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Et si les ailiers étaient des surfeurs ?

Arjen-Robben surf

Et si l’ailier de débordement avait l’âme d’un surfeur ? La patience, l’engagement total, l’adrénaline, le déséquilibre, l’utilisation du jeu de jambes, le pied comme outil fantastique et l’aspiration d’un moment de plongée unique : la glisse et le dribble ont leurs points communs. Imaginez Arjen Robben et sa planche…

Assis sur la plage, il peut attendre des heures sans rien faire. Il ne va pas se mouiller pour une petite expérience. Non, il attend. Il joue avec le sable et sa nouvelle planche. Il attend patiemment, parce qu’il ne veut pas seulement une vague, il veut la vague. Et puis, par moment, il voit quelque chose. Une forme au loin, un embryon de structure qui s’élève du niveau zéro. Instinctivement, parce que le processus est maintenant ancré en lui, il abandonne le dessin et sprinte vers l’eau. Mais la vague est avortée, et le surfeur s’est mouillé pour rien. Retour à l’attente, la patience, l’imagination et les faux espoirs. Il se lèvera hystériquement d’autres fois dans la journée, d’ailleurs. Parce qu’il ne peut rater la bonne occasion lorsqu’elle se présente. Alors, il y met toujours la même volonté, énergie, force. Et puis, au milieu de l’attente, la bonne vague arrivera enfin. Prêt depuis toujours, le surfeur s’élancera et ira sentir la force de la vague après une course intense. Une frayeur pour prendre la température, et c’est parti. Le tout ne dure jamais plus de quelques secondes, mais l’intensité du moment est toujours spectaculaire.

Le surfeur glisse entre les vagues…

Adrénaline, adversité, vitesse de réaction, réflexes. Le surfeur est alors plongé dans un micro monde ultra intense, une sorte de Vine réel, où tous ses mouvements, regards et pensées comptent. Planche aux pieds, il semble être né pour glisser et éviter les avancées de l’eau à l’instinct, mais c’est bien le résultat de milliers de vagues défiées. Alors qu’il semble destiné à perdre face à l’eau envahissante, un habile bottom turn les relance, son action et lui. Le surfeur gagne de la vitesse, toujours plus confiant. Lorsque la lèvre de la vague décide de se refermer, il est seul au monde dans ce couloir cylindrique. Il accélère, accélère, ajuste sa position jusqu’au retour de la lumière. Le plus souvent, l’eau finit par gagner et le surfeur se fait rattraper par la violence de la nature. Projeté sous l’eau, il entre alors dans une zone irrespirable et met sa santé en jeu. Quand il en sort vivant, il met souvent un moment à se rendre compte des dégâts, comme s’il sortait d’une série de tacles, le temps que l’adrénaline fuie son corps cabossé. Mais parfois, il va au bout. Et il suffit d’une vague parfaite pour battre l’océan.

L’ailier dribble entre les tacles…

Collé à la ligne de touche, il peut attendre pendant des heures sans rien faire. Il ne va pas presser pour une petite action. Non, il attend. Il joue avec la peinture de la ligne de touche et ses nouveaux crampons. Il attend patiemment, parce qu’il ne veut pas seulement un ballon, il veut le ballon. Et puis, par moment, il voit quelque chose. Une forme au loin, un embryon de contre-attaque qui s’élève du néant offensif. Instinctivement, parce que le processus est maintenant ancré en lui, il abandonne le dessin et sprinte vers la profondeur. Mais le contre est avorté, et l’ailier a fait un appel pour rien. Retour à l’attente, la patience, l’imagination et les faux espoirs. Il fera hystériquement d’autres appels infructueux dans le match, d’ailleurs. Parce qu’il ne peut rater la bonne occasion lorsqu’elle se présente. Alors, il y met toujours la même volonté, énergie, force. Et puis, au milieu de l’attente, la bonne action arrivera enfin. Prêt depuis toujours, l’ailier s’élancera et ira sentir la force de la défense adverse après une course intense. Un coup d’épaule pour prendre la température, et c’est parti. Le tout ne dure jamais plus de quelques secondes, mais l’intensité du moment est toujours spectaculaire.

Adrénaline, adversité, vitesse de réaction, réflexes. L’ailier est alors plongé dans un micro monde ultra intense, une sorte de Vine réel, où tous ses mouvements, regards et pensées comptent. Balle au pied, il semble être né pour dribbler et éviter les tacles des défenseurs à l’instinct, mais c’est bien le résultat de milliers de défenses défiées. Alors qu’il semble destiné à perdre face à la défense envahissante, une roulette les relance, son action et lui. L’ailier reprend de la vitesse, toujours plus confiant. Lorsque le couloir et son adversaire direct semblent se refermer sur lui, il est seul au monde dans ce tube rectangulaire. Il accélère, accélère, ajuste sa conduite de balle jusqu’au retour de l’espace dans l’axe. Le plus souvent, la défense finit par gagner et l’ailier se fait rattraper par la violence d’un tacle. Projeté au sol, il entre alors dans une zone irrespirable et met ses chevilles en jeu. Quand il en sort indemne, il met souvent un moment à se rendre compte des dégâts, comme s’il sortait d’un tourbillon, le temps que l’adrénaline fuie ses tibias cabossés. Mais parfois, il va au bout. Et il suffit d’une action parfaite pour battre la défense.

