Archives pour la catégorie Portrait d’équipe

L’Etoile Rouge, la passion comme pétrole

Belgrade, c’est le royaume de Serbie, l’Empire ottoman, l’Empire austro-hongrois, le royaume de Yougoslavie, la Yougoslavie communiste et enfin la nouvelle Serbie. C’est la victoire en Ligue des champions en 1991 et le bombardement de l’OTAN huit ans plus tard. C’est l’affaire Brice Taton, le drame, mais aussi le recueillement de toute une ville pour dire non à la violence. C’est à la fois « Hellgrade » et « le New York slave ». C’est complexe, donc. Et de cette complexité est en train de naître un nouveau Belgrade. Une capitale où les terrasses des cafés sont remplies du matin au soir, où les masses parlent anglais et où la jeunesse, par la force d’un entrepreneuriat osé et d’un enthousiasme dévorant, prend le pouvoir. Une ville où vit l’un des clubs les plus prestigieux de l’histoire du football européen : l’Étoile rouge de Belgrade. Rencontre, à la veille du « Derby éternel » qui l’opposera demain au Partizan.

L’Etoile Rouge, la passion comme pétrole 

Article écrit par Faute Tactique sur SOFOOT.com le 16/11/2012.

FAUTETACTIQUE.com

Vous pouvez suivre Faute Tactique sur Twitter (@FT__com) et Facebook

L’Inter repart à zéro

Après une saison 2011 pleine de regrets et le départ inattendu de Leonardo, il y a eu l’échec Gasperini, les montagnes russes de Ranieri et l’espoir Stramaccioni. Une saison gentiment qualifiée de « saison de transition », c’est-à-dire une vilaine septième place synonyme d’Europa League. Difficile à encaisser pour une institution championne du monde dix-huit mois plus tôt. Et pourtant, l’Inter affronte cette nouvelle saison avec bien plus de certitudes que l’an passé. Ma perchè ?

L’Inter repart à zéro

Article écrit par Faute Tactique sur SOFOOT.com le 16/07/2012.

FAUTETACTIQUE.com

Vous pouvez suivre Faute Tactique sur Twitter (@FT__com) et Facebook

 

FC Valence : Emery-day I’m Shufflin’

Si le FC Valence est le dernier club à avoir empêché les deux géants de gagner la Liga, la gestion brillante de Unai Emery Etxegoien nous donne toutes les raisons de croire qu’il sera aussi le premier à le refaire. Plongés dans une crise financière sans précédent, « los Che » étaient destinés à couler… mais par miracle, Emery maintient l’espoir d’instaurer un jour un Big Three en Espagne. Portrait du manager qui a trouvé la formule pour remplir à la fois le stade et les caisses de son club. Et la salle des trophées, dès cette saison ?

La croissance malgré la crise

Le FC Valence est un club bâtard. La ville, fondée par le fils de Marcus Brutus, n’a jamais vraiment su où se mettre dans la hiérarchie des cités espagnoles. Troisième agglomération du pays avec 1.8M d’habitants, Valence reste derrière les Séville, Saint-Sébastien, Cadiz ou même Tolède en termes d’Histoire. Le raisonnement s’applique aussi logiquement au club : moins prestigieux que l’Athletic Bilbao et moins titré que l’Atlético Madrid, le Valencia Club de Futbol est pourtant bien le troisième club espagnol en termes de points gagnés en première division. Et ce ne sont pas les dix dernières années de Liga qui vont remettre en question cette troisième position. Avec deux titres et cinq podiums (titres compris), los Che sont loin devant Séville, Villareal ou encore le Depor. Et distancer le groupe des seconds couteaux que sont Bilbao, l’Atlético et Séville, c’est justement l’objectif du club, qui s’était donné dans les années 2000 le défi de rejoindre les deux géants Madrid et Barça afin d’instaurer un Big Three façon ibérique. Jusqu’à que…

Le soleil, le peuple, les infrastructures : Valence avait toutes les raisons du monde pour  voir l’avenir en rose (ou en orange). Puis vint la crise. De rêve et ambition, les mots-clés se transformèrent en survie et court terme. Pour décrire la situation financière actuelle du FC Valence, il suffit d’évoquer la construction du fameux « nouveau stade ». En 2006, le club choisit un projet destiné à doter la ville d’un stade de 75.000 places, rien que ça. Fini le Mestalla des années vingt et ses 55.000 places : le FC Valence a bien l’intention de sortir de l’ombre des deux géants madrilène et barcelonais. On était en 2006. On est maintenant en 2012, et les travaux, interrompus pendant trois ans, viennent à peine de reprendre en novembre. Vers 2014, disent-ils avec optimisme, Valence aura un splendide Nou Mestalla. Amen.

