Archives pour la catégorie Portraits tactiques

Rabiot, un marquis dans la cour des Bleus

Ça y est, Adrien Rabiot a débarqué son pied gauche de marquis sur la moquette de Clairefontaine. Dans une équipe de France de Deschamps qui danse au rythme des qualités individuelles plutôt que sur un quelconque tempo collectif, le Parisien ressemble fortement à ce que DD cherche à tout prix : des profils complets capables de « fluidifier » le jeu. Mais si Rabiot pourrait bien devenir une solution du jeu des Bleus, il faudrait avant tout savoir en définir le problème. À quoi jouera la France en 2018 en terres russes ?

La France les a longtemps attendus. Coupé en deux par le génie offensif irrégulier de la génération 87 d’un côté et par une génération de milieux centraux trop défensifs de l’autre, le football français a longtemps attendu les héritiers des Vieira et Petit, milieux relayeurs décisifs dans les deux surfaces. Né en 1995, Rabiot s’est dévoilé à l’été 2012 après que le 4-3-3 bleu de Laurent Blanc a passé un mois à se reposer sur Alou Diarra en Europe de l’Est. Animal capillaire étrange dans l’univers des crampons, Rabiot a d’abord étonné, agacé un peu, surpris beaucoup puis convaincu toute la cour du football français. Un mètre quatre vingt-huit élégant, un pied gauche à l’éducation élitiste et une conduite de balle furtive et noble. À moins de 20 ans, Rabiot était déjà rangé dans la catégorie des milieux complets et multidimensionnels : capable de récupérer et créer, doué pour le tacle et pour le dribble, à l’aise dans les airs et dans les petits espaces. Comme Paul Pogba, Rabiot est logiquement sur le point de devenir un atout majeur pour Deschamps, fidèle aux « compromis » : le jeu, oui, parfois, à condition que l’équilibre soit assuré, toujours.

Développement limité, capacités inconnues

Ces dimensions, Rabiot les a développées durant quatre saisons intenses à Paris (et Toulouse), de 17 à 21 ans. Sous Laurent Blanc, néanmoins, le talent ne sortira jamais de l’ombre du trio Motta-Verratti-Matuidi, subissant les certitudes d’un coach qui lui imposera une croissance désordonnée, au rythme des blessures et des aléas plutôt qu’à celui de sa progression. Enfermé à l’extérieur de l’inamovible milieu à trois, Rabiot doit tour à tour répéter les gammes de l’ordre de Motta, l’élaboration de Verratti et le mouvement de Matuidi. Ainsi, le gaucher grandit comme une espèce à part, toujours utile, jamais indispensable. Dans le cadre de la possession avant tout et de l’omniprésence d’Ibra, Rabiot développe rapidement son jeu de passes et sa protection du ballon, mais il ne trouve pas de place pour exprimer son flair ni sa lecture du jeu, pourtant largement entrevus à Toulouse. Cette progression plafonnée a un symbole : le quart de finale retour de C1 à Manchester au printemps dernier.

Contre le City de Pellegrini, alors que Verratti et Matuidi sont en tribunes et que Motta sort peu avant la mi-temps, Rabiot prend les clés du bolide mais ne trouve pas le chemin. Dans le 3-5-2 devenu légendaire, le Français touche 95 ballons, réussit 6 dribbles et provoque 5 fautes anglaises, mais il ne crée aucune occasion (0 passe clé), commet 4 fautes de trop et ne donne jamais d’air au milieu parisien pressé par la paire Fernandinho-Fernando : seulement 2 tentatives de transversales, contre 5 pour Pastore en une demi-heure. Ce soir-là, Rabiot a-t-il pour consigne d’ordonner le milieu parisien comme Motta ? Doit-il plutôt relayer et aider Ibra et Di María à élaborer le jeu court de Blanc, comme Verratti ? Devait-il percuter et briser les lignes, comme Matuidi ? Les vestiaires de l’Etihad Stadium s’éteindront avec ce secret de l’histoire parisienne. Durant ces 4 saisons, Rabiot développera chaque dimension de son jeu sans choisir de direction, faisant parfois croire qu’il grandit en rond, comme la possession parisienne des mauvais jours.

La direction Emery, la maturité en Bleu ?

Sous les ordres d’Emery, Rabiot est le 4e parisien le plus utilisé en Ligue 1 : 767 minutes en 11 rencontres (8 titularisations). À ce rythme, il aura dépassé le nombre de minutes disputées lors de ses trois premières saisons bien avant Noël. Oscillant entre son poste de relayeur et celui de sentinelle (en première période contre Rennes) dans un milieu aux consignes nouvelles, Rabiot se retrouve enfin forcé à se réinventer, à imposer son propre style, à prendre les choses en main. Dans un PSG largement transformé qui tend parfois à se laisser guider par les surproductions de Di María, Rabiot incarne ainsi un certain ordre, une mesure, une justesse. Mais entre l’organisation, l’élaboration et l’accélération, le milieu n’a toujours pas choisi son rôle. Le style des performances de Rabiot semble dépendre largement des coéquipiers qui l’entourent : on l’imagine bien rendre des une-deux à Iniesta au Barça, mais on l’imagine tout autant en train de lancer directement en profondeur Diego Costa dans une surface anglaise à Chelsea. Bref, Rabiot s’adapte.

