autant de ballons qu’un Pirlo. L’observation peut être rejointe par la polyvalence de Marcelo Diaz dans un rôle similaire pour le Chili. Ensemble, elles poussent à interroger la frontière entre défense à quatre et défense à cinq. Si les mouvements d’un seul joueur participent autant à définir la nature d’une défense, ne faut-il pas mettre un terme au débat de la ligne défensive à trois, et le déplacer vers celui de l’utilisation de ces libéros du milieu ?

Markus, à Santiago du Chili

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Article publié le 08/07/2015 sur SOFOOT.com

Kevin-Prince Boateng en 10 mots

Boateng tactique

Kevin-Prince Boateng est une lueur d’anarchie dans le football des années 2010. Si le milieu de Schalke 04 a toujours été limité techniquement, il a indéniablement réussi à faire son bout de chemin sans écouter les règles. KPB est non seulement devenu un joueur de lucarnes et de tacles spectaculaires, mais s’est aussi construit une réputation extra-sportive bien remplie : clopes, belles poitrines, numéro 10, lutte contre le racisme, numéro 9, danse et Éric Abidal.

1. Vengeance. En mai 2010, Boateng est une promesse du football allemand en pleine relance à Portsmouth, après avoir échoué à s’imposer à Tottenham et Dortmund (le Borussia n’exerce pas l’option d’achat malgré un prêt au bilan positif). En finale de la FA Cup, face à Chelsea, Kevin-Prince croise le chemin de Michael Ballack. À la 32e minute, après un échange virulent, Ballack lui file une claque. Deux minutes plus tard, la sanction tombe : tacle par derrière, cheville pétée. À un mois du Mondial… Vingt minutes plus tard, Boateng manque un penalty, et Chelsea s’impose 1-0. Surtout, les médias allemands en font l’ennemi public numéro un. Évidemment, cela ne le dérange pas du tout.

Les images de Ballack vs. Boateng

2. Show. Kevin-Prince Boateng est un milieu de terrain anarchique, plutôt désordonné techniquement et loin d’être régulier défensivement. Mais s’il y a une chose qu’on ne peut enlever au numéro 9 de Schalke, c’est cette faculté à être toujours spectaculaire. Uli Stielike, sélectionneur allemand des moins de 19 ans, avait dit de Boateng : « Au haut niveau, Kevin a besoin de s’extraire du monde du football spectacle. » Évidemment, il ne l’a pas écouté, et a certainement bien fait. Ainsi, KPB s’est montré capable de gagner la réputation d’être un homme-lucarne au Milan, faire monter la température comme personne à Gelsenkirchen, imiter Steve Urkel pour les besoins du département marketing de son club, séduire Rihanna sans rien faire ou encore devenir la tête d’affiche des célébrations milanaises du Scudetto 2011 avec un moonwalk princier. « Danser, j’ai ça dans le sang », dira-t-il sans étonner personne. Dans un entretien accordé à So Foot en 2012, KPB ne cachait pas son amour pour la fame : « Moi, ce que je vois, c’est que si un gars s’assied et écrit sur moi, c’est que je dois être très important. Et tu ne trouveras pas un footballeur dans le monde qui n’aime pas voir sa tête dans les journaux. On travaille pour cela. Voir mon nom dans la presse, oui j’aime ça. »

Les pas de danse de San Siro

3. Abidal. Novembre 2011. Le Barça rend visite au Milan pour une rencontre prestigieuse de poule de C1. Ce soir-là, Kevin-Prince Boateng invente le Vine footballistique un an avant la création de l’application. Sous un maillot marqué par le patch « UEFA Respect », il réalise un enchaînement sans pitié pour Éric Abidal, qui passera en boucle toute la soirée : contrôle aérien, dribble derrière le pied et frappe en force au premier poteau. Alors que Kaká aurait tout fait en douceur au sol, Boateng soigne son action d’une succession de petits rebonds. Une sorte de dunk appliqué au football, qu’il raconte ainsi : « J’ai fait ça sans calculer. Mais quand j’ai revu les images, je me suis dit : « Mon Dieu, comment j’ai fait ça ? » Si tu me demandais de te le refaire aujourd’hui, j’en serais incapable. » Au fait, ce soir-là, le Milan s’est incliné 2-3.