« Heureusement », Valence connaît les crises. En 1957, la ville subit une inondation record, recouvrant par plus de quatre mètres d’eau certains quartiers de la ville. Dans cette Espagne d’un autre millénaire, les aides ne viennent pas. Sans aide, le maire de l’époque parvient tout de même à réunir les efforts financiers nécessaires pour détourner le fleuve Turia. Un véritable tour de magie : la fameuse Cité des Arts et des Sciences (qui fait aujourd’hui la réputation de la ville) se trouve d’ailleurs à l’endroit où reposait à l’époque le Turia. Le sauveur s’appelle aujourd’hui Unai Emery et le miracle a été de vendre successivement David Villa, Raul Albiol, David Silva et Juan Mata et de s’améliorer de saison en saison. Chaque été, c’est la même recette : on vend la star, on ne renouvelle pas les contrats juteux, on achète jeune et méconnu, et enfin on prie pour que Emery fasse des miracles. Et ça marche ! Enchaînant qualifications en Champions League sur bons parcours en Coupes, Emery fait tout et n’importe quoi pour remplir les caisses de son club. Jusqu’à affirmer que l’Europa League, on ne la joue pas, on la gagne. Tout un programme.

Vendre beaucoup, et gagner toujours : mais comment font-ils ? Depuis l’arrivée de Emery, Valence opère un recrutement des plus intelligents d’Europe, basé sur une stratégie a priori simple. A défaut de pouvoir fichar les cracks accueillis par Mourinho et Guardiola, Emery signe petit mais beaucoup. Rien n’est laissé au hasard, il ne s’agit pas d’un flair inné, mais plutôt d’une méthode efficace. Cet été neuf joueurs débarquent pour 30M quand quatre autres partent pour 40M. L’opération symbole ? En 2010, Villa part pour 40M et Soldado débarque pour seulement 10M. Valence peut se tromper, mais Valence le sait et Valence anticipe. Cette saison, Canales s’est fait les croisés, Piatti a connu un rendement ridicule pendant quatre mois et Parejo n’a joué que cinq matchs, et pourtant… Pour une erreur de recrutement, une autre promesse passe un cap. Rami et Victor Ruiz ont assuré, Feghouli a répondu présent, Soldado assume son rôle de leader et Jonas s’impose comme un très bon joueur de football. La nouvelle star, c’est Jordi Alba, qui vaudrait paraît-il déjà une bonne trentaine de millions…

D’autres clubs s’étaient déjà essayés aux politiques de recrutement low-cost. Le PSG de Colony s’y était aventuré, en engageant des vétérans (Giuly, Makélélé, Coupet) censés guider les plus jeunes vers « l’habitude » de la gagne. A Valence, on fait le contraire : on achète des jeunes joueurs pas chers et on leur donne toutes les responsabilités. Albelda est d’ailleurs le seul trentenaire qui joue régulièrement depuis le départ du mythique Marchena à Villareal. Arsenal aussi fait dans le cheap depuis bientôt dix ans (à lire, l’article « Arsenal : l’explication d’un échec »). Mais il y a une différence de mentalité importante : tandis que Valence assume parfaitement le fait d’être en crise et a fait comprendre à ses socios la nécessité de cette politique de survie lors des prochaines années, Arsenal donne l’impression de se faire des bénéfices dans le dos de ses fidèles. Avec un gain de 6M£ en moyenne chaque été depuis 2006, Arsenal se refuse d’investir, par manque de fonds dû à la construction de l’Emirates ou par souci éthique (Wenger le moraliste qui s’opposerait aux gros transferts).

Manuel Llorente peut sourire, son club a beau avoir eu la gestion la plus foireuse qui puisse exister pour un grand club européen, il est toujours troisième et placé en Europe. Il s’en sort bien le salopard.

Des airs de José

André Villas-Boas The Special Two, Leonid Slutsky le Mourinho russe, Sandoval le Mourinho du pauvre, et même Viktor Goncharenko le Mourinho biélorusse ! Aujourd’hui, il suffit d’avoir une dégaine jeune et dynamique, de savoir répondre aux journalistes et d’avoir une carrière de joueur moisie pour être comparé au grand José. On n’en fait pas des tonnes sur Unai Emery, 40 ans, et pourtant le basque pourrait bien être l’entraîneur qui se rapproche le plus du Mou dans sa façon d’aborder son vestiaire et ses matchs.

« J’ai un niveau élevé de confiance et de sécurité ».

Formé à la Real Sociedad, Unai joue seulement quelques matchs en Primera et passe la grande partie de sa carrière en Segunda. A 33 ans, il se retrouve à jouer pour Lorca en troisième division (Segunda B). Et là vient le miracle : son coach se fait virer et le président offre au jeune Unai les rênes de l’équipe. En quelques mois, il fait monter l’équipe en Segunda et la transforme même en révélation de deuxième division, ratant la montée en Primera d’une victoire seulement. Lé-gen-daire. L’année suivante, en 2007, à la tête d’Almeria, il lui suffit d’une saison et hop, le basque fait monter le club andalou en Primera. Satisfait ? Rassasié ? Absolument pas, Emery ne s’arrête pas en si bon chemin et frappe un grand coup sur la table du football espagnol la saison suivante en terminant huitième de Liga.  Unai, ou comment transformer un club en deux saisons. Club qui, d’ailleurs, a réussi à assurer sa place en Liga jusqu’à cette saison. Une ascension fulgurante, et des bases saines. Un parcours qui rappelle les débuts de Mourinho à União de Leiria (qu’il porta jusqu’à une cinquième place historique). En mieux.