Robben et les vagues de défenseurs

Mis à part le sens du déséquilibre de leur prodige chauve, Bedum et la province de Groningue n’ont rien d’hawaïen. Arjen Robben n’est pas né sur une plage, mais à une vingtaine de kilomètres de la mer du Nord. Mais peu importe. Tous les week-ends, au moment d’affronter les défenses adverses, Robben semble parfois être aussi seul au monde qu’un surfeur au pied d’une vague. « On a l’impression qu’il ne se pose pas de question : c’est un peu comme s’il ne faisait pas attention au défenseur qu’il a en face de lui », raconte Roberto Canella ancien latéral du Sporting Gijón, dans le dernier So Foot n°127. Robben n’a jamais regardé ses défenseurs dans les yeux, trop occupé à regarder son ballon comme si c’était une planche, et l’ensemble des défenseurs comme s’ils étaient une seule et même vague. Alors, peut-être que Robben ressent la même chose qu’un surfeur invincible dans un tube infernal lorsqu’il accélère vers l’axe, repique, place son crochet et ajuste sa frappe en lucarne opposée. Peut-être.

Markus

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Article publié le 24/06/2015 sur SOFOOT.com

Jeu, mémoire et Chili

Copa América histoire

Entre l’envie démente de gagner enfin un titre, qui plus est devant son peuple, et la réalité pesante prête à lui démontrer jour après jour que le trophée va finir par tomber dans les mains des vilains Argentins, prétentieux Brésiliens ou heureux Uruguayens, le Chili ne sait pas vraiment où regarder.

La dictature. Les tirages au sort mortels. La barre transversale immortelle de Pinilla. Les pépins physiques inoubliables de Vidal. Et ce palmarès qui n’en finit plus d’être vierge. Au Chili, la question de la mémoire est primordiale. La mémoire, un sujet paradoxal forcé à toujours danser délicatement entre le devoir de se rappeler pour ne jamais oublier et le besoin d’oublier pour pouvoir un jour avancer. Un sujet à deux faces qui a resurgi à Santiago en ce début de Copa América. Au moment où l’hymne chilien s’est mis à retentir dans les gorges gelées de l’Estadio Nacional de Chile à Santiago ce jeudi 11 juin 2015, la foule a semblé écouter cette mémoire comme si elle entendait une tête humaine à deux voix. Une première jeune voix bruyante, éclatante, assourdissante, même, criant l’envie d’un pays à la passion débordante n’ayant jamais eu un titre pour la verser dans un vase de joie. Et puis, derrière, éloignée mais pas écartée, une seconde voix plus âgée, mûre, et même grise, chantant avec la justesse de l’âge le désespoir d’un peuple résigné à contenir cette passion et à l’avaler amèrement coupe après coupe. Parce que c’est le Chili. Parce que les Argentins chantent qu’ils ne le voient pas sur la carte. Et parce que le Brésil pourrait chanter qu’à Belo Horizonte, la transversale de Pinilla semblait plus large que ce maigre pays situé au bout du monde.

Une histoire sans victoire

S’est-il passé quelque chose durant cet hymne ? Verra-t-on d’ici quelques semaines les images de ce rugissement a cappella tourner en boucle sur les petits écrans comme l’hymne brésilien qui avait porté la Seleção lors de la Coupe des confédérations 2013 ? Qui sait. Emportées par les décibels, les oreilles ont peut-être conduit les yeux de certains supporters chiliens vers un autre lieu de mémoire. Une phrase, écrite comme une banderole, mais avec une officialité solennelle. « Un peuple sans mémoire est un peuple sans futur », crie une tribune vide de l’Estadio Nacional de Chile à Santiago. Vide, ou plutôt fermée par devoir de mémoire. Le soir de l’entrée en lice de la sélection chilienne devant son public, tous les autres sièges de l’enceinte étaient évidemment occupés. Et même remplis par des esprits qui se sont tous posés la même question, à un moment ou un autre, avant ou après le penalty de Vidal : « Va-t-on enfin y arriver ? » En 1998, le Chili de Zamorano et Salas avait fini par tomber face au Brésil dévastateur de Ronaldo et Rivaldo. En 2010, le Chili de Marcelo Bielsa avait sombré face au Brésil de Dunga. En 2011, le Chili de Claudio Borghi avait terminé premier de son groupe lors de la Copa América argentine, devant l’Uruguay et le Pérou – futurs demi-finalistes – avant de tomber en quarts contre le Venezuela : 2-1. En 2014, enfin, nouvelle excellence en poule, nouvel échec en élimination directe, aux tirs au but contre le Brésil. Le Chili sait jouer. Le Chili sait se qualifier. Mais le Chili ne sait ni gagner ni éliminer aux tirs au but.