Le but contre le Barça

4. Sexe. En Italie, Boateng n’a pas seulement conquis les travées de San Siro. Melissa Satta, qui présente sur son CV le combo « présentatrice – mannequin – ex de Bobo Vieri », est aussi tombée sous le charme. Après une bonne première saison milanaise, qui le verra remporter le Scudetto 2011 aux côtés du tempérament d’Ibra, les flashs de grandeur de Pato et les magies de Cassano, KPB joue moins la deuxième saison : seulement 19 matchs de Serie A, et quelques problèmes musculaires. Sur un ton plus provocateur que sérieux, Satta avance une explication : « On fait trop l’amour, de sept à dix fois par semaine, c’est pour ça qu’il ne récupère pas rapidement ». Évidemment, l’Italie la prend au sérieux. Boateng, lui, préfère en rire : « Sérieusement, comment peut-on croire ça ? Des gens sont venus me dire sur Twitter d’arrêter de baiser parce que j’allais me blesser. C’est de la merde. Blessé à cause du sexe ? Conneries ! Sinon, tous les footballeurs devraient être blessés… » En toute logique, il s’agit aussi de sa saison la plus prolifique en buts : 9 pions, toutes compétitions confondues.

5. Son. Parce que la carrière de Boateng, c’est avant tout beaucoup de son. Celui de ses frappes qui s’écrasent violemment contre la transversale. Mais aussi la musique de ses surnoms. D’abord « Ghetto Kid », « parce que je viens d’un quartier de Berlin (Wedding, ndlr) que les gens en Allemagne considèrent comme un ghetto ». Puis « Le train sans frein », sur une invention de Thiago Silva lorsqu’ils étaient coéquipiers au Milan. Et enfin deux autres marques sorties de la créativité de la presse italienne : « Big Bang Boateng » et « Le Boa ». Derrière toutes ces expressions, Kevin-Prince Boateng aura surtout réussi à convaincre la direction technique du Milan de lui confier le numéro 10, autrefois porté par Liedholm, Rivera, Gullit, Savićević, Boban, Rui Costa et Seedorf…

6. Ghana. Après avoir fait ses armes dans toutes les catégories de jeunes de la sélection allemande, KPB réalise une superbe Coupe du monde 2010 pour le Ghana, sans avoir jamais mis les pieds dans le pays d’origine de son père. Un an plus tard, en novembre 2011, peu avant la CAN 2012, il annonce sa retraite internationale, pour un tas de raisons différentes : « À cause de tous les voyages, les changements d’horaires… », à cause d’un genou souffrant ayant besoin de traitements quotidiens, et à cause du sélectionneur Rajevac, aussi. Boateng refuse les convocations pour jouer pour son pays, se fait tatouer la carte du Ghana sur le bras, et tout roule. Deux ans plus tard et quelques mois avant le Mondial brésilien, Boateng revient évidemment sur sa décision et « s’engage » à nouveau. Lors de la compétition, il est finalement exclu du groupe ghanéen par son sélectionneur Appiah, pour avoir « utilisé des mots vulgaires tels que le mot « fuck » à de très nombreuses reprises, notamment devant les jeunes ». Pour Boateng, « Appiah avait un problème avec moi et il cherchait un prétexte pour me renvoyer ». Rendez-vous en octobre 2017 pour sa 16e sélection avec les Black Stars.

7. Anti-racisme. En janvier 2013, le Milan effectue un match amical contre l’équipe de Pro Patria, membre de la quatrième division italienne. Ce jour-là, des chants racistes pleuvent dès que Boa, Niang, Emanuelson et Muntari touchent le ballon. Au bout de 25 minutes de malaise, Boateng ramasse la balle, la balance dans les gradins, retire son maillot et quitte le terrain. Le capitaine Massimo Ambrosini indique à tous ses coéquipiers de le suivre. Un mois plus tard, Boateng rejoint l’équipe anti-racisme de la FIFA, puis se fait nommer ambassadeur de la lutte contre le racisme des Nations unies. Lors d’une conférence ayant lieu le 22 mars 2013 au siège de l’ONU à Genève, il donne le discours suivant : « Quand j’ai joué pour le Ghana, j’ai appris comment combattre la malaria. De simples vaccins ne suffisent pas. Il faut aussi assainir les zones infectées. Je pense que le racisme et la malaria ont beaucoup en commun. Il n’y a pas de vaccin ou d’antibiotique à prendre. C’est un virus dangereux et infectieux qui est renforcé par l’indifférence et l’inaction. Les stades de football, comme d’autres endroits, sont remplis par des jeunes. Si nous ne nous battons pas contre la stagnation, beaucoup de ces jeunes qui sont en bonne santé aujourd’hui, pourraient se faire aussi infecter par l’une des maladies les plus dangereuses de notre époque. (…) Les sportifs, artistes et musiciens ont une chance, une opportunité et une responsabilité uniques pour se faire entendre, car nous avons la possibilité d’atteindre des parties de la société que les discours politiques n’atteindront jamais. L’Histoire nous démontre à quel point la contribution des athlètes peut être importante. Le fait que le président des États-Unis partage la même couleur de peau que moi n’a pas seulement à voir avec Martin Luther King, mais aussi avec Muhammad Ali. (…) Ce serait une erreur fatale de croire que nous pouvons combattre le racisme en l’ignorant et en espérant qu’il parte comme s’il s’agissait de maux de tête. Cela n’arrivera pas. Nous avons le devoir de nous lever et d’agir. » En pleine lucarne, encore.