A Valence, Emery s’affirme d’année en année comme un grand manager, non pas en imposant une idéologie particulière, mais en tirant de façon pragmatique le meilleur de son effectif. D’abord, par sa capacité à former une cohésion qu’ « admire profondément » Guardiola, ce qui surprend au vu de la jeunesse et de la « complexité » de l’effectif. Au début de la saison, certes l’effectif est renforcé, mais il est loin d’être hiérarchisé : deux arrières gauches énormes avec Mathieu et Jordi Alba, deux bons gardiens avec Guaita et Diego Alves, deux avant-centres pour une seule pointe avec Soldado et Jonas, etc. Très peu de cadres affirmés, beaucoup de choix difficiles. Et pourtant Emery trouve des solutions : Jordi Alba et Mathieu joueront ensemble sur un côté gauche hyper explosif, Jonas soutiendra Soldado en neuf et demi et profitera des espaces entre les lignes, tandis que les deux gardiens alterneront les titularisations en championnat (Guaita) et en Coupes (Diego Alves). Puisant dans ses grands talents de motivateur, Unai fait comprendre à tout le monde que la puissance du groupe prévaut sur tout le reste. « Entre les titulaires et les remplaçants il y a très peu de différence. Il n’y a pas de joueur au-dessus des autres et pas de titulaire indiscutable ». Une vision qui rappelle celle de Mou et son classique « tous mes joueurs sont titulaires ».  La grandeur de cette équipe ne réside pas dans son effectif, mais plutôt dans le flux de vie et d’envie que son jeu dégage.

Ces talents de motivateur, il les puise également dans le charisme et l’enthousiasme qu’il dégage. Véritable taureau déchaîné sur le bord du terrain, Unai Emery ne se contient jamais, des séances d’entraînements aux conférences de presse. Une grande gueule, des cheveux coiffés façon Al Pacino et une intensité formidable, le tout à l’image de son équipe : une équipe qui ose, une équipe orgueilleuse et des joueurs qui pressent de façon diabolique. « Je veux une équipe très intense dans la pression, qui manie une défense de récupération agressive pour la contre-attaque, et un jeu très vertical. »Si la politique de recrutement de Valence fonctionne, c’est qu’un entraîneur a les idées suffisamment claires pour gérer une vingtaine de jeunes venus en Europe pour tout dégommer. Le charisme et les idées claires, Emery est en train de sauver Valence.

Certes, Emery dégage une image de possédé passionnel au bord de sa zone technique, mais le mec est avant tout un bosseur hors du commun. Ne pensez pas qu’Emery est un fou allié qui change de onze titulaire après chaque paella. Allez plutôt croire que Guardiola invente ses systèmes de jeu le vendredi soir à l’opéra (à lire, l’article « Pep Guardiola, chef d’orchestre »). Non, là où il y a de la réussite, il y a du travail. Et comme dit le grand José, « trabajo, trabajo, trabajo ». Dans une interview donnée à El Pais en mars 2011, Emery raconte l’un de ses dimanches de forcené : « Dimanche je suis allé voir le Levante. J’aime bien voir comment il travaille. En arrivant à la maison, j’ai vu les rediffusions d’Athletic Bilbao-Séville et de Racing-Madrid tandis que je préparais le match de Schalke. Puis, à une heure et demi du matin, j’ai fini la soirée en regardant Hospitalet-Orihuela. Tu peux apprendre plus d’un entraîneur de Segunda B que de beaucoup de Misters de Primera. » C’est autre chose que passer sa soirée à jouer à Football Manager. Le basque est un vrai travailleur du nord, infatigable, exigeant et rigoureux. « Le jour où j’irais jouer au golf, qu’on me vire parce que je ne servirais plus à rien ».

La question est de savoir combien de temps cela va durer. Emery se voit-il comme le Sir Alex du FC Valence ? Aura-t-il la patience d’attendre le nouveau stade et un possible renouveau économique du club ? De son côté, on le voit mal se casser une fois que l’argent rentrera dans les caisses et qu’il jouera pour 75 000 personnes… Ce serait une belle histoire de le voir dix ans sur la côté blanche, mais l’exigence de los duros de Mestalla (Ranieri et Cuper en ont été témoins) mettra certainement fin prématurément à l’idylle, et c’est bien dommage.

 

Et maintenant, un titre ?

Saleté de période. On n’aime pas chercher des excuses aux sportifs de haut niveau, mais là on a envie de dire que tout ne dépend pas de lui. Non seulement Emery doit faire face aux deux meilleures équipes au monde aux moyens infinis, mais en plus son club n’a jamais été aussi pauvre. Quand Emery vend Villa, Unai ne peut pas se permettre d’acheter un Falcao. Quand Emery vend Mata, Unai n’a pas de quoi s’offrir un Cazorla.  A l’image d’un Djokovic en plein 2008, Emery est assis à la place du con. Mais on connait la suite… Ce FC Valence a les moyens d’exister dès maintenant, dès ce soir.