Le jeu sans la joie

À Santiago, personne n’a oublié la barre de Pinilla, qui fait un bel objet d’art urbain. Mais qu’est-ce que l’histoire a retenu ? Un beau perdant ? Une grande équipe ? Un simple huitième-de-finaliste parmi d’autres ? Qu’est-ce que l’histoire retient en général, d’ailleurs ? Les satisfactions personnelles des joueurs remportant le trophée et gagnant donc un match de plus que les autres ? Elle les balaye rapidement en leur imposant continuellement de nouveaux objectifs. Le palmarès des entraîneurs ? Celui-ci ne pèse pas grand-chose face à la tentation des présidents de se changer les idées, comme l’a montré le départ d’Ancelotti de Madrid. Finalement, l’histoire retient surtout les impressions laissées pour toujours dans les yeux des supporters. Mais les impressions n’ont pas besoin du titre pour exister : le problème de l’absence de titre, c’est le manque de joie.

Le Chili a-t-il besoin d’un titre pour devenir un grand pays de football ? Après tout, une seule Copa América n’a pas suffi à la Bolivie et au Pérou. Alors, combien en faut-il ? Les quinze titres de l’Uruguay, presque le double du Brésil, arrêté à huit, suffisent-ils aux Charruas pour être le plus grand pays de football d’Amérique du Sud, du haut de ses trois millions d’habitants ? Non, le Chili est déjà un pays de football. Ce qui lui manque, ce n’est pas le football, c’est la joie de la victoire. Le souvenir d’une soirée de satisfaction née d’une compétition parfaite. Le souvenir du désespoir lu sur les visages de ses glorieux voisins. Et le sourire de la victoire. Mais puisqu’on n’est sûr de rien, peut-être que les titres ne veulent rien dire. Peut-être que l’histoire retiendra seulement le présent, le palpable, le terrain : les crochets d’Alexis, les duels gagnés de Vidal, les tacles de Medel, les louches de Valdivia, les feintes de Pizarro, les envolées de Claudio Bravo, les idées de Sampaoli et le travail de Bielsa. Peut-être. Mais les Chiliens ont déjà une belle histoire de beaux mouvements. Maintenant, ils veulent une fête pour leur rendre hommage.

Markus, à Santiago

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Article publié le 15/06/2015 sur SOFOOT.com

Ancelotti a-t-il transformé le Real de Mourinho ?

ramos ancelotti

Le Real Madrid est pour la cinquième année consécutive en demi-finale de C1, et l’accident industriel de l’ingénieur Pellegrini contre l’OL paraît bien loin. Mais alors que la première saison de Carlo Ancelotti avait eu l’ambition de marquer une rupture avec l’ère du Real de Mourinho, la seconde campagne de l’Italien nous démontre que l’équipe madrilène continue à suivre la direction donnée par Mourinho. Carletto a-t-il vraiment transformé le Real de Mourinho ? Analyse de la forme cette semaine, puis du fond la semaine prochaine.

« Ancelotti a rendu le sourire au madridisme », déclarait récemment Iker Casillas dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport. Si les propos du gardien font essentiellement référence à l’obtention de la Décima à Lisbonne, ils rappellent aussi les formes de l’arrivée de l’Italien dans la capitale espagnole. Alors que José Mourinho quitte le navire après un règne de trois saisons intenses en émotions, victoires et polémiques, le petit monde de Madrid exige la paix. Presse madrilène et Bernabéu se mettent d’accord pour faire de Mourinho un coupable plus qu’un bienfaiteur, et Ancelotti arrive avec le costume de possible sauveur. Possible, seulement, parce que Madrid reste indomptable. Le costume est blanc et le titre est celui du « Gentil pacificateur », parce que la force d’Ancelotti est bien évidemment l’humilité. La possession ? « J’aime beaucoup. » Mourinho ? « On n’a pas le même caractère. » Rupture et nouveau départ ?

Le loup est parti, mais Madrid a peur des fantômes

Avec le recul que nous offrent les deux dernières saisons, le caractère est en fait la seule rupture d’Ancelotti avec le travail de Mourinho. Discret par nature, l’Italien est devenu Mister zen. Lorsque la presse complimente, Ancelotti remercie les joueurs. Lorsque la presse attaque, Ancelotti acquiesce. Mais Madrid n’est pas plus tranquille pour autant : le printemps 2015 a démontré que la paix madrilène dépend non pas du caractère de l’entraîneur en poste, mais bien des résultats. Peu importent les mots doux, les drôles de sourcils et les efforts de conciliation, Ancelotti n’a pas guéri l’instabilité chronique qui aime défiler sur la Castellana.