8. Clope. En février 2014, Schalke 04 l’emporte 2-1 contre le Bayer Leverkusen. À la suite de la rencontre, le nom de Kevin-Prince Boateng apparaît dans la liste du traditionnel test anti-dopage. Une photo de Bild fait alors le tour du monde. Dans la salle d’attente du test, KPB est posé sur un lavabo, just chilling avec son smartphone, mais aussi une clope à la main, de la fumée aux lèvres et une bière à portée de main. L’image entre dans la symbolique d’un joueur qui a toujours été plus show-man qu’athlète. Le manager général du club, Hors Heldt, réagit vite : « Boateng s’est permis une cigarette pour se relaxer après la victoire, et la bière est donnée de façon systématique quand il faut pouvoir uriner rapidement et faciliter la réalisation du test. » Mais pas assez : cela n’empêchera pas la démission du médecin du club.

9. Jérôme. Durant de nombreuses années, chez les Boateng, il y avait Kevin-Prince, ses frasques et ses lucarnes d’un côté, et Jérôme, sa grande carcasse de central tantôt maladroit, tantôt puissant de l’autre. Partageant le même père, mais n’ayant pas grandi ensemble, les deux hommes jouent pour des sélections différentes, mais « s’aiment comme des frères », dixit Kevin-Prince. Et si, durant toutes ces années, la lumière de l’aîné avait protégé le futur du petit frère ? Après une saison munichoise et un Mondial de grand joueur, Boateng – le champion du monde, donc – est enfin sorti de la lumière. S’il est moins brillant, il s’avère bien plus fort que son grand frère.

10. Frissons. Si le football se souviendra de Kevin-Prince Boateng, c’est avant tout pour des frissons. Des moments ponctuels, mais ineffaçables. Et c’est bien pour cela qu’il manquera ce mardi soir contre le Real Madrid, dans ce qui aurait pu être une nouvelle occasion de faire rugir sa frappe de balle. Le frisson le plus fort qu’il ait donné à ses supporters reste certainement le triplé contre Lecce lors de la saison 2011-12. À la pause, l’équipe d’Allegri a au moins un genou à terre, perdant 3-0 sur la pelouse du modeste Lecce. Remplaçant, Boateng entre en jeu et met un triplé en moins d’un quart d’heure : une lucarne du gauche, une autre lucarne du droit, et une égalisation farfelue. Sur une tête de Mario Yepes, le Milan s’impose 3-4…

Le triplé contre Lecce

Markus

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Article publié le 10/03/2015 sur SOFOOT.com

Lire les autres articles « Un jeu de héros »

L’équipe de l’année 2014 de FT

Mascherano Robben

Faute Tactique a choisi son équipe de l’année 2014. Pour commencer, étant donné qu’une saison de football ne se joue pas sur le calendrier civil, il s’agit forcément de choix insensés. Mais bon, puisque le football est lui-même insensé, célébrant 90 minutes de jeu pour ne compter que les buts, cela ne semble pas dérangeant. Pour choisir parmi la centaine de héros qui ont émerveillé l’année par leurs beaux gestes, leurs fautes vicieuses et autres actions inestimables, il a fallu définir quelques critères. En premier lieu, cette équipe devait avoir un sens tactique : il était impossible d’aligner Cristiano et Messi ensemble, ni même deux latéraux brésiliens dans la même équipe, et encore moins Zlatan Ibrahimovic et un numéro 10. Il fallait une équipe cohérente sur la forme et le fond : il ne s’agissait pas d’aligner, comme Luis Figo, un milieu Neymar-Robben-Kroos derrière Messi-Cristiano-Ibrahimovic.

Dans un second temps, il a fallu former un groupe ressemblant à l’idée du football qu’essaye d’idéaliser Faute Tactique : romantisme, héroïsme, esthétique et forcément intelligence. Ainsi, la capacité des joueurs à se surpasser lors des moments les plus importants de la saison aura été capitale dans cette sélection. Capitale, mais pas non plus irrationnelle : Mario Götze n’en fait pas partie. Dans un troisième temps, il fallait créer une équipe compétitive et réaliste : un équilibre entre leaders naturels, travailleurs de l’ombre et étoiles individuelles. Cette équipe n’est donc pas la liste des meilleurs joueurs à chaque position. Ce n’est qu’une équipe de rêve parmi tant d’autres. Mais il se trouve qu’elle est imbattable. D’ailleurs, elle ne perdra jamais un match.