D’abord, il convient de rappeler que les deux dernières saisons des Che ont été excellentes en championnat. 71 points en 2010, idem en 2011. Pas mal quand l’on sait qu’en 2002 et 2004, Valence avait été sacré champion d’Espagne avec 75 et 77 points. Emery n’a pas grand à chose à envier au Benitez de l’époque. Si son palmarès est encore vierge, il peut se vanter d’avoir bâti une équipe qui joue au football. Les amateurs de Liga sont déjà au courant, ce Valencia Club de Futbol en a une bonne paire. L’audace, le risque, la vitesse, le Mestalla connaît. Le 4-2-3-1 est idéal pour un jeu vertical au possible, aux contre-attaques meurtrières et au pressing infernal. Derrière, les relances de Rami et Victor Ruiz s’enchaînent. Au milieu, Banega aka « Ever » est le chasse-ballon, l’infatigable taureau qui harcèle les Messi, Özil et compagnie. A ses côtés, le jeu long de Tino Costa régale et la gestion d’Albelda contrôle, tandis que Feghouli apporte bien souvent son brin de folie dans l’entrejeu. Le flanc gauche formé par Jordi Alba et Mathieu, tout en vitesse et dédoublements, est le pire cauchemar de Dani Alves. Devant, les chauves-souris se nomment Piatti, Pablo Hernandez, Jonas, Aduriz, Canales (blessé) ou encore Juan Bernat, dont vous n’avez pas fini d’entendre parler. Enfin, à la finition, celui que l’on ne présente plus : le serial killer et capitaine*, Roberto Soldado.

Bon, en Liga, Valence est à neuf points du Barça. C’est peu, quand on sait que les oranges ont fini à 25 points du champion l’an dernier. Mais infiniment trop pour espérer quoique ce soit d’autre qu’une place qualificative en Champions League, déjà bien convoitée. Non, ce Valence a plutôt des cartes à jouer en coupes.

En Champions League, après avoir échoué en huitièmes face au surprenant Schalke de Raul l’an dernier, los Che se sont fait sortir cette saison lors du dernier match de poule face à Chelsea, devant un Drogba qui fit de Victor Ruiz sa chose (3-0). Eliminé de façon décevante et même frustrante, Valence se retrouve maintenant avec les deux Manchester, l’Atlético ou encore la Lazio dans cette énigmatique Europa League. Alors que la compétition est jouée par défaut par la plupart de ces grands noms, Emery n’a pas mis longtemps à annoncer la couleur : à peine la rencontre de Stamford Bridge terminée qu’il surprend tout le monde : « Et maintenant on va gagner l’Europa League ! » Que ce soit pour remplir les caisses du club ou alors dans un effort déterminé de rendre heureux un public qui le mérite, Emery a bien l’intention de faire belle figure dans la compétition mal aimée.

Et puis il y a la Coupe du Roi, que les valencianistas aimeraient bien remporter une huitième fois. Opposés au Barça en demi, les Che ont fait match nul à la maison, 1-1. Le retour ce soir au Camp Nou sera éprouvant, long et difficile, pénible peut-être même, mais qui sait, ce ne sont pas quatre-vingt dix minutes de souffrance qui vont faire peur à cette génération de Che qui mangent des cailloux depuis quatre ans.

Si Djokovic l’a fait…

Markus

*David Albelda, premier capitaine, n’a joué que six matchs cette saison

_

Welcome Back, Spurs.

En Septembre dernier, FT condamnait les Spurs d’Harry Redknapp à une inévitable saison anonyme, tiraillée entre le désir de s’affirmer dans le top 4 et son mercato qui ne semblait pas à la hauteur. Pourtant, cinq mois après et malgré une défaite injuste à Manchester, Tottenham pointe à une solide troisième place de la Premier League à huit points de l’Armada Sky Blue de Mancini. Analyse des trois facteurs décisifs dans le succès d’un club légendaire qui peut désormais voir en grand. Très grand.

L’audace

Audere est Facere (« Oser c’est faire » en VF, « To dare is to do » en anglais) récite le motto du club du Nord de Londres. L’audace, le courage, l’envie d’aller vers l’avant ont toujours fait partie de l’ADN de cette équipe. Ces qualités semblaient avoir disparu lors des années 2000, avec une série de saisons moyennes qui ne rendaient pas honneur à la mythique Histoire des Spurs, l’un des clubs les plus anciens du Royaume Uni, fondé en 1882. Première équipe anglaise à gagner une compétition européenne, la Coupe des Coupes de 1963, les Lilywhites faisait de leur mental et de leur audace leur atout numéro un pour triompher.  A l’instar du mythique manager Bill Nicholson (68 années passées à consacrer sa vie au club) des années 60’ et 70’, Harry Redknapp a réussi à rallumer la flamme du club, en convaincant ses joueurs que oui, Audere est Facere.