Ainsi, la convocation en bleu est peut-être la meilleure occasion de découvrir quelle est, loin du Parc, la vraie nature du jeu de Rabiot. Une araignée capable de tisser le jeu au milieu, c’est garanti. Et un bélier capable de percuter les défenses ? Cela devrait venir. À Paris, Rabiot a toujours joué avec une tour de contrôle capable de distribuer les ballons, et le joueur se dit lui-même plus à l’aise au poste de relayeur. Se situant aux alentours de 60-65 passes par match, le Français reste loin des 80-90 des métronomes Motta, Verratti et Krychowiak. Dans cette perspective, il vient se situer dans la catégorie des Rakitic, Vidal, Marchisio. D’où cette nécessité de venir peser dans les trente derniers mètres. Sinon, son futur devra se jouer devant la défense.

Quel marquis en bleu ?

En bleu, la question n’est pas de savoir où il faut faire évoluer Rabiot, mais plutôt ce qu’il faut lui demander d’apporter à l’équipe. D’après Deschamps, Rabiot peut « fluidifier le jeu  » parce qu’il est « efficace à la transmission » et « juste à la récupération » . Traduction : Rabiot sait jouer, Rabiot sait ne pas perdre la balle, Rabiot sait défendre. Fluidifier, certes, mais quoi ? Si Rabiot était Samir Nasri, il serait tentant de répondre « tout le jeu » , comme l’ancien Gunner le fait actuellement à Séville sur les consignes de Sampaoli. Mais les Bleus n’ont pas autant de mouvements à proposer à leurs milieux, malgré les progrès réalisés par les confirmations de Kurzawa et Sidibe. Aujourd’hui, le tableau tactique des Bleus suggère naturellement deux rôles possibles pour Rabiot : faire le lien entre l’arrière-garde et Pogba ou faire le lien entre Pogba et le trio Payet-Griezmann-Sissoko.

Depuis la seconde période contre l’Irlande, Deschamps n’utilise que deux milieux centraux : Pogba-Matuidi contre l’Islande, l’Allemagne et le Portugal à l’Euro, puis les Pays-Bas et la Bulgarie en qualifications ; Pogba-Kante contre la Biélorussie. Le 4-3-3 est seulement revenu en amical contre l’Italie, dirigé par le trio Pogba-Kante-Matuidi. Si Deschamps souhaite conserver cette structure, Rabiot serait donc le remplaçant naturel de Matuidi dans le onze titulaire : plus de contrôle de la possession, mais aussi de l’espace aérien du milieu. Cette option verrait Deschamps oser une paire Pogba-Rabiot devant la défense, sorte de Vieira-Petit au doux parfum d’Highbury. Rabiot devrait alors partager avec Pogba les tâches d’organisation et d’élaboration, ce qui libèrerait naturellement l’un des deux. Si Deschamps envisage un retour au 4-3-3, schéma qui a vu grandir Rabiot, il semble naturel d’imaginer le trio Kante-Pogba-Rabiot, où le Parisien viendrait à nouveau prendre la place de Matuidi. Mais à 21 ans, Rabiot est surtout un gros morceau du futur jeu des Bleus. Une fois de plus, la question est de savoir quel sera le projet qui emmènera l’équipe de France en 2018, 2020, 2022… Parce que le marquis n’est pas le même quand il échange des une-deux avec Sissoko ou avec Koziello.

Markus

Lire l’article sur sofoot.com

Article publié le 11/11/2016 sur SOFOOT.com

Tactique – Le « Pogbà tout faire » qu’attend Mourinho

C’était le Pogback : un feuilleton projeté quotidiennement sur la toile de Paris à Miami, mêlant un jeune athlète, des millions de livres sterling et des tonnes de marketing durant tout l’été. Mais alors que l’officialisation est tombée ce matin, le bruit du mercato s’apprête enfin à laisser place à la musique du jeu. Quelle sera la place de Paul Pogba sur la piste de ce Manchester United en recherche de rythme ?

D’un côté, Paul Pogba. Une aura délirante, un talent exceptionnel et un horizon de possibilités footballistiques qui ressemble à l’infini. L’ordre technique, la discipline tactique, l’athlétisme, la spontanéité et l’état d’esprit d’un champion. De l’autre côté, José Mourinho. Un charisme dévastateur, un style unique et un savoir-faire légendaire. Devant les deux partenaires se dresse une Premier League remplie d’adversaires aux caractéristiques tactiques plus variées que jamais, et un contexte extraordinaire. Dans un environnement compétitif extrême, Mourinho veut à nouveau conquérir le monde. Mais alors que Pogba était la cerise d’un très beau gâteau à Turin, le numéro 6 devrait faire beaucoup de pâtisserie à Manchester.