Le 4 janvier 2015, Madrid tombe face à Valence. Quelques jours plus tard, c’est l’Atlético qui élimine les Merengues de la Coupe du Roi. Puis, alors que le Real maintient le cap en championnat (victoires convaincantes contre l’Espanyol, Getafe, Córdoba, Real Sociedad, Séville, Deportivo, Elche), la déroute 4-0 au Vicente-Calderón (avec une équipe A’), le nul contre l’excellent Villarreal, la défaite à San Mamés et les frayeurs face à Schalke aboutissent sur des sifflets et des demandes de démission. Quelques mauvais résultats, et tout s’envole, malgré le logo flambant neuf de champion du monde. Un mois et demi après les doutes, le Real est encore en course en C1 et reste à deux points du Barça en Liga. Mais il a une nouvelle fois démontré qu’il ne savait pas vivre une saison sans sursauter de peur devant le moindre fantôme. La gestion de Mourinho était-elle vraiment la cause de l’instabilité de la saison 2012-13 ?

Des résultats presque identiques

Dans la bouche d’Ancelotti, le point de départ de la comparaison est explicite : c’est « impossible » de comparer son travail et celui de Mourinho. Et comme souvent, le Mister a bien raison, dans l’absolu. Du fait de contextes et d’adversaires différents, il est impossible d’affirmer qu’Ancelotti a fait plus que Mourinho, ou l’inverse. Mourinho avait la mission de donner une vision à un club qui avait perdu la sienne. Trois ans plus tard, Ancelotti devait faire gagner une équipe transformée en favori en C1. Mourinho n’a pas dû affronter un Atlético si fort en Liga, et Ancelotti n’a pas dû chercher un moyen pour contrer le Barça de Guardiola. En chiffres, leurs bilans sont presque identiques. Après 100 matchs, les statistiques étaient même perturbantes en matière de victoires (78 pour Ancelotti, 77 pour Mourinho), points (244 partout), buts marqués (272-274), buts concédés (80-81), différence de buts (+192 et +193). Aujourd’hui, après 114 matchs, Ancelotti a plus gagné (76% de victoires contre 72%), mais il a aussi plus perdu (13% contre 12%). En matière de territoires conquis, Ancelotti a réussi à vaincre le monde, mais il n’a pas réussi à conquérir Madrid, perdant contre l’Atlético la Supercoupe d’Espagne, la Coupe du Roi et de nombreux derbys. Finalement, la seule variable possible pour comparer l’impact des deux entraîneurs reste, comme souvent, le choix des hommes, les idées de jeu et les choix tactiques.

Les fausses idées sur Mourinho et le long terme

Et c’est ici que la continuité entre le travail de Mourinho et celui d’Ancelotti est la plus marquante. Mourinho avait écarté Casillas pour affaiblir le « camp des Espagnols » ? Le choix d’Ancelotti en faveur de Diego López – ainsi que la saison actuelle du géant au Milan – donnent raison au Portugais. Mourinho manquait de respect au football en faisant jouer le fameux trivote, qui plus est avec un défenseur au milieu ? Ancelotti aligne Ramos devant sa défense en plein Clásico au Bernabéu. Bon. Et la rupture, alors ? Avant d’entrer dans les détails, une question demeure : pourquoi Ancelotti aurait-il dû changer le style d’une équipe qui s’est retrouvée trois fois d’affilée en demi-finale de C1 en gagnant 91 points de moyenne en Liga ? Alors que Mourinho a souvent été perçu comme un homme exigeant avec ses joueurs, voire épuisant, ses départs successifs ont démontré que tous ses groupes survivaient aisément à son coaching à condition de continuer dans le sens de son travail. Mourinho, un agriculteur qui plante plutôt qu’il ne brûle…

En 2004, Porto change tout, fait venir Quaresma, Pepe, Diego, Luís Fabiano et Raul Meireles, et vit une saison difficile. En 2007, Avram Grant reprend le travail de Mourinho à Chelsea et finit la saison en finale de C1. En 2010, Benítez débarque à l’Inter et décide de tout changer : nouvel échec. Mais quand Leonardo arrive en décembre et revient dans le sens du travail tactique du Portugais, les résultats ne tardent pas à revenir : come-back, deuxième place, quart de C1 et Coupe d’Italie. Finalement, la seule manière d’échouer après Mourinho est de refuser de profiter de son travail. Et Ancelotti, fin stratège, l’a bien compris, admettant même en cours de saison que « nos méthodes sont similaires, on travaille beaucoup avec le ballon, je suis arrivé dans un club qui allait dans le bon sens ». Mourinho n’était peut-être pas le grand méchant loup. Peu importe, finalement. Le costume blanc de faux gentil va parfaitement à Ancelotti. Pourvu que les résultats le laissent travailler plus tranquillement.