Entraîneur : Diego Simeone

4-3-1-2

Diego Simeone

#1 Manuel Neuer, gardien de but : Pour les gardiens de but nés au 20ème siècle, le monde devait pour toujours se limiter à la surface de réparation. Pionnier, Neuer a changé ce monde-là. Libéro, tacleur gourmand ou gardien de but avide de sensations fortes, l’Allemand a repoussé les limites de son poste, tout en lui rendant de merveilleux hommages sur sa ligne. Et puis, sans Götze, il est évident qu’il aurait eu le courage d’aller mettre son tir aux buts en finale contre l’Argentine. Cette histoire était écrite, et ce n’est pas parce qu’elle n’a pas été lue qu’il faut l’ignorer pour autant. Neuer, numero uno.

Manuel Neuer contre l'Algérie

#5 Miranda et #4 Diego Godin, défenseurs centraux : Parce que Diego Godin aura été aussi décisif que Sergio Ramos (finale de C1, finale de Liga, Coupe du monde). Parce que Miranda aura été plus constant que Pepe, Kompany, Thiago Silva et n’importe quel autre défenseur central de la planète. Parce qu’ils forment la meilleure défense du monde, tout simplement, et que FT voulait choisir une paire de centraux non seulement complémentaires, mais habitués à jouer ensemble, parce qu’on ne prend pas la défense à la légère. Et enfin pour rendre hommage au sens de la géométrie de Tiago et Gabi, les sacrifices de Koke et Arda Turan, et toute l’organisation défensive de l’Atlético Madrid.

Godin Miranda

#2 Branislav Ivanovic, latéral droit : Parce que la Yougoslavie, c’est le Brésil de l’Europe. Et parce qu’Ivanovic est capable de couvrir un couloir long de 100 mètres, comme les latéraux brésiliens les plus fantasmés de l’histoire du football. Comme Maicon, Ivanovic est un colosse, « un char », comme l’a ressenti Raheem Sterling après une confrontation Liverpool-Chelsea. Ivanovic, c’est ce défenseur que tu ne surpasseras pas. Et qui se transformera en seconde pointe lors des quinze dernières minutes de la rencontre.

Portrait à lire : Ivanovic, le spetsnaz de Mourinho

Ivanovic

#3 Pablo Zabaleta, latéral gauche : S’il fallait dessiner Pablo Zabaleta, la première couleur à mettre en scène serait le rouge. Celle du sang. Deux choses transpirent des veines de Zabaleta : l’envie inépuisable de combat, d’une part, et l’intelligence de jeu, d’autre part. Un guerrier qui ne perd jamais sa lucidité. Si le choix d’Alaba aurait donné une allure plus sexy à cette formation, tout comme Filipe Luis, il fallait donner à cette défense une couleur de Coupe du monde réussie. Et au Brésil, jusqu’à l’ultime marquage de Götze, Zabaleta a été intraitable. Enfin, s’il a joué à droite durant la majeure partie de la saison, personne ne saurait faire la différence avec son rendement à gauche.

Portrait à lire : Pablo Zabaleta, l’autre âme de City

Pablo Zabaleta

#6 Javier Mascherano (capitaine), meneur d’hommes : Ce n’est pas le plus grand des héros. C’est le chef des héros. Impérial lors du Mondial brésilien, il est la première raison (la seule ?) de l’équilibrage in extremis de l’Albiceleste au Brésil. Surhomme face à Robben, leader fabuleux devant la terre entière, il est aussi le cerveau défensif du FC Barcelone. Vous savez, l’équipe de Busquets.

à lire : Javier Mascherano, une autorité et une évolution

à lire : Masche, à l’ombre (reportage So Foot)

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Mascherano sofoot

#8 Luka Modric, animateur de jeu : Nous sommes en juillet, en pleine pré-saison, et l’entraîneur se gratte la tête. Il a toujours voulu jouer avec un pur numéro 6 devant la défense, parce que l’équilibre. Mais en même temps, il en a marre de devoir perdre un joueur qui pourrait servir à son animation offensive, parce qu’il aime le jeu. Depuis que José Mourinho est allé le chercher à Londres, Luka Modric a résolu cette équation ancestrale. A Old Trafford pour Mourinho, il avait à lui tout seul créé plus de jeu que tout Manchester United réuni. Cette saison à Madrid, il est la principale raison de la polyvalence du milieu de Carlo Ancelotti. Les idées de Sacchi, peut-être. Les pieds penseurs de Modric, assurément.

Modric

#7 Angel Di Maria, relayeur explosif : Quand Modric pense, Di Maria agit. Placé en milieu relayeur penchant à gauche, capable à la fois de déborder sur l’aile, de défendre le couloir et de construire au milieu, Angel Di Maria n’a pas fini de nous montrer à quel point il peut faciliter la vie de ses entraîneurs. Avec une allure aussi indescriptible que l’angle de ses crochets, Di Maria est le premier atout surprise et spontanéité de cette équipe jusque-là très cérébrale. Avec lui en finale, l’Argentine serait championne du monde.