En effet, Harry prône une philosophie très offensive, et laisse une grande liberté d’action à ses joueurs les plus talentueux, de Modric à Van der Vaart, de Bale à Lennon. En échange il leur demande une seule chose : l’audace. L’audace de frapper des 35 mètres, l’audace de chercher  l’une-deux compliqué plutôt que de garder le ballon dans les pieds, l’audace d’essayer une passe en profondeur impossible plutôt que de ralentir le tempo avec une passe en retrait. Et c’est exactement ce que font  ses joueurs. D’après les statistiques d’Eurosport UK, Van der Vaart est le joueur qui tente le plus de frappe par matchs en Premier League. Sur son aile gauche, Bale n’hésite jamais à défier son adversaire en un contre un alors que Modric est la définition parfaite du milieu relayeur moderne qui va toujours vers l’avant.

Cette philosophie intrépide a été décisive pour remettre les Spurs sur de bons rails suite à un début de saison catastrophique. Battus 3-0 à Manchester par United, puis humiliés à White Hart Lane 1-5 par Manchester City, les Spurs semblaient confirmer le coup de moins bien traversé à la fin de la saison dernière qui les avait vu se faire exclure in extremis du Top 4 et recevoir une branlée en Ligue des Champions par les Merengues. Pourtant, Redknapp a su remotiver ses troupes,  qui ont  enchaîné 10 victoires en 11 rencontres de Premier League. Petit à petit, très lentement, mais surtout dans l’indifférence la plus totale du public et des analystes anglais qui ne s’intéressaient qu’au duel fratricide United-City, Tottenham s’est réaffirmé par son jeu audacieux comme une des puissances du championnat anglais. Aucun doute à présent, Audere est Facere.

 

Friedel & Parker

Dans une équipe aussi audacieuse, il est essentiel d’avoir dans son effectif quelques joueurs solides, capables de limiter les prises de risques des coéquipiers les plus doués techniquement. Des joueurs consistants, qui font toujours le boulot, qui ne commettent que très rarement de bourdes. Benoit Assou-Ekotto à gauche et  le duo des excellents Younes Kaboul et Michael Dawson en défense centrale (avec l’addition de Ledley King lorsqu’il n’était pas blessé) assuraient une certaine stabilité à une équipe complètement vouée à l’attaque. Le problème, c’est ce qu’il y avait derrière : Heurelho Gomes. Capable du meilleur comme du pire, le brésilien n’était pas le gardien qu’il fallait à une équipe si spectaculaire. Il alternait des parades de classe mondiale avec des bourdes comiques, inacceptables pour le haut niveau. Le Tottenham-Chelsea 1-1 de la saison dernière est révélateur de la précarité de Gomes. Les Spurs gagnent 1-0 sur un but de Pavlyuchenko, mais à 20 minutes de la fin Gomes se fait surprendre par un faible tir de Drogba qui passe lentement entre ses jambes. Puis à la dernière minute, il commet une faute inutile sur l’ivoirien et concède un penalty ridicule. Ironie du sort, il le stoppe avec un arrêt spectaculaire sur sa gauche. Trop imprévisible, trop fragile, trop rarement constant. Pour que Tottenham s’affirme dans le top 4, il leur fallait un gardien complètement différent. L’exact contraire du brésilien, c’est-à-dire un goal peu spectaculaire, mais solide sur sa ligne comme dans les airs, avec un grand charisme et une capacité à diriger sa défense. Or, Brad Friedel correspond parfaitement à cet identikit. Vieux (40 ans), chauve, ricain, il n’y a rien de spectaculaire en lui… Pourtant, depuis son arrivée à White Hart Lane, il a toujours répondu présent en ne commettant aucune bourde. Friedel n’est pas un grand gardien ; il est tout simplement le gardien qu’il fallait à ce genre d’équipe offensive et sans grosse expérience. Bien vu Redknapp.

L’autre faiblesse des Spurs version 2010/2011 était l’absence d’un milieu défensif qui puisse couvrir les percées offensives de Modric et Bale. A ce rôle, Jenas et Palacios ont échoué alors que Sandro est encore un peu tendre pour tenir le rythme une saison entière. Problème résolu avec l’arrivée d’un underachiever qui se voit offrir par Redknapp la dernière grande chance de sa carrière pour montrer qu’il fait partie des meilleurs milieux anglais : Scott Parker. A 31 ans, le londonien semble avoir enfin acquis la maturité nécessaire pour s’imposer dans un grand club, chose qu’il n’a pas réussi  à faire à Stamford Bridge. Mais alors qu’à Chelsea (et ensuite à Newcastle) il avait un double rôle de milieu créateur-destructeur, Redknapp lui a bien fait comprendre que la priorité chez les Spurs est celle de protéger la défense. Alors bien sûr, avec les pieds qu’il a, il se permet aussi de lancer les attaques de son équipe, mais cette tâche est confiée généralement à Modric. Libre de la double responsabilité offensive-défensive, Parker est en train de jouer la meilleure saison de sa carrière. Toujours bien placé tactiquement, il est là où il le faut pour boucher les trous laissés par ses coéquipiers et faire déjouer l’adversaire. Dur sur l’homme et avec un grand esprit de sacrifice, il est prêt à prendre son petit carton jaune pour éviter la contre-attaque adverse. Lorsque l’équipe a la possession, son rôle est de demander le ballon aux défenseurs, dicter le tempo du match et trouver Modric ou les deux ailiers, les vrais détonateurs des attaques des Spurs. Ses performances, si « subtilement intelligentes » (dixit Redknapp), lui ont quasiment assuré une place dans les 23 anglais que Capello amènera en Pologne-Ukraine cet été. Incroyable pour un mec qui l’année dernière était capitaine de la dernière équipe de la Premier League (petite pensée pour les Hammers qui, on l’espère,  reviendront bientôt parmi nous).