Markus

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Article publié le 05/05/2015 sur SOFOOT.com

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Qu’est-ce que l’Inter en 2015 ?

Erick Thohir, à l'Inter Club Indonesia Moratti
Erick Thohir, à l’Inter Club Indonesia Moratti

L’Internazionale FC, cette équipe lombarde vouée à accueillir les talents du monde entier, vit une période trouble. Orpheline du père Moratti et pas tout à fait adoptée par le parent lointain Thohir, l’Inter doute comme une jeune fille en pleine crise d’adolescence. Cinq ans après le triplé de Mourinho, quatre ans après le dernier titre remporté par Leonardo, où en sont les Nerazzurri à l’heure de disputer le Derby della Madonnina ?

Internationale, mais milanaise. Extravagante, mais authentique. Souvent folle, parfois drôle, mais toujours différente. L’Inter est un club à l’identité complexe et nuancée. Avec des « mais », ce mot vache qui complique, mais précise. Entre la Juve méthodique des Agnelli et le Milan séduisant des Berlusconi, l’Inter a toujours nagé entre les courants, notamment lors du Calciopoli. Bien avant, depuis toujours, pendant que la Juve semblait s’attacher à la conquête de l’Italie et que le Milan s’empressait de conquérir le monde, l’Inter ne faisait ni l’un ni l’autre. Ou un peu des deux. Parce que l’Inter est faite de contrastes : elle a gagné plus que le Milan en Italie (30 titres à 29, sans compter la Serie B) et elle a gagné plus de C1 que la Juve (3 contre 2). Mais aussi moins que le Milan dans le monde, et moins que la Juve en Italie. Unique, c’est en tout cas la seule qui n’est jamais tombée dans les filets de la Serie B, en 107 ans d’histoire. Enfin, peu importe. Car de toute façon, l’Inter n’est définie ni par ses trophées ni par ses records.

Nuit noire, ciel bleu, étoiles dorées

D’ailleurs, elle n’est pas non plus définie par une philosophie de jeu particulière. De la défense à cinq d’Héctor Cuper au 4-2-3-1 de José Mourinho en passant par les contres éclair d’Helenio Herrera, l’Inter ne s’est pas vraiment construite sur un modèle de jeu, même si elle a souvent construit ses succès sur une belle organisation défensive. Difficile également de percevoir une identité chez le joueur interista. Sous la présidence de Moratti, l’Inter a accueilli plus d’un milliard d’euros de talents : des phénomènes, des bides, mais toujours des talents. Angelo Moratti, lui, adorait son gaucher fantaisiste Mario Corso. Et son fils Massimo est tombé amoureux d’Álvaro Recoba. Des joueurs singuliers, donc ? Pas vraiment. S’ils ont souvent été problématiques comme Balotelli et Adriano, ils ont été aussi souvent exemplaires comme Zamorano et Milito. D’ailleurs, les plus grandes légendes du club n’ont pas été des joueurs au talent d’extraterrestre, mais plutôt des travailleurs acharnés. Après tout, les trois deniers capitaines emblématiques jouaient au poste de latéral : Giacinto Facchetti, Giuseppe Bergomi et Javier Zanetti. Un homme qui nous mène à un autre paradoxe, pour lequel il faut traverser l’Atlantique : alors que l’Inter a vocation à accepter les joueurs non-italiens, les étrangers les plus recherchés par l’Inter restent des Argentins issus de l’immigration italienne, comme Zanetti, Cambiasso ou encore Milito.

L’Inter est donc difficile à saisir, à comprendre, à aimer. Ici, pas de place pour des concepts aussi nets que l’autorité des trois points de la Juventus, les principes du jeu barcelonais ou les goûts galactiques du Bernabéu. Revenons donc au point de départ. Le 9 mars 1908 au restaurant Orologio à Milan, une quarantaine de membres dissidents du Milan Football and Cricket Club décident de fonder le fond et la forme de celle qui sera surnommée la Beneamata, la Bien-aimée. Le fond : « Ce club s’appellera Internazionale, parce que nous sommes des frères du monde ». La forme : « Cette nuit splendide donnera des couleurs à notre blason : le noir et le bleu sur le fond doré des étoiles ». Aujourd’hui, sur le fond, l’Inter a toujours tendance à privilégier le talent venu de loin, et seuls trois Italiens peuvent jouir du statut de titulaires : Andrea Ranocchia, Davide Santon et Danilo D’Ambrosio. Et pour ce qui est de la forme, malgré la finesse des rayures bleues cette saison, il faut dire que le maillot rayé noir et bleu habillé de son sponsor Pirelli fait partie des plus traditionnels au monde. L’essentiel est donc respecté. Pourtant, l’Inter navigue actuellement entre doutes et nostalgie. Il y a deux semaines, la Gazzetta dello Sport a lancé la rumeur folle d’une reprise du club par Moratti, aidé par l’ex-président Ernesto Pellegrini et un actionnariat populaire basé sur 30 000 tifosi. L’information a été démentie par Moratti, mais les sondages ont été clairs : pour 80,2% des internautes du site du journal rose, « un retour de Moratti est la solution pour revenir aux sommets ».