Angel-Di-Maria

#10 Javier Pastore, le parfum : En cette année 2014, Javier Pastore a beaucoup couru. Toujours aussi maigre, mais paradoxalement plus volumineux, le Flaco a réussi l’immense défi de ne pas perdre son flair dans la métamorphose. Inaltérable. Pastore, c’est Jean-Baptiste Grenouille dans Le Parfum. Peu importent les consignes tactiques, les coéquipiers et les adversaires, il ne peut s’empêcher de sentir les passes risquées et les gestes tentants. Et cette équipe de l’année se veut surprenante, jouissive, imprévisible.

à lire : « A la recherche de Javier Pastore »

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Pastore contre Bastia

#11 Luis Suarez, seconde pointe géniale : Avec Luis Suarez, Liverpool aurait dû remporter la Premier League. Sans Luis Suarez, Liverpool se situe actuellement entre West Ham et Swansea. Avec Luis Suarez, l’Uruguay a battu l’Angleterre de manière héroïque – avec les formes d’un certain Diego en 1986 – et éliminé l’Italie avec vice et rigueur. Sans Luis Suarez, l’Uruguay s’est fait balayer par la Colombie. Franchise player en club, porte-drapeau en sélection, premier défenseur, meilleur buteur, artilleur, pistolero, combattant des ténèbres du football. Luis Suarez a réalisé une année 2014 héroïque. Et si le Barça a décidé d’en faire le plus grand passeur décisif de l’histoire, il saura un jour choisir le bon moment pour partir, comme Samuel Eto’o. Chez nous, Luisito est la première arme offensive de l’équipe. Une équipe qui se veut aussi explosive, spontanée, malicieuse et libre que son jeu.

à lire : Luis Suarez, l’éloge de la ruse

luisito9

#9 Diego Costa, la pointe : Il en faut du courage pour être la première ligne de cette équipe représentant le monde entier. Et s’il y a bien un numéro 9 qui a de la témérité à revendre, c’est Diego Costa. En offrant à l’Atlético une Liga et une finale de C1, Costa a fait mieux qu’Agüero, Forlan, Torres, Vieri et Hasselbaink réunis. Et s’il a réalisé un Mondial à la Cristiano, fait d’une récupération in extremis et de grossières erreurs collectives, ce n’est pas vraiment de sa faute. Surtout, cette équipe avait besoin d’un tueur. Pas un buteur qui sache tuer, un buteur qui aime tuer.

à lire : Diego Costa, joueur de rue

Diego Costa équipe année

N.B. : Des joueurs comme Leo Messi, Cristiano Ronaldo, Neymar, Karim Benzema, Gareth Bale et Zlatan Ibrahimovic ne figurant pas dans le onze titulaire, il aurait été ridicule de les mettre sur le banc des remplaçants, étant donné qu’ils nous auraient immédiatement envoyé une demande de transfert. Et nous ne faisons pas ça pour l’argent, donc ça n’avait aucun intérêt. D’autre part, pour que cette équipe devienne véritablement la plus belle au monde, il fallait qu’elle ait à affronter les plus grands adversaires au monde. Si Diego Godin et Miranda ne peuvent défendre sur Cristiano Ronaldo, et si Javier Mascherano ne peut pas prendre Messi au marquage, où est l’intérêt ?

Idées de jeu : Animé par le football passion de Diego Simeone, mais avec bien plus de talent qu’à l’Atlético Madrid, ce 4-3-1-2 se veut tactiquement coriace, techniquement attractif, et surtout très intelligent. Des attaquants qui pressent sans relâche, s’associent au milieu, étirent le terrain et prennent la profondeur. Un numéro 10 qui illumine des attaques rapides, invente, fait respirer ses milieux et récupère des ballons dans la moitié adverse. Un milieu à trois équilibré, flexible et joueur, nourri par les manoeuvres orchestrales de Modric, la couverture et la distribution de Mascherano, mais aussi la verticalité, la vitesse et la surprise de Di Maria. Derrière, la question est de savoir si cette paire de centraux sera capable de jouer haut et de manière conquérante contre les petites équipes, mais la présence de Mascherano, Zabaleta et surtout Neuer devrait apporter la confiance nécessaire à Godin-Miranda pour partir à l’abordage. Enfin, l’équilibre droite/gauche est respecté : Ivanovic, comme à Chelsea, n’a besoin de personne pour l’aider à défendre son couloir, même si les petits tacles malins de Modric aideront. Et à gauche, la paire Mascherano-Zabaleta devrait donner des ailes à Di Maria, qui sera bien souvent considéré par les experts comme un pur ailier dynamiteur, du fait de la timidité offensive (toute relative) de Zabaleta dans son couloir. Enfin, la philosophie de FT voulait une équipe énervante à jouer, rusée, infatigable, taquine. Bref, une équipe qui joue avec un sourire en coin. Et pour ça, la paire Luis Suarez – Diego Costa est inégalable.