Friedel et Parker amènent donc l’expérience et la solidité nécessaire pour permettre aux Spurs de lutter pour les premières places du classement. En absolu, ce ne sont pas des top players, mais exactement les joueurs qu’il fallait pour élever le niveau et les attentes à White Hart Lane. Parce que l’imprévisibilité, sans des bases solides, ne se révèlera jamais décisive.

La baisse de niveau des grands clubs anglais

Les deux Manchester en Europa League ; l’Arsenal de Wenger qui perd Nasri et Fabregas, symboles de l’échec de tout un projet ; Liverpool qui galère pour s’imposer à nouveau comme un grand européen. Tous ces évènements ne sont pas des actes isolés ou des coïncidences mais sont la preuve que « le championnat le plus excitant au monde » traverse un moment difficile. Tellement difficile, que le rappel de légendes telles Thierry Henry et Paul Scholes par Sir Alex et Arsène ne peut être interprété comme un acte nostalgique mais plutôt comme un symbole de l’impuissance technique (et financière) des équipes de la Perfide Albion. Ses grands clubs ne dominent plus l’Europe. Malgré le fait qu’en une décennie les anglais ont squatté régulièrement les finales de LDC, seul Liverpool en 2005 et Manchester en 2008 ont réussi à remporter la Coupe aux Grandes Oreilles. Mais ce qui préoccupe le plus est que lors des deux dernières éditions de la LDC, seul Manchester en 2010/2011 a su se qualifier dans le dernier carré de la compétition. Et avouons-le, la situation ne risque pas de s’améliorer cette saison avec Mancini et Ferguson relégués au Thursday Night Football et Arsenal et Chelsea qui risquent sérieusement de se faire éliminer par les deux italiennes dès les huitièmes.

Dans ce contexte difficile pour le football anglais, alors que Manchester City doit encore éclore comme une très grande équipe et que les traditionnels grands clubs traversent une période turbulente (le Guardian a défini le Manchester United version 2011/2012 comme le pire United depuis 20 ans), Tottenham a su profiter de la baisse de régime des Liverpool, Arsenal, Manchester et compagnie pour se réinsérer dans le top 4. En effet, avec le même nombre de points (46) à la même journée du championnat (la vingt-deuxième), les Spurs n’auraient occupé que la cinquième place ex aequo de la Premier 2009/2010. Tottenham a donc réussi à s’infiltrer dans le vide laissé par les grands d’Angleterre et a un projet ambitieux qui devrait l’amener au sommet du pays. Économiquement stable, avec un manager qui semble pouvoir s’installer dans la durée (n’est-ce pas Villas-Boas ?), une des équipes les plus jeunes de la Premier (bon, okay, Brad Friedel à part) et un nouveau stade en construction ( malheureusement on devra bientôt dire adieu à White Hart Lane), il est temps pour les Spurs d’utiliser cette saison 2011/2012 comme le parfait tremplin pour avoir l’audace de triompher en Angleterre et en Europe et mettre fin à cinquante et une années de disette en Premier League. Après tout, les Spurs le savent bien : Audere est Facere.

Ruggero

_

City, Bienvenue en Enfer

Des soirées comme celle-là  sont destinées à entrer dans la légende. Le match disputé hier soir dans l’enfer du San Paolo entre Napoli et Manchester City dépasse les limites du simple événement sportif ; ces 90 minutes de folie nous ont tous rappelé pourquoi on aime autant le football. Non, ce ne sont pas les buts d’un Matador transcendantal, ni les ouvertures de Silva, ni même  l’ambiance littéralement mystique d’un San Paolo plein à craquer qui nous font vénérer ce sport. Non, bien plus que  tout ça. On aime le football tout simplement parce qu’il nous fait rêver, parce qu’il nous offre des histoires éternelles. Le football est le meilleur moyen de raconter un conte, une fable,  un roman populaire qui  attire l’attention de tous. Il n’est pas discriminatoire mais inclusif. Mardi dernier, seuls les supporters des Citizens n’ont pas réussi à s’enthousiasmer face à l’incroyable performance du David napolitain contre le Goliath mancunien. A vous le privilège de (re)lire le roman du match Napoli 2, Manchester City 1.