De Moratti à l’Indonésie

Durant longtemps, très longtemps, la famille Moratti a constitué un gros morceau de l’identité du club. Le père Angelo, le fils Massimo et le petit-fils Angelomario, qui devait être le prochain. Une famille profondément interiste, milanaise, et proche des tifosi. Ceux-là qui aimaient se rendre le lundi matin au pied du bureau de Massimo pour le voir répondre aux journalistes habitués. C’était une routine, un moment qui faisait partie intégrante du monde Inter : entre deux clopes, Moratti parlait de tel ou tel joueur qu’il trouvait toujours « molto simpatico », et la presse se chargeait de lancer les rumeurs. Mais depuis octobre 2013, l’Inter est orpheline de son président et de ses habitudes. Ayant quitté le foyer Moratti, la Beneamata a été immédiatement mise dans les « bonnes mains » (dixit Moratti) d’Erick Thohir. Un propriétaire indonésien, donc, parce qu’une nouvelle fois, l’Inter ne pouvait pas faire comme les autres, et donc un contact différent : Thohir se rend à Milan une fois par mois environ et se fait surtout entendre par le biais de communiqués sur le site officiel du club. Naturellement, entre les tifosi et leur président, le lien n’existe pas encore. Nicola Berti, emblème italien de l’Inter de 1988 à 1998, racontait l’an passé : « Avec l’arrivée des Indonésiens, on a perdu un bout de notre identité à peine quatre années après le triplé, et le changement semble être bien plus traumatique qu’en 1995 ».

Et sur le terrain ? Fidèle à son histoire, l’Inter est guidée par des spécimens, du buteur sulfureux Mauro Icardi au travailleur malchanceux Rodrigo Palacio en passant par le pitbull Gary Medel et le talent énigmatique Mateo Kovačić. Mais dans le jeu, l’Inter est-elle vraiment un neuvième de Serie A, ou un aspirant au podium, voire au titre dès la saison prochaine ? C’est la question que tout Milan se pose à l’heure d’aborder un derby compliqué, qualifié de « pauvre » dans tous les médias transalpins. Depuis le retour de Mancini, d’une part l’effectif a été renforcé (notamment par Shaqiri), mais d’autre part l’Inter a abandonné les principes conservateurs de Mazzarri. Mancini a un seul credo : faire jouer cette équipe comme une grande, et tant pis s’il n’a pas les individualités suffisantes. L’Inter affiche ainsi 59,7% de possession en moyenne, ce qui la classe deuxième en Italie derrière la Roma, et septième des plus grands championnats européens. Plus de jeu, donc, mais autant d’erreurs individuelles coûteuses… Une façon pour Mancini d’insister auprès de Thohir pour obtenir de nouveaux renforts ?

L’adolescence à 107 ans

Et si, avec un certain recul, ces 107 ans d’histoire richissime n’étaient que le début ? Orpheline de Moratti, adoptée par Thohir, l’Inter serait en train de vivre une crise d’adolescence classique. Une période de la vie qui, par ailleurs, convient bien à ces clubs de football sous pression et enclins à se faire aveugler par le court terme. Aujourd’hui, à l’Inter, le sportif est neuvième de Serie A. Mais derrière, la gestion administrative, marketing et commerciale du club fait des pas de géant depuis l’arrivée de Thohir pour remettre le club au niveau des plus grandes machines internationales. L’Inter voit donc son corps se transformer, mais la maturité ne suit pas encore. Ou l’inverse. En tout cas, ses excès de nostalgie indiquent qu’elle a encore peur de faire peau neuve, un an et demi après le changement de présidence. Tout n’a pas changé, pourtant : l’ex Roberto Mancini est revenu. Javier Zanetti est encore là. Pirelli aussi. Les Argentins, également. Et Thohir semble partisan de l’idée de rénover San Siro plutôt que de construire un nouveau stade. L’Inter a un pied dans le futur, mais n’ose pas encore mettre le second. Après tout, elle a le droit de se perdre, à cet âge-là. Le plus important, c’est qu’elle ne s’oublie pas.