Ce mariage est assimilable à une équation à quatre inconnues. La première est la position qu’occupera Pogba dans le schéma de Mourinho. Celle-ci devrait osciller entre celle de milieu défensif, milieu relayeur, milieu gauche et meneur de jeu. La seconde est le rôle de Pogba dans l’animation offensive et l’équilibre défensif : organisation, élaboration, création et/ou finition ? La troisième est le besoin d’épanouissement personnel de Pogba, qui s’est toujours montré plus épanoui en bianconero qu’en bleu, en dribbleur qu’en constructeur, et qui revient à Manchester pour aller chercher un Ballon d’or. La quatrième, enfin, est le besoin immédiat de résultats de Mourinho et les mesures tactiques qui en découleront.

Le besoin de fantaisie de la Pioche
Chez Pogba, l’épanouissement personnel passe forcément par celui de sa créativité. Au-delà du physique dominateur, du jeu de passes maîtrisé et de la frappe de balle puissante, un élément presque génétique fait de la Pioche le joueur qu’il est : le dribble. À Turin, la structure imposée par Conte puis Allegri a posé les bases de cet épanouissement créatif. Que ce soit via le 3-5-2 originel ou le 4-3-1-2 qui a émergé lors des deux dernières saisons, Pogba a toujours pu compter sur une organisation suffisamment équilibrée et intelligente pour mettre sa fantaisie dans les meilleures conditions. La sortie de balle de la ligne à trois, le jeu long de Pirlo et Bonucci, l’implication dans le jeu et la hauteur des latéraux, l’activité de Vidal, Marchisio puis Khedira. Avant même que Pogba ne touche le ballon, les phases d’organisation et d’élaboration étaient bien entamées voire terminées. Situé plus ou moins haut sur le terrain à gauche, Pogba était encouragé à « y aller » et à laisser parler ses pieds. À la suite d’un Euro Français lors duquel la Pioche a été baladée d’un coin à l’autre du milieu de Deschamps, il semble évident que cette liberté est essentielle au développement du joueur. Mais l’option d’un Pogba fantaisiste à Manchester n’est pas favorisée par le contexte de reconstruction des Red Devils et leur effectif actuel.

Le besoin d’ordre des Red Devils
Effectivement, tout pousse à croire qu’il sera difficile pour Mourinho d’offrir à Pogba cet équilibre dès sa première saison à Manchester, dans la mesure où il faudrait alors imaginer un milieu à trois pour un effectif dessiné pour le 4-2-3-1. D’une part, l’effectif du manager portugais est aujourd’hui largement déséquilibré. D’un côté, l’influence dans le troisième quart du terrain est disputé par pas moins de dix joueurs : Ibrahimović, Rooney, Martial, Mkhitaryan, Mata, Lingard, Depay, Januzaj, Young et même Fellaini… De l’autre, le champ de bataille du milieu est seulement emprunté – personne ne s’est imposé depuis le départ du grandissime Scholes – par Carrick, le même Fellaini, Herrera, Schneiderlin et les « options » Schweinsteiger et Blind. Dans cette perspective, alors que Pogba a besoin d’être proche du but, Manchester United a besoin de Pogba au milieu, loin au milieu. Comme en bleu. Par ailleurs, une construction aussi urgente devrait pousser Mourinho à mettre le talent là où il manque le plus. Pogba le soldat devra donc sacrifier sa créativité – plus de 3 dribbles et 3 tirs par match la saison dernière – au détriment de Pogba l’artiste turinois. Mais si l’utilisation reculée de Pogba pourrait masquer les problèmes de construction des Red Devils, elle pourra difficilement les régler : au-delà du besoin de qualité au milieu, Manchester a aussi besoin de plus de savoir-faire chez ses latéraux et plus d’aisance à la relance.

Pogbà tout faire
Concrètement, si le 4-2-3-1 du Community Shield est repris, Mourinho devrait placer Pogba aux côtés de Carrick (ou Schneiderlin), à la place de Fellaini. Une position pour laquelle Pogba a été formé en France, en double pivot, et aussi une position dans laquelle Pogba touchera beaucoup de ballons. Dimanche contre Leicester, Fellaini a été le joueur qui a réalisé le plus de passes (68 en 95 minutes). À Turin, Pogba en réalisait entre 40 et 50 par match ces deux dernières saisons – plus de création, moins de construction – tandis que le chiffre s’élevait à 63 sous Deschamps à l’Euro. Alors que cette position reculée permettrait au Français de développer sa science du jeu et de peut-être atteindre une emprise majeure sur le jeu mancunien – il en deviendrait la plateforme principale – la question est de savoir si le reste du collectif lui permettra de faire la différence.