Chapitre numéro 1 : L’Attente

Naples se réveille  en sachant que ce mardi 22 novembre ne sera pas une journée comme tant d’autres. La ville sent que les yeux de l’Europe  entière se tournent vers son magnifique golfe dominé par l’imposant Vésuve pour admirer le City de Mancini exporter son football champagne sur tout le continent  (moyenne de buts marqués par match supérieure à 3). La presse britannique et même la presse italienne laissent peu d’espoir au Napoli de Mazzarri, désigné comme victime sacrificielle des pétrodollars de Mansour. En effet, City est injouable : 11 victoires en 12 matchs de Premier League, une leçon de football à l’une des meilleures équipes européennes à Old Trafford et surtout l’avantage de pouvoir jouer le match nul qui leur permettrait de garder ce petit point d’avance sur leurs adversaires. Objectivement, ce match s’annonce comme une mission impossible pour Cavani & Co. Mais Naples est une ville qui vit et existe sur le rêve et l’optimisme. Pourquoi ne serait-ce pas possible  de réaliser l’exploit ? Qui nous empêche d’y croire ? « Credere non costa nulla » (littéralement, « y croire ne coûte rien ») répètent les napolitains interviewés par la Gazzetta dello Sport ou par les caméras de Sky calcio. Lorsque les joueurs de City décident de se promener sur le lungomare de Via Caracciolo pour prendre un peu d’air avant le grand rendez-vous, toute la ville  décide de les rejoindre. Quelques insultes, quelques regards menaçants, beaucoup de sifflets. Les mancuniens, alertés que des milliers de personnes les suivent, décident de rentrer à leur hôtel. Ils viennent de  réaliser qu’ils devront traverser l’enfer pour repartir indemnes de Naples.

Chapitre numéro 2 : L’enfer du San Paolo

Cet enfer a un nom : le San Paolo, construit en 1959 au cœur du quartier ouvrier de la ville, Fuorigrotta. Comme l’affirme  Daniel Taylor, journaliste du Guardian stationné à Naples, « The San Paolo is not just a football ground, it is an experience », ce stade est une expérience de vie. Naples est la seule métropole italienne avec une seule grande équipe : Milan a l’Inter et l’AC, Turin a la Juve et le Torino, Rome a la Roma et la Lazio, Gênes, le Genoa et la Samp. Naples a le Napoli. Naples est le Napoli. Quand on rentre dans l’enceinte mythique, on sent que l’équipe personnifie toute la ville. C’est un club qui a toujours uni tous les napolitains, riches et pauvres, ouvriers et cadres, de droite et de gauche. C’est pour cela que ce stade est toujours magique. D’ailleurs, alors que les deux équipes rentrent sur le terrain, un des juges de touche, impressionné par l’ambiance, dit à Paolo Cannavaro : « Vous êtes tous fous ici ». On ne comprend plus rien dans les tribunes : des tifos de malade sont déployés, couronnés par 30.000 drapeaux distribués par les Ultras du club et bien sûr des immanquables feux d’artifice bleu ciel. 60.000 supporters complètement en délire. Le foot ici n’est pas un loisir, c’est une philosophie de vie. Une banderole est déroulée en Curva A : « City, bienvenue en enfer ». Un spectacle.

Chapitre numéro 3 : L’entrée sur le terrain

Mazzarri aligne son onze titulaire, ses « titolarissimi » en lesquels il a une confiance aveugle. Morgan De Sanctis, « le pirate », aux cages, devant lui la classique défense à trois napolitaine avec Campagnaro, Aronica et le « vrai » Cannavaro, Paolo. Maggio et Dossena sur les côtes, Inler et Gargano responsables de donner le tempo  au milieu. Devant, logiquement, les trois ténors : Hamsik, Lavezzi et Cavani. De l’autre côté, Mancini choisit d’aligner Dzeko et Balotelli en attaque, supportés par la classe infinie de David Silva. Comme un symbole, le Kùn Aguero, mari de la fille de Diego Maradona, est sur le banc. Roberto n’a pas l’insolence de l’aligner titulaire dans le temple du seigneur du football. Avant de rentrer sur le terrain tous les joueurs du Napoli s’inclinent devant l’effigie de San Gennaro, saint patron de la ville, placée à la fin du couloir qui donne sur le terrain. Une fois sortis des vestiaires, les 22 acteurs sont accueillis par l’ovation des 60.000 du San Paolo.