Markus

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Article publié le 19/04/2015 sur SOFOOT.com

The Grand Milan Hotel

milan 1988

L’équipe ne domine plus, le prestige se volatilise au fil des saisons, et la salle des trophées ressemble de plus en plus à un musée. Non, l’AC Milan n’est pas en train de mourir. Mais il est en train de dire adieu à une immense partie de son histoire : le Grande Milan de Silvio Berlusconi, dont la décadence fait curieusement penser à un film de Wes Anderson, en mieux évidemment. Profitons donc des derniers moments d’un club au fonctionnement unique, en attendant la suite…

Il faut imaginer un paysage merveilleux, fait de shorts courts, de football écouté à la radio et d’accent lombard. Nous sommes dans les années 80 au royaume fantastique du grand championnat italien. Sur ces terres aux multiples monts de toutes les couleurs – le Rossonero, le Nerazzurro, le Bianconero, l’Azzurro, le Biancoceleste, le Giallorosso… – l’altitude grandit chaque saison et fait de l’ombre au reste de l’Europe, surtout depuis que l’Angleterre a été bannie par le ciel européen en 1985. Au milieu de cette croissance qui semble alors éternelle, Silvio Berlusconi arrive à la tête du mont rouge et noir pour tenter de le faire grandir plus vite que les autres. Le 24 mars 1986, aux pieds de la montagne, Silvio est aux micros : « Le Milan doit devenir l’équipe la plus prestigieuse au monde en gagnant les trophées internationaux les plus importants, par la force d’un jeu spectaculaire par rapport à ses adversaires. Je veux un Milan courageux, en Italie et à l’étranger, patron du terrain et patron du jeu. Le beau jeu doit être notre objectif principal ».

Il Grande Milan

Même les grands clubs suivent des courbes incontrôlables. C’est Shevchenko qui le dit : « Vous avez déjà vu un électrocardiogramme ? Les battements du cœur font comme ça : au-dessus, en dessous, etc. La vie est faite ainsi, et celle des clubs de football aussi ». C’est le miracle du Grande Milan créé par Berlusconi : donner l’impression d’être au-dessus des tendances durant deux décennies. Du premier Scudetto de Sacchi en 1988 au dernier de Capello en 1996, tout s’explique logiquement par les résultats (5 finales de C1 dont 3 gagnées, 5 Scudetti). Mais depuis 1996, il y a une part de mythe : le Milan de Berlusconi n’a remporté que 3 fois le championnat italien en 18 ans (bientôt 19) : 1999, 2004 et 2011. Pourtant, le Milan n’a jamais cessé d’être le Milan. « Il Milan è il Milan », disait-on. Une équipe qui pouvait se retrouver dans des situations difficiles en championnat, et ressurgir en Coupe d’Europe, comme en 2003, 2005 et 2007. Le Milan survit au départ en larmes du capitano Franco Baresi en octobre 1997, remplace les Hollandais par Savićević, Boban, Weah et Baggio, puis Bierhoff et Leonardo pour le titre du centenaire en 1999. Et comme il l’avait prédit, Berlusconi bâtit une machine à impressionner.

Milan Berlusconi

Parce que les images comptent plus que les chiffres, en football comme en politique, le Presidente crée des impressions. Peut-être est-ce le visage angélique de Paolo Maldini, ou alors la connotation du beau football des Hollandais, la révolution positive de Sacchi ou encore les talents commerciaux de Silvio, mais malgré le surnom de Diavoli, le Milan ne se trouve jamais du côté des méchants (ce qui n’était pas évident à l’international pour une équipe italienne). Le rouge et le noir, couleurs de l’enfer, du diable et de la mort, ou encore du taureau et de son sang, s’associent au triomphe et à la gloire. Avant les Bulls de Jordan, Berlusconi construit un club qui sait vendre du rêve. C’est « l’équipe des Ballons d’or » avant les Galactiques. C’est l’esthétisme de Sacchi, puis le charisme de Capello. Du tableau noir, des belles gueules et des grands sourires. Et ça n’en finit plus. En 1999, Shevchenko et Gattuso arrivent. En 2001, ce sont Rui Costa, Inzaghi et Pirlo, mais surtout le retour d’Ancelotti. Le Milan se découvre une sorte d’énergie renouvelable, et rêve d’éternité. Le succès d’Ancelotti à Milanello, qui donne un cachet familial à un club très doué en marketing, est une recette de Berlusconi, qui a déjà tenté le mélange avec Tassotti, et le tentera à nouveau avec Leonardo, Seedorf et Inzaghi. En 2002, Galliani fait venir Nesta, Seedorf, Rivaldo et Dida. Viendront ensuite Cafu, Kaká, Stam et Crespo. Une équipe du présent et du futur. Et puis…