À quelques jours de la première journée de Premier League, le défi semble aussi exceptionnel que son contexte : remplacer Paul Scholes en devenant un Patrick Vieira buteur, à la Yaya Touré, le tout avec une attente à la hauteur de celle offerte par le Bernabéu aux Galacticos. Un projet fou cousu sur-mesure pour l’ambition du milieu de terrain, comme il le racontait dans le numéro de mai 2016 de So Foot : «  Moi, je veux tout faire parce je pense que je peux tout faire et que l’entraîneur dit que je peux tout faire. J’ai envie de créer quelque chose. De créer le nouveau milieu de terrain. » Et il fait quoi ce nouveau milieu de terrain ? « Tout ! Il sait récupérer le ballon, il sait remonter le ballon, il sait faire le jeu, il sait faire des passes, il sait marquer. » L’attaque et la défense, la fantaisie et l’ordre, les buts et le jeu. Une mission sacrée : réunir Paul Scholes, Roy Keane et Éric Cantona dans deux pieds.

Markus

Lire l’article sur sofoot.com

Article publié le 11/08/2016 sur SOFOOT.com

Le nouveau Griezmann

Alors que de nombreux observateurs ont cru voir un Griezmann diminué ou en méforme contre la Roumanie, le joueur de l’Atlético a surtout surpris par son nouveau positionnement en attaque. En l’absence de Karim Benzema, Grizou devait logiquement devenir le leader technique de l’équipe de France, comme en amical contre la Russie. Mais l’émergence sensationnelle de Dimitri Payet destine le Madrilène à incarner une cible offensive plutôt qu’un moteur du jeu. Plus de buts, moins de jeu. À la Deschamps.

À San Sebastián, Antoine Griezmann s’était révélé au football européen avec l’identité d’un ailier de poche ibérique : vif mais léger, technique mais peu physique, joueur mais peu buteur. Arrivé à Madrid, il assume non seulement un nouveau statut, mais incarne aussi une nouvelle ère : le Français vient adoucir une attaque de tueurs. Plus de jeu, de toque, d’associations, de jeu entre les lignes. Sur le papier, Griezmann et Mandžukić prennent les places de David Villa et Diego Costa. Le Vicente-Calderón s’attend à voir le Croate collectionner les buts sur les services bienveillants du Français. Mais en réalité, le Cholo a un autre plan : faire de Griezmann un attaquant total dans la lignée des joueurs les plus applaudis de notre époque, à savoir Messi, Cristiano, Neymar, Rooney, etc. Mais si Diego Simeone est un trampoline, le choc est dur à encaisser. Arrivé à l’été 2014, Griezmann s’est même enfoncé pendant plusieurs mois, comme il le racontait à RMC : « Simeone impose une rigueur, une discipline et une intensité énormes aux entraînements, il m’a complètement changé. Lors des six premiers mois du championnat, j’ai eu des difficultés. J’essayais de tout assimiler, et en match, c’était compliqué. Mais j’ai travaillé dur, très dur… » En décembre 2014, il a enfin intégré la méthode et révèle des prestations d’une intensité physique insoupçonnée.

« Avant, je ne prenais pas goût à aller faire du pressing et, maintenant, mon corps me le demande. Avant, je n’avais qu’un jeu offensif, maintenant j’aide par mon replacement. Tactiquement, je suis meilleur » , admet Antoine à L’Équipe en début de saison 2015-16. Deux ans après le lancement du projet, Griezmann a déjà marqué 57 buts pour les Colchoneros. Surtout, le numéro 7 a conservé son identité de joueur de contre-pied et son art de la feinte. Griezmann est à la fois un créateur au jeu sobre qui marque des buts d’exception et un buteur froid qui sait créer le spectacle. Difficile à marquer et à cerner, comme un renard, Griezmann n’intimide pas et ne montre pas les crocs. On dirait même qu’il ne mord pas. Et pourtant, il continue à tuer ses proies les unes après les autres, à la construction et à la finition. Rappelant les mouvements de reptile de Djorkaeff ou l’intelligence instinctive d’un Raúl dans la surface, le Madrilène évolue à toutes les positions imaginables sur le front de l’attaque du Cholo : avant-centre avide de profondeur, seconde pointe autour de Torres, ailier droit qui repique dans l’axe et même ailier gauche. Surtout, il incarne à merveille un football sobre et malin qui sait bonifier chaque prise de balle. Et pour Deschamps ?

L’application aux Bleus et l’arrivée de Payet

En bleu, cette transformation se traduit par une prise d’initiatives inhabituelles. Contre la Russie en mars dernier, en l’absence de Benzema et Valbuena, Griezmann porte le jeu sur ses épaules sans prévenir. Le gaucher est alors décrit comme le moteur de l’animation bleue, guidé par un sens du jeu exquis et une science de la possession rare dans le football français de 2016. Il semble alors évident que les Bleus de l’Euro seront guidés par les trajectoires des passes de Grizou. Mais le moteur Payet a poussé Deschamps à réécrire le scénario. À la suite d’une préparation compliquée par sa finale de Ligue des champions, le Colchonero doit sauter dans un train en marche, conduit par un Payet omniprésent au cœur du jeu.