Chapitre numéro 4 : 49 minutes enthousiasmantes

C’est parti, à un rythme monstrueux. Le ballon ne s’arrête jamais, les protagonistes de la soirée jouent avec une intensité incroyable et le San Paolo se confirme être le cadre parfait pour un match si important. La première occasion tombe dans les pieds du jouer hype du moment, Mario Balotelli, avec une frappe enroulée qui effleure le poteau gauche de De Sanctis. Le stade pousse un ouf de soulagement. Ensuite, c’est un monologue azzurro. Il Pocho est littéralement déchainé et élimine sans difficultés De Jong sur l’aile droite pour offrif un magnifique centre à Hamsik qui n’arrive pas à battre Hart de la tête. Deux minutes plus tard, Lavezzi conclut à côté un magnifique une deux avec le Matador. Le stade s’enflamme, les décibels montent et Mazzarri pousse ses joueurs vers l’attaque. C’est au tour d’Inler de chauffer les gants du gardien de la sélection anglaise d’une frappe des trente mètres. A la  18ème minute, l’impensable se produit : sur un corner de Lavezzi, Cavani coupe la trajectoire du ballon et bat Hart d’une tête au premier poteau. Le San Paolo explose de joie, et Cavani se jette à terre ivre de bonheur. Critiqué récemment pour ses performances en championnat (1 but lors des 6 dernières apparitions), il choisit le match parfait pour faire taire ses détracteurs. La joie napolitaine ne dure qu’un quart d’heure. L’inexpérience d’Aronica à ce niveau coute très cher. Il dégage mal un centre de Kolarov et renvoie le ballon dans les pieds de Silva, qui contrôle, frappe et oblige De Sanctis à une parade de la main gauche exceptionnelle. Malheureusement le ballon tombe dans les pieds de Balotelli qui pousse tranquillement le cuir au fond des filets. 1-1 tout est à refaire. Les napolitains ont senti le coup et n’arrivent plus à remonter le ballon proprement. City conserve la possession avec une facilité insolente et se procure une autre énorme occasion avec Kolarov qui lance un missile sauvé in extremis par la sortie de De Sanctis. C’est chaud. Par miracle, le Napoli réussit à conserver le score de parité jusqu’à la mi-temps. Mazzarri a dû gueuler dans les vestiaires. Ou du moins il a réussi à piquer l’orgueil de ses joueurs qui redescendent sur le terrain avec une grinta incontrôlable. A la 49ème, Lavezzi, toujours lui, déborde sur l’aile gauche et passe un beau ballon à Dossena qui centre en retrait pour Cavani. Du plat du pied droit, le Matador punit un approximatif Hart. 2-1. Incroyable. Une guerre civile explose dans les tribunes. Le grand City des Dzeko, Silva, Aguero, Nasri et compagnie se fait marcher dessus comme un vulgaire Brescia. Les Citizens sont sous le choc, l’énergie de leurs adversaires et la pression du stade sont en train de les mettre K.O. Le nœud de la cravate du Mancio, habituellement impeccable, est légèrement défait : on comprend que même Roberto est inquiet.

Chapitre numéro 5 : 31 minutes de souffrance

« L’enthousiasme est frère de la souffrance» (A. De Musset). On ne peut atteindre le bonheur qu’en passant par le supplice. C’est peut-être pour cela que l’équipe napolitaine décide inconsciemment de ne pas ajouter un troisième but au tableau d’affichage et de souffrir jusqu’à la 93ème minute. Il Pocho humilie Kompany mais, seul contre Hart, se fait hypnotiser par le gardien anglais. Puis Hamsik, suite à une ouverture lumineuse de Cavani, se défait de Kolarov et tape le ballon sur le montant gauche des cages mancuniennes. Enfin, Il Pocho délivre un ’amour de passe à Maggio qui n’arrive pas à placer le coup décisif. « Ces occasions ratées vont couter cher aux napolitains » annoncent les commentateurs anglais. Logique selon la maxime du football italien: « Gol sbagliato, gol subito » (qui manque un but, en encaisse un). Pourtant le Napoli semble vouloir défier même cette loi du ballon rond. City met la pression, mais le onze de Mazzari résiste, résiste et résiste encore. De Sanctis est miraculeux sur Balotelli puis sur Aguero, entré à la 81ème à la place du fantôme Dzeko. Le temps s’écoule lentement, trop lentement. Les Citizens conservent la possession et sont submergés par les sifflets de peur et d’angoisse des 60.000 du San Paolo. La force du désespoir est la seule chose qui tient encore en vie les napolitains, physiquement et mentalement morts après 80 minutes d’une intensité incroyable.

Chapitre numéro 6 : L’apothéose

Dernier centre d’Adam Johnson qui s’échoue vilainement dans les bras de De Sanctis. Le portier renvoie et l’arbitre siffle la fin de la rencontre, ou plutôt la fin de cette fable.  Incroyablement, le petit Napoli, qui était en Serie C jusqu’en 2006, réussit à battre l’armada mancunienne construite à coup de millions d’Euros. Le San Paolo peut enfin délivrer toute sa joie infinie et remercier ses héros. Les joueurs de Mancini rentrent la tête basse dans les vestiaires alors que les napolitains fêtent avec le stade leur triomphe sous les notes de l’hymne du club et de la ville : O’ Surdato ‘nnamorato. Comme le disent les paroles de la chanson, pour les 60.000 tifosi, le Napoli « a été le premier amour, et sera le dernier » (cliquez ici pour voir l’ambiance à la fin du match). Les scooters et voitures commencent déjà à klaxonner dans les rues de la ville. Naples ne dormira pas beaucoup cette nuit…

Les highlights du match : cliquez ici.

Les highlights du match commentés par Raffaelle Auriemma, tifoso inébranlable du Napoli : cliquez ici.

Ruggero