///// BANC /////

Tim Krul, gardien remplaçant : Parce qu’il a réalisé le rêve de tout enfant gardien. Tel le dernier joueur d’un roster NBA marquant un shoot au buzzer sur son premier ballon, Krul a envoyé le terme clutch vers de nouveaux cieux en gagnant sa séance de tirs aux buts contre le Costa Rica.

Philipp Lahm, trop jeune retraité : Si Neuer a encore un monde à découvrir, Philipp Lahm en est le maître. Au Bayern et avec la Mannschaft, le surdoué a parcouru tous les recoins de toutes les pelouses les plus prestigieuses de la planète, avec toujours cette capacité extraordinaire à jouer ordinairement juste. Evidemment que Lahm a été le meilleur latéral de la saison. Il a même été meilleur qu’Ivanovic et Lahm. Mais prendre sa retraite internationale à 30 ans alors que ton pays règne sur le monde, ce n’est pas vraiment un exemple d’héroïsme. Philipp Lahm avait tout pour être l’héritier de Javier Zanetti : la polyvalence, la longévité, l’humilité et l’intelligence. Mais Zanetti, lui, n’a jamais pris de retraite internationale. A 40 ans, il était même revenu d’une rupture du tendon d’Achille pour espérer partir au Brésil, même s’il aurait fallu couper des oranges pour Marcos Rojo. Zanetti en rêvait, alors que Lahm s’est arrêté de rêver après le sacre mondial. Espérons qu’il revienne sur sa décision.

Sergio Ramos, tête de buteur : L’Andalou a tout simplement redéfini le terme « décisif », marquant 4 buts cruciaux pour le Real Madrid. Les chiffres de Passarella, l’esprit de Juanito.

Raul Garcia, héros obscur : Un joueur revenant de l’enfer (un prêt à Osasuna en 2011) qui se montre capable de jouer à la fois avant-centre, seconde pointe, ailier droit, trequartista et milieu central dans le même match a forcément sa place dans cette équipe de l’année 2014 de FT. Caméléon tactique. Et puis, cette faute tactique magnifique sur la scène la plus médiatique qui soit, en finale de la Ligue des Champions…

James Rodriguez, déclencheur d’actions : James Rodriguez est un numéro 10 sud-américain qui a fini meilleur buteur de la Coupe du monde brésilienne. Que faut-il de plus ? Ah oui, il est gaucher. Et peu importe si le Real Madrid d’Ancelotti est quelque part en train de limiter sa liberté.

Alexis Sanchez, le joker aux dents longues : Parce qu’un banc bien formé est un banc polyvalent apportant diverses solutions, Alexis Sanchez est le remplaçant parfait. Et vu qu’il n’a pas encore été élu meilleur joueur de la Premier League, c’est peut-être la dernière fois qu’on peut se permettre d’asseoir un joueur aussi complet : pressing infatigable, duels gagnés, construction du jeu et création individuelle. S’il avait été plus chanceux au Mondial…

Mario Balotelli : Parce qu’il faut défendre les héros même quand ils chutent. Certains sont nés en sachant se relever tout seuls. D’autres ont besoin d’un coup de main ou de bons mots. Mario Balotelli n’a rien réussi en cette année 2014, ni à Milan, ni au Brésil, ni à Liverpool. Rien, rien, rien. Peut-être, d’ailleurs, que Mario Balotelli ne sera plus jamais héroïque. Mais il faut de tout dans un monde parfait, et il fallait de l’imperfection dans cette équipe mondiale.

à lire : Ce qu’il faut retenir de l’année 2014

Ce qu’il faut retenir de 2014

Allemagne Mondial

Évolutions tactiques, hiérarchies qui tombent, vie dans les stades, retours gagnants et tristes départs : voilà tout ce qu’il faut retenir de l’année de football 2014.

La belle page blanche de l’équipe de France « Elle écrit sa propre histoire », répète Didier Deschamps. Cela peut paraître une phrase anodine, mais c’est un vrai luxe pour les Bleus. En 2014, l’équipe de France en a gagné le droit. Effacer le passé et rêver de l’avenir : avec une Coupe du monde réussie, une bonne défense (0,47 but encaissé par match), une belle attaque (34 buts marqués, meilleur total depuis 2003), des cadres qui s’affirment en club et sous le maillot bleu (Benzema, Varane, Pogba, Griezmann) et des médias qui parlent de plus en plus de football, Deschamps a ressuscité une sérénité donnée pour morte.