à lire aussi : Les Leçons Tactiques de France-Russie

Le match de Griezmann contre la Russie (vidéo)

Le match de la Roumanie devait nous révéler la nature de l’association Payet-Griezmann : 4-3-2-1 à la 98 ? La réponse est non. Contre la Roumanie, Griezmann a joué attaquant plutôt que milieu offensif. Plus Raúl que Djorkaeff, donc. En soutien de Giroud, mais même souvent dans la profondeur, le Madrilène a offert une version discrète mais dangereuse. Trois tirs, dont un sur le poteau qui aurait largement changé les gros titres, toujours bercés par le constat du résultat plutôt que la logique de l’analyse. La comparaison avec le match contre la Russie est révélatrice : en une heure de jeu dans chaque rencontre, Grizou passe de 55 à 30 ballons touchés, de 4 longs ballons joués à 0, de 4 centres à 0. Face aux hommes de Iordănescu, le taux de ballons touchés par minute (0,46) est même inférieur à celui de Giroud (0,54) : 30/65 contre 49/90. Et le schéma se répète contre l’Albanie : 10 ballons joués en 23 minutes de jeu. Avec un but précieux.

Les plus et les moins du nouveau rôle pour le collectif

Logiquement, ce changement tactique a des conséquences importantes sur les autres secteurs du jeu des Bleus. Du côté des moins, la première victime de cette nouvelle position est l’influence de Pogba au cœur du jeu. Avec un Grizou écarté du côté droit, Pogba se retrouve encore plus seul au milieu, condamné à compter sur les mouvements de Sagna et les rares visites de Payet de ce côté-là. Encore une fois, une décision tactique de Deschamps a pour conséquence de compliquer la tâche du Turinois, signe que le sélectionneur a une immense confiance en la capacité de son milieu à savoir résoudre toutes les situations. Mais ce n’est pas tout. Plus éloigné de la zone des pertes de balle françaises, Griezmann se retrouve bien moins actif à la récupération, un domaine où le joueur de l’Atlético sait faire parler son intensité et son intelligence, comme il l’avait montré face à la Russie. À la relance, les Bleus perdent également leurs pieds les plus habiles et leur science du toque la plus sophistiquée.

Du côté positif, Deschamps peut désormais compter sur une présence qui soulage le besoin d’efficacité de Giroud et donne au Gunner la possibilité d’offrir aux Bleus son jeu de remise auquel l’Emirates s’est habitué – belle talonnade à signaler lors du match d’ouverture. Le nouveau Griezmann offre aussi de nouvelles solutions de passes verticales à Payet et Pogba et permet d’étirer le jeu vers l’avant. Une nouvelle direction, donc, bien plus mobile et imprévisible que celle donnée par Giroud. Deschamps respecte enfin un principe implacable : placer un buteur – 33 buts cette saison – le plus près possible des cages. En clair, ce changement tactique ressemble au football à la Deschamps. Un football qui opte pour une meilleure finition au prix d’une construction plus périlleuse. Le but plutôt que le jeu.

Les chiffres du changement de rôle
36 passes par match cette saison à l’Atlético – un chiffre qui place sa participation à la hauteur de celle du milieu Saúl, plus élevée que celle de Juanfran et même trois fois plus importante que celle des autres attaquants Torres, Correa ou Jackson. En possession ou en contre, les pieds de Griezmann sont un passage obligé de la circulation de balle de Diego Simeone.
30 ballons touchés en 65 minutes contre la Roumanie, par rapport aux 55 ballons joués en 61 minutes face à la Russie sans Payet.
5 tirs en 88 minutes de jeu à l’Euro – un chiffre de numéro 9.

Markus

Lire l’article sur sofoot.com

Article publié le 19/06/2016 sur SOFOOT.com

Barzagli, le roc qui fait pleurer les vagues

Et s’il était le seul vrai dernier défenseur à l’italienne ? Depuis maintenant quatre saisons et demie à la Juve, le buste droit et la posture élégante d’Andrea Barzagli gagnent des duels tous les week-ends sans transpirer. Propre, fort, intelligent et précis, Barzagli n’a jamais besoin de se jeter ou de monter en attaque pour se montrer brillant. Un profil qui contraste avec les centraux modernes à la Sergio Ramos et David Luiz. Un profil à l’ancienne que le football voit disparaître. Parce que le roc n’est plus à la mode.