Décadence et lifting

Encore aujourd’hui, la décadence de l’empire romain fait débat. Certains estiment que l’empire est devenu décadent à une date précise. D’autres déclarent que le système était corrompu depuis le début. Enfin, les derniers pensent qu’il n’y a pas eu de début ni de fin, estimant qu’il y a une continuité avant et après l’empire. Concernant la décadence du Grande Milan, les discussions sont aussi endiablées. Mais le fait est que le 23 mai 2007, l’équipe alignée par Ancelotti à Athènes en finale de C1 comporte neuf joueurs arrivés avant 2003 : Dida, Nesta, Maldini, Gattuso, Pirlo, Ambrosini, Seedorf, Kaká, Inzaghi. Seuls les latéraux Jankulovski et Oddo ont débarqué en 2005 et janvier 2007. Le Milan n’a plus gagné sur la scène nationale depuis trois saisons, et il ne gagnera pas jusqu’à 2011, mais il est bien sur le toit du monde. Le problème, c’est qu’il ne se renouvelle plus. Des différentes défaites loin de la Botte aux sacs de Rome, l’empire romain aura pris des siècles pour arriver à 476. Ce Milan prend quelques saisons seulement. Berlusconi se désintéresse des « jeux » et le Milan fait des erreurs. De 2005 à 2009, aucun avant-centre recruté ne devient légendaire pour la Curva sud : Gilardino (25 millions d’euros), Oliveira (17 millions d’euros), Ronaldo (7,5 millions d’euros), Pato (22 millions d’euros), Huntelaar (15 millions d’euros), Borriello (7 millions d’euros la copropriété). D’échec en échec, le robinet doré se ferme petit à petit.

Milan 2007

Vice de Berlusconi ou stratégie marketing foireuse, les Rossoneri font plus d’efforts pour attirer les vieilles gloires que pour en créer de nouvelles : Vieri en 2005, Ronaldo et Emerson en 2007, Ronaldinho et Zambrotta en 2008 (30 millions d’euros pour les deux), Beckham et Mancini en 2009. C’est la crise partout, et il devient difficile de faire les bons choix. Entre 2009 et 2010, le club parvient tout de même à faire venir Thiago Silva (10 millions d’euros) et profite des soldes sur Zlatan (24 millions d’euros) et Robinho (18 millions d’euros) pour compléter une équipe faite de « coups » plus ou moins gratuits : Boateng, Mexès, Yepes, Van Bommel, Cassano. C’est le dernier miracle de Galliani. À l’été 2012, après deux nouvelles grandes saisons en Italie, mais deux échecs européens, c’est la chute. Le navire rouge et noir perd Ibra, Thiago Silva, Nesta, Inzaghi, Gattuso, Seedorf, Van Bommel, Cassano et Zambrotta. Le Milan a alors deux chemins possibles. Tirer sa révérence, décrocher son étiquette de « club grandissime » et travailler avec humilité à partir d’un projet de jeu basé sur la jeunesse et un entraîneur compétent. Ou insister sur ses apparences de grandeur. Et il insiste, quitte à crever pauvre dans des draps en or. Mais évidemment, l’urgence et les liftings ne fonctionnent plus. Ménez, Torres, Kaká, Essien, Taarabt, Diego López, Alex, Armero, Silvestre, Poli, Zapata, Rami, Muntari, Zaccardo, Niang, Bojan… Même Balotelli ne change rien. Destro et Cerci n’y arrivent pas. Seule la science de Nigel de Jong semble gagner en prestige au centre d’un milieu de terrain bordélique.

Façade et sonorités

Il faut dire que le royaume du championnat italien n’est plus le même paysage merveilleux. Les nuages ont fini par avoir le meilleur sur les sommets, et les monts se sont tassés au point de devenir des plateaux. Le Rossonero n’est plus aussi haut que les autres, et devrait être refusé par le ciel européen pour la deuxième saison consécutive. Alors, aujourd’hui, qu’est-ce que le Milan ? La façade est identique : il joue encore à San Siro, le maillot est toujours aussi rouge et noir, Berlusconi est président (d’honneur), Galliani occupe ce poste énigmatique d’administrateur délégué, le club peut compter sur de riches sponsors, et son entraîneur est toujours aussi bien habillé. Même les noms des joueurs ont encore des sonorités de fuoriclasse, parce que Diego López et Nigel de Jong, ça sonne bien, quand même. Mais ce n’est que du son.

Ce Milan n’est que vestiges charmants, donc, mais il n’est pas mort. Après tout, ce n’est pas le premier déclin qu’il traverse : au début des années 80, le club lombard avait fait deux séjours en Serie B, puis avait terminé 11e et 10e en 97 et 98. La mort, elle, rôde plutôt autour de l’idée du Milan de Berlusconi, allongée sur un lit aux draps blancs depuis 2012, et peut-être enfin prête à jouer son ultime derby ce dimanche soir. Profitons donc des derniers souffles de vie de cette ère unique qui, autrefois, vendait du rêve. Et attendons le réveil, ou la résurrection. Parce qu’un rêve qui tourne mal n’est pas forcément un cauchemar : ça peut être un mauvais rêve, ou simplement un rêve de mauvaise qualité. Tout comme Sulley Muntari et Jérémy Ménez sont de mauvais Frank Rijkaard et Marco van Basten.

Markus

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Article publié le 19/04/2015 sur SOFOOT.com