Benzema collectif

Les grands clubs changent, comme le monde Tout a commencé avec le Barça : Xavi a failli partir au Qatar, le transfert de Neymar a causé un scandale, même Leo Messi a été critiqué et « le grand méchant » Luis Suárez est arrivé. 81 millions d’euros pour un joueur qui n’entre pas dans la philosophie tactique qui faisait l’identité du club : le Barça n’est plus ce groupe de petits écoliers gentils que décrivait Zlatan. Mais le club catalan n’est pas le seul à avoir changé en 2014. Manchester City s’est construit un groupe qui vit bien depuis plusieurs saisons (Kompany, Zabaleta, Hart, Touré, Silva, Agüero…), alors que Manchester United, royaume de la stabilité et de la sagesse, a tout changé et dépensé beaucoup partout. Chelsea a fait des bénéfices sur son mercato d’été. L’Atlético Madrid est redevenu prestigieux. Le Borussia Dortmund n’est plus un miracle. L’Inter dépense plus d’argent pour faire venir le CEO de Manchester United que pour offrir des stars au Giuseppe-Meazza. Heureusement que l’allergie de la Roma à l’Europe, l’Allemagne qui gagne à la fin et les Pays-Bas qui s’écroulent quand ça compte étaient là pour faire respecter l’importance des traditions.

Rosell Neymar

Mort aux ultras, vivent les ultras ! L’Angleterre avait choisi la méthode forte et l’Italie ne s’était pas encore décidée. En 2014, c’est donc l’Espagne qui a tracé sa route : virer les ultras de ses stades pour mieux les organiser. En début d’année, le Real Madrid a ainsi viré les Ultras Sur pour mettre en place une « Grada Joven ». Côté Atlético, le drame de l’avant-match contre le Deportivo La Corogne a aussi mené à la suppression du Frente Atlético. Mais le concept de ces tribunes jeunes et moins chères a un secret : une bonne partie de ses habitués sont des ex-membres des groupes ultras historiques. Le Barça de Laporta avait déjà dégagé les Boixos Nois entre 2003 et 2005 pour ensuite créer une « Grada d’Animació » sous la présidence de Rosell. Problème : Josep Lluís Sureda, ex-haut responsable du groupe radical, avait été grandement impliqué dans le projet. Et lorsqu’un fumigène avait été envoyé dans la tribune visiteurs lors d’un Barça-Real en février 2013, Rosell avait dû mettre fin au projet : « Pardonner est une valeur, et nous voulions agir avec en tête l’idée de la tolérance zéro envers la violence. On n’a pas réussi. Fin de l’histoire. » Ou pas.

Les meilleurs joueurs du monde ne choisissent pas leur équipe : Jorge Mendes choisit pour eux Le discours classique de l’agent en difficultés est bien connu : « Viens-là mon petit gars… Bon, j’ai une mauvaise nouvelle : je n’ai pas reçu d’offre des grands championnats. Cette saison, tu vas devoir faire tes preuves. Tu préfères l’Ukraine ou la Bulgarie ? T’inquiète hein, une fois que tu seras connu, tu pourras choisir ton équipe… » Sauf qu’en fait, non. Cela ne marche pas (plus ?) comme ça : 2014 a démontré que même les plus grands footballeurs n’avaient pas le choix : Ángel Di María sans C1 à Manchester United, Falcao trimbalé de Monaco à Manchester, Luis Suárez qui passe du statut de super franchise player à celui d’ailier travailleur pour Messi. Cette semaine, Falcao a tout résumé : « Cela me fait marrer quand les gens me demandent pourquoi je ne suis pas allé jouer là ou là-bas. Comme si le footballeur pouvait décider. » Et pendant ce temps-là, Jorge Mendes a déplacé plus de 300 millions d’euros en un été…

Les plus riches gagnent toujours. Ou presque Carlos Bilardo a poussé un coup de gueule à l’occasion de la confrontation entre son pauvre football argentin et l’Europe, lors du Mondial des clubs : « En Europe, tout tourne autour de l’argent. C’est toujours celui qui dépense le plus qui gagne. » Zéro surprise, donc. Et zéro place aux idées des entraîneurs ? Le Bayern en Allemagne, la Juve en Italie, le PSG en France, Manchester City en Angleterre. Vrai. Ou presque : en 2013-14, l’Atlético de Diego Simeone a réussi l’immense exploit de remporter la Liga et d’atteindre la finale de la C1. Après ce début de championnat 2014-15, seul Marcelo Bielsa semble être en mesure de faire mentir son compatriote dans les grands championnats européens. Bilan pour Bilardo : seuls les techniciens argentins sauvent l’Europe de l’ennui du prévisible.