« Je dis toujours que l’attaquant est un fantaisiste que le défenseur doit annuler. À l’époque, le défenseur avait vraiment un second rôle : il bougeait seulement en fonction de son attaquant. Eux, ils faisaient. Et nous, on les empêchait de faire », raconte aujourd’hui Tarcisio Burgnich sur ce football moderne qu’il aime observer avec l’expérience d’un vieux rocher. Surnommé la Roccia (le roc) dans les années 1960, l’Italien était le stoppeur de la grande Inter de Herrera à une époque où les défenseurs devaient se contenter de défendre. Condamnés à annuler, ils étaient alors jugés sur leur faculté à contenir leurs adversaires sans faire de faute ni d’erreur. Le défenseur devait être méchant, sobre et précis : c’était un bouclier désarmé. Puis, bien aidé par l’envol du libéro, le rôle a évolué. Et en 2015, cette évolution a mis au monde des défenseurs centraux fantasques, de Sergio Ramos à David Luiz en passant par Gerard Piqué. Armé d’accessoires offensifs exubérants et de qualités athlétiques parfois hors-normes, le défenseur moderne aime compenser une erreur, un espace égaré, une faute de trop.

À la suite du match nul entre l’Inter et la Juve hier soir, Allegri a déclaré en conférence de presse que « si on avait été des tueurs en attaque comme Barzagli l’a été en défense, c’est certain qu’on aurait gagné ». Andrea Barzagli est lui aussi surnommé la Roccia. Un roc d’1m87 pour 87 kilos, très terre à terre, bâti pour encaisser les assauts des vagues sans broncher. Mais s’il n’a pas le physique aérien de ces défenseurs étoilés capables de survoler les lignes, Barzagli a le sens du jeu du stoppeur italien à l’ancienne. Et aujourd’hui, à 34 ans, ses performances parfaites ressemblent fortement aux vestiges de ce défenseur qui éloignait le ballon en touche avec le sourire de celui qui a accompli sa mission. Celui qui était là pour annuler, et pour rien d’autre. Sauf que Barzagli a aussi le goût de conserver élégamment les ballons qu’il vole avec autorité.

De la Serie D à la Coupe du monde 2006

Avant d’atterrir dans la Juve de Delneri en janvier 2011, à 30 ans, Barzagli a connu sept clubs : Rondinella, Pistoiese, Ascoli, Piacenza, Chievo, Palerme et Wolfsburg. Une carrière qui a tout connu, en somme. La Coupe du monde à Berlin en 2006 en tant que remplaçant (il joue un match et demi du fait de la blessure de Nesta et de l’expulsion de Materazzi en huitième), mais aussi une promotion en Serie C2 (quatrième division italienne) à 18 ans avec le club de Rondinella. Lorsqu’il débute en Serie A avec le Chievo, à 22 ans, le défenseur a tout simplement joué dans toutes les divisions inférieures : Serie B, Serie C1, Serie C2 et même Serie D (Dilettanti). À travers toutes ces catégories aux pelouses plus ou moins cabossées, Barzagli a dû rencontrer toutes sortes d’attaquants plus ou moins extraordinaires. Des ersatz de Roberto Baggio à l’accélération motrice, des géants à la Luca Toni, des promesses qui n’ont finalement pas été entendues, et des espèces de renards diverses et variées. Peu importe, mais c’est bien face à cette diversité offensive du terroir italien que Barzagli a forgé sa lecture du jeu, son sens de la position et sa concentration.

Une recette qui l’a mené à se faire repérer par Maurizio Zamparini. Direction la Sicile. À Palerme, Barzagli arrive avec le numéro 43, mais devient rapidement le capitaine d’une escouade avide d’escapades européennes. Aux côtés de Christian Zaccardo, Barzagli part au Mondial 2006, puis signe à Wolfsburg en 2008 pour la belle somme de 11 millions d’euros. Barzagli et Zaccardo sont alors inséparables. Repérés en Sicile, champions du monde sur le banc, champions de Bundesliga comme des grands. Mais alors que Barzagli participe au 0-3 de l’Euro 2008 contre les Pays-Bas, le droitier est banni de la Nazionale de septembre 2008 à octobre 2011. Quand il revient en Italie en janvier 2011, le football italien se remet péniblement des adieux de Paolo Maldini et Fabio Cannavaro. Et il croit donc accueillir un Zaccardo qui a apprécié son séjour germanique, c’est-à-dire un second couteau de 30 ans, en quelque sorte.

Vieux et méticuleux

Mais à Turin, Barzagli redevient la Roccia. Un défenseur intransigeant capable de rassurer les milieux les plus craintifs. Au fond à gauche, là où l’ailier gauche a l’habitude d’établir sa loi, Barzagli marque son territoire avec la concentration minutieuse d’un démineur. Défenseur central dans une défense à quatre, défenseur central droit dans une défense à trois, voire latéral droit, Barzagli impose le même régime à la spontanéité de ses adversaires : des duels gagnés sans transpirer, des anticipations malignes et une relance rarement spectaculaire, mais toujours ingénieuse. Et les vagues s’écrasent, encore et encore. Alors qu’il couvre un Lichtsteiner qui passe son temps à se gaver des courbes de Pirlo, Barzagli est logiquement élu parmi l’équipe type de Serie A en 2012, 2013 et 2014. Après deux saisons, l’importance de sa présence se chiffre de façon spectaculaire : la Juve comptabilise 2,14 points gagnés et 0,58 but encaissé par match avec lui (87 rencontres, 9 défaites), et 1,67 point gagné et 1,13 but encaissé sans lui (30 rencontres, 6 défaites). Bonucci est follement audacieux (à lire : Bonucci, vice-Pirlo et libéro moderne), Chiellini est diablement besogneux, Barzagli est sobrement méticuleux.

En quatre saisons, le Toscan ne passe jamais au-dessus de 0,7 faute par match. La saison passée, il commettait même seulement une faute tous les trois matchs, soit quatre fois moins que Giorgio le gorille. Absent des terrains de juillet 2014 à mars 2015 à cause d’une cheville capricieuse (10 rencontres de Serie A disputées l’an dernier), Barzagli ne devait plus jamais retrouver son niveau de jeu. Mais cette saison, la solidité du roc est de retour. Et le positionnement de Cuadrado à droite du 3-5-2 a même bouleversé la structure de la possession de la Juve : à 34 ans, Barzagli est devenu la première option de relance de la manœuvre turinoise (71 passes par match). Contre l’Inter, c’est sa polyvalence tactique qui a une nouvelle fois permis à la Juventus de passer aisément du 3-5-2 (et même 3-4-3) au 4-4-2. Parce que Barzagli ne se perd jamais et sait toujours où trouver ses coéquipiers. Les vagues ont beau s’élever par milliers, la mer a beau se déchaîner, les matelots ont beau aboyer, le roc ne cède pas un centimètre. Intransigeant, incorruptible, impassible. Méchant, même. Il ne sèche même pas leurs larmes.

Markus

Markus

Lire l’article sur sofoot.com

Article publié le 19/10/2015 sur SOFOOT.com

Felipe Melo, au nom de la méchanceté nécessaire

Felipe Melo est de retour en Italie. Et alors que la presse transalpine lui avait prédit un petit second rôle dans cette Inter toute neuve, le Brésilien a sorti ses plus beaux costumes et ébloui toute la salle. En trois matchs dont un derby, Melo a déjà convaincu et estime carrément qu’on devrait l’appeler « Il Commandante ». Non, Melo n’est pas revenu pour jouer au tennis.

Lorsque Roberto Mancini a exprimé sa ferme intention de faire signer Felipe Melo cet été, l’Italie a montré deux visages. Le premier était vêtu d’un énorme sourire prêt à exploser de rire au moindre carton jaune ou faux pas du Pitbull. Le second, lui, portait un front dubitatif. Un front qui cachait une réflexion intense : après tous les Felipe Melo que l’Italie a connus, du métronome florentin au bulldozer turinois en passant par quelques humeurs incontrôlables, que pouvait être devenu ce joueur après quatre saisons en Turquie (et huit titres) ? Qu’allait pouvoir faire une Inter en construction avec un joueur en travaux perpétuels ? Aucun de ces deux visages ne pouvait prévoir l’arrivée d’un personnage aussi accompli.

Sneijder, bons et mauvais souvenirs

Évidemment, il fallait que tout commence avec le derby, cette scène milanaise à l’envergure internationale qui ne se laisse dompter que par les plus grands esprits, et quelques Schelotto. Il y a six ans, en 2009, Wesley Sneijder – ex-coéquipier de Melo à Istanbul – avait lui aussi fait ses débuts nerazzurri lors du derby. En deux frappes pleines d’espoir, un crochet sur Gattuso et quelques ouvertures qui allaient en appeler tant d’autres, l’Hollandais avait charmé la Scala. Felipe Melo, lui, n’est pas aussi esthétique que Sneijder. Melo, c’est la sueur plutôt que le parfum, le sang plutôt que le maquillage et la faute tactique plutôt que le petit pont. Mais le Brésilien a lui aussi un certain sens de la grande performance. Et il avait tout réservé pour le Milan : placé derrière Kondogbia et Guarín, et devant un Medel replacé en défense centrale, Melo a mis en scène une distribution intéressante du jeu, une présence permanente au duel, une domination aérienne et même quelques provocations aux oreilles de Balotelli. En clair, Melo a dominé le milieu rossonero et convaincu un peuple intériste étonné. Le lendemain, les plus romantiques croyaient avoir acheté une force de la nature, mais les autres mettaient cette performance sur le compte de la passion du derby. Parce que Melo se surpasse lorsque la tension monte.