Simeone héros

Quand tu vends ton meilleur joueur, il ne faut pas « redistribuer le butin » En 2013, c’était Tottenham. En vendant Gareth Bale, les Spurs avaient eu la bonne idée de se payer une équipe toute neuve avec 7 achats valant 105 millions de pounds : Lamela, Soldado, Paulinho, Eriksen, Capoue, Chadli, Chichires… Résultat : une régression de la 5e à la 6e place. En 2014, c’est Liverpool qui a fait la même erreur : départ de Luis Suárez et arrivée de 7 nouveaux titulaires potentiels pour 115 millions : Balotelli, Lambert, Lovren, Marković, Moreno, Emre Can, Lallana. Du coup, les Reds sont passés de la 2e place à la 10e. Entre-temps, tiens, Tottenham est allé chercher un entraîneur argentin…

Les grands entraîneurs ont exercé leur métier en paix 2014 n’a pas offert de petites guerres entre entraîneurs. Carlo Ancelotti n’a pas besoin de parler fort à Madrid. José Mourinho se dit heureux à Londres. Pep Guardiola travaille tranquillement à Munich. Jürgen Klopp peut être relégable jusqu’en décembre sans se faire virer. Manuel Pellegrini peut traverser une crise sans risquer un licenciement. Et même Louis van Gaal peut compter sur le soutien de Sir Alex Ferguson à Manchester. Soit Laurent Blanc est plus serein qu’il n’y paraît, soit ce n’est pas un grand…

La revanche de la défense à trois En 2014, la défense à trois a enfin mis fin à son statut de « tactique décadente ». Après la domination du 4-2-3-1 de 2010, c’est la principale « nouveauté » tactique du Mondial 2014 : les Pays-Bas, le Costa Rica, le Chili, le Mexique ou encore l’Uruguay ont tous utilisé la défense à trois, avec succès. Quand Roberto Mancini avait lancé son 3-5-2 en Premier League en 2012, l’Angleterre fronçait les sourcils. Aujourd’hui, Louis van Gaal peut tranquillement disposer le sien sans étonner personne.

Rafael Marquez défense à trois

L’année parfaite de Toni Kroos Il a gagné la Coupe du monde et la Coupe du monde des clubs. Il a réussi à rééquilibrer un Real Madrid orphelin des courses et du pressing d’Ángel Di María. En 2014, Toni Kroos a même réussi à partir du Bayern sans affaiblir le club. Et lorsqu’il s’est sèchement incliné en demi-finale de C1 contre le Real en avril dernier, c’est Pep Guardiola qui a subi les critiques pour l’avoir positionné en numéro 6 stérile. Parce que Toni Kroos ne pouvait pas avoir tort. Pas cette année.

Manuel Neuer, au nom de la Coupe du monde En 2011, Manuel Neuer réalisait des miracles contre Manchester United, mais se faisait lober par Dejan Stanković comme un vulgaire Marco Amelia. En 2014, l’Allemand sort toujours autant de sa surface, mais le sniper Stanković s’est retiré. Cette année, le gardien-libéro est le seul représentant de la Coupe du monde finaliste du Ballon d’or, au nom des 6 buts de James Rodríguez, des chaussettes baissées de Thomas Müller et de la compétition cannavaresque de Javier Mascherano.

Masche au sol

Amérique du Sud : la nouvelle vie de River Plate Pour le football sud-américain, 2014 restera l’année de la renaissance de River Plate. Champion du Tournoi de fermeture en juin 2014, brillant second du Tournoi de transition en décembre 2014, et surtout champion de la Sudamericana 2014, en battant Boca Juniors en demi-finale (0-0, 1-0). Humilié par les moqueries de son grand rival depuis sa descente en deuxième division en 2011, River s’est vengé. Le club de Nuñez n’a pas perdu un seul Superclásico en 8 matchs : 4 victoires et 4 matchs nuls.

L’Inde se place sur la carte du football David Trezeguet. Zico. Marco Materazzi. Alessandro Del Piero. Nicolas Anelka. Robert Pirès. Bernard Mendy. En prononçant cette phrase – « ici, le football est une affaire de copinage et de népotisme » – Zico a peut-être officiellement signé l’entrée de l’Inde dans le monde du football. Des gros noms et des petites histoires : en trois mois, le football indien est né en 2014.

River Plate 2014

Les retours gagnants Diego Milito est revenu au Racing et a remporté le championnat d’Argentine. Juan Roman Riquelme est revenu à Argentinos Juniors et a fait remonter son club formateur en Primera. Didier Drogba et José Mourinho sont en train de réussir leurs retours respectifs à Chelsea. Et même Pippo Inzaghi et Roberto Mancini font des choses positives des deux côtés de la cité milanaise. Du côté de Buenos Aires, Juan Sebastián Verón est même devenu le roi du game du come-back, en ayant été élu président de son Estudiantes La Plata à 39 ans. À toi de jouer, Fernando Torres.

Et enfin… Cette année est aussi la fin d’un monde : dans le post-2014, Javier Zanetti, Rivaldo, Ryan Giggs, Alessandro Nesta, Marco Di Vaio, Carles Puyol, Clarence Seedorf, Juninho, Juan Sebastián Verón, Éric Abidal et Thierry Henry ne joueront plus au football.

Markus

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Article publié le 30/12/2014 sur SOFOOT.com