Mais depuis, le Brésilien n’a cessé d’élargir son répertoire. Contre le Chievo, le numéro 83 a incarné à lui tout seul l’esprit de combativité des Milanais. Alors qu’une partie de l’Inter semblait prête à subir et reculer, Melo gagnait duel après duel, allant jusqu’à fracturer la pommette de Paul-José Mpoku. De quoi faire passer Gary Medel pour un berger allemand bienveillant. Contre le Hellas à San Siro, le Brésilien a même marqué le seul but de la partie. Une tête de boxeur dans le style le plus Felipe Melesque possible, pleine de rage et de puissance. En cours de route, il avait aussi eu le temps de faire sortir innocemment Pazzini sur blessure. Trois matchs, deux cartons jaunes et cette punchline : « Si mes adversaires ont peur des contacts, qu’ils jouent au tennis. Dans le football, il y a des contacts, c’est comme ça. En plus, aujourd’hui il n’y a eu aucune intervention risquée, j’ai simplement joué au football. » Mais attention. Melo est déjà tombé du haut de ses déclarations de boxeur. À la Fiorentina en 2008, il avait été l’un des joueurs les plus fascinants du championnat avant d’être élu Bidon d’or en 2009 à la Juve. En quart du finale du Mondial 2010, il avait signé une merveilleuse passe décisive pour Robinho contre les Pays-Bas, avant de marquer contre son camp et d’être expulsé. Sous les yeux de Sneijder, tiens.

« Mieux vaut avoir un joueur fou qui fait la différence qu’un joueur sain qui ne fait rien sur le terrain »

Avec pas moins de 10 recrues, l’Inter s’attendait à un début de saison bancal. Une animation offensive portée par l’art inconstant de Jovetić, Ljajić et Perišić, ses perles des Balkans, et un fonds de jeu en état d’alerte entre l’adaptation de Kondogbia, l’inconstance de Guarín, le pompier Medel et le mystère Felipe Melo. Mais aujourd’hui, c’est le visage de Roberto Mancini qui s’illumine. Parce que le Mister savait, lui. Interviewé pour So Foot Club à Istanbul alors qu’il entraînait encore Galatasaray en mars 2014, le Mancio avait évoqué son milieu brésilien : « Felipe Melo est un super joueur. Je ne l’avais jamais entraîné avant, et comme tout le monde, j’avais entendu certaines choses, comme quoi il était trop agressif sur le terrain et se faisait souvent expulser. Mais non, c’est un grand joueur, avec un très bon caractère, une bonne technique. En Italie, il était très bon à la Fiorentina, et je pense qu’il n’est pas arrivé au bon moment à la Juve. De toute façon, mieux vaut avoir un joueur fou qui fait la différence qu’un joueur sain qui ne fait rien sur le terrain (rires). Et attention, Felipe Melo s’entraîne bien et travaille très dur. Cela arrive d’avoir un joueur avec une tête faite un peu différemment (rires), il peut y avoir des petits conflits, mais tant qu’il y a le travail derrière… » Alors que l’Inter de la saison dernière ne savait pas se prendre en main dans les moments de difficulté, Mancini savait qu’il allait injecter de la personnalité à ses milieux avec l’ajout de Melo. Mieux vaut un joueur moyen avec du caractère qu’un talent sans personnalité. Mieux vaut un Felipe Melo qu’un Kovačić, alors ?

Aujourd’hui, toute l’équipe semble envoutée, le capitaine Icardi en première ligne : « Ce qui m’a le plus surpris chez les recrues, c’est la grinta de Felipe Melo. Elle est contagieuse. » Avec pas moins de 2,3 tirs et 3,3 duels aériens gagnés par match, le Brésilien semble même en surchauffe. Et forcément, la presse aussi. Alors que les comparaisons pleuvent entre cette Inter de 2015 et la première Inter 2004-2008 de Mancini, Felipe Melo est comparé à Vieira dans l’organigramme. Si le talent du Brésilien n’ose même pas se comparer à celui que la Curva Nord appelait Patrizio, c’est bien leur « méchanceté » commune qui les rapproche. Cette méchanceté nécessaire qui manquait tant à une Inter perdue dans le vide entre le départ de ses anciennes gloires et la recherche de jeunes prodiges. Après tout, la Serie A moderne a récompensé les formations capables d’aligner du mouvement autour du muscle. À la Juve, celui-ci était incarné par Vidal et Pogba. À Naples, c’était Inler et la paire Zúñiga-Maggio. À Rome, c’était Nainggolan et Strootman, quand il était là. Avec Melo, Kondogbia, Guarín, Miranda, Murillo et une équipe d’une taille moyenne d’1m84 (sans Ranocchia), Mancini a levé une armée. Et ça tombe bien. Il y a trois semaines, au moment du retour de Melo en Italie, alors qu’un journaliste lui demandait s’il pouvait l’appeler Pitbull, le Brésilien a répondu : « Pourquoi pas. Mais tu peux aussi m’appeler le Commandant. Parce que je guide le milieu de terrain. »

Markus

Propos de Roberto Mancini recueillis par Markus, à Istanbul

Lire l’article sur sofoot.com

Article publié le 27/09/2015 sur SOFOOT.com