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FT y était : Le sacre du Racing à Avellaneda

Milito Racing Prince

Dimanche soir, avant la dernière journée du championnat d’Argentine, le Racing comptait 2 points d’avance sur River Plate, champion de la Sudamericana ce mercredi. L’Académie de Diego Milito devait donc battre Godoy Cruz à la maison pour mettre fin à une attente de 13 ans. L’histoire d’une soirée qui pourrait bien durer une nouvelle dizaine d’années…

Entre le triplé de 1966-1967 et le dernier titre de champion en 2001, le Racing de Avellaneda avait dû attendre un titre national durant 35 longues années. Une période de souffrance qui aura forgé l’identité d’une hinchada « qui ne changera jamais, peu importe si tu perds ou si tu gagnes », comme dit la chanson. En 2001, le Racing compte déjà Diego Milito dans ses rangs, et remporte enfin le Tournoi de fermeture. Des années en dents de scie, de la seconde à la dix-huitième place, de Diego Simeone à Roberto Ayala, sans jamais réussir à finir premier malgré les vingt-six championnats écoulés. Une attente qui n’aura pas empêché le monde du Racing de s’impatienter ces dernières semaines : River ayant repoussé d’une semaine la dernière journée des deux équipes à la suite de sa qualification en finale de Sudamericana, l’Académie a donc eu le temps de faire, défaire et refaire son monde, tout seul en tête du classement.

Ce dimanche, le Racing est donc venu tôt au stade, pour chasser le vertige et tuer l’attente. Dans les petites rues tranquilles d’Avellaneda, les hinchas dévorent leur choris, dégustent un bout de viande, enfilent les Quilmes et Isenbeck et discutent. Un père tient sa fille de 7 ans par la main : « Écoute mon amour, je veux que tu te rendes compte de l’importance du match d’aujourd’hui. Tu sais, nous, on est catholiques. Mais dis-toi que pour que les choses aillent bien pour nous, on est prêts à se mettre à genou devant n’importe quel Dieu aujourd’hui. Vraiment n’importe lequel, ok ? » Entre football et religion, la gamine sourit timidement et se dirige vers le stade. À plus de deux heures du coup d’envoi, toutes les tribunes sont déjà pleines à craquer. En attendant le match et la nuit, les chants montent et descendent passionnément.

maillot Milito Inter Racing

Le but concret de Ricky Centurión le fantaisiste

Très attendu, le traditionnel recibimiento donne son lot de frissons, entre fumée bleu et blanc, papiers volants comme des âmes ivres et jeux de lumières. Mais après quelques secondes de jeu, lorsque l’arrière droit Ivan Pillud remet mollement une tête en retrait vers son gardien El Chino Saja, le Cilindro d’Avellaneda réalise la portée de l’événement. Les chants et le soutien sont vite remplacés par les bruits et l’angoisse. Et quand le gardien adverse prend son temps dès le premier dégagement, c’est de la colère qui tombe des gradins. Si tout le stade est debout, l’enjeu rend le jeu sourd, et le Racing semble attaquer avec des œillères. Si le Cilindro est venu pour une célébration, il ne semble pas préparé à la guerre : il faut quelques minutes avant de voir la magnifique arène porter les siens. Malgré trois énormes occasions, dont une sorte d’aile de pigeon de Milito, les acteurs rentrent aux vestiaires à 0-0. La bonne nouvelle, c’est que River n’a pas marqué contre Quilmes.

La seconde période démarre sur le rythme des dribbles de Ricardo Centurión. Joueur fantaisiste ayant raté son passage en Europe au Genoa, Ricky réunit tous les traits du football argentin de notre époque. Défiant la terre entière sur chacune de ses prises de balle, l’ailier portant le numéro 10 est aussi infatigable qu’irritant. Après un contrôle acrobatique d’une esthétique indéniable, Centurión s’emmêle les pinceaux et perd un nouveau ballon. Il agace le public, mais se bat, récupère, fait une touche de trop, enrage, perd à nouveau la balle et parvient finalement à la tacler in extremis vers Milito. Décalage vers Gastón Diaz, qui centre au second poteau. Là, bien au-dessus de ses pieds capricieux, Centurión catapulte le ballon de la tête. Le Racing mène donc 1-0, porté par la pureté d’un coup de tête qui fait grossièrement contraste avec les paillettes des numéros du cascadeur. Le Racing recule, et à dix minutes de la fin, Milito offre un but injustement refusé au Demonio Hauche, autre figure de la saison. Au coup de sifflet final, la joie explose des gradins et les larmes coulent dans toutes les tribunes, autour d’une pelouse envahie de joie.

Racing champion

Diego Milito : passé, présent et futur

Le Cilindro rugit jusqu’à minuit passé : Milito est porté, les joueurs grimpent sur la transversale du but sous leur virage, et le titre est célébré sous les notes de Gustavo Cerati, célèbre chanteur hincha du Racing décédé pendant la saison. Diego Milito a finalement le mot de la fin : « J’étais revenu avec un rêve. Et voilà que sans avoir eu le temps de m’en rendre compte, Racing est de nouveau champion. » Feux d’artifice et chaleur sincère pour un règne qui est celui d’un groupe construit en moins de quatre mois. Quatorze nouveaux joueurs, dont neuf titulaires, et un nouveau coach, tous arrivés entre juillet et août. C’est aussi la victoire de l’éphémère : dans ce championnat argentin hystérique, le club qui a tout changé a trouvé le temps de progresser plus vite que les autres. Mais ce règne, c’est surtout celui d’un Prince. En 2001, Diego Milito était un futur. Un attaquant intelligent qui préférait lancer les attaques plutôt que les finir. Après une carrière de buteur de surface en Italie et en Espagne, il était revenu avec l’ambition de devenir une idole du club de sa vie. « Le Racing, c’est ma vie », répétait-il. En 2014, Milito devait donc démontrer qu’il était encore un présent, en plus de son immense passé. « Un nom ne fait pas un joueur », disait-il en arrivant. À en croire le nombre de numéros 22 volant dans Avellaneda dimanche soir, et les ovations suivant chaque prise de balle du buteur réinventé en meneur de jeu, la principauté de Diego semble même avoir un futur, à 35 ans : la Libertadores.

Si l’intérieur du stade était préparé, le reste du quartier ne l’était pas du tout. Alors que les joueurs avaient donné rendez-vous à l’Obélisque, au milieu de l’avenida 9 de Julio, dans le centre de la capitale, les hinchas se rendent vite compte qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour s’y rendre. Il est plus de minuit, les rues sont bloquées, les taxis ont disparu, les bus sont trop petits. Alors, des milliers de supporters de l’Académie perdent leur bon sens et partent à pied. « Un cortège de champions », disent certains. « Une bande de fous », pour le propriétaire d’un kiosque, qui poursuit : « On est dimanche soir, personne ne bosse demain ou quoi ? » Car entre le stade et le monument, iln’ y a pas moins de 7,8 kilomètres de marche sur le bord d’une autoroute… Les images font penser à un exode heureux : les femmes portent les bébés, les hommes ont les enfants sur les épaules, et tout le monde avance joyeusement, guidé par les chants, pétards et klaxons des voitures, scooters et camions qui s’engagent également vers le Nord, embarquant avec eux un maximum d’hinchas. Alors que le reste de Buenos Aires dort déjà, le convoi rêve éveillé. Et fatigue.

Santiago socio Racing

L’histoire du périple de Santiago

Au bout d’une heure et demie de marche, entre la sortie vers Constitución et celle de l’avenida del 25 de mayo, aux alentours de deux heures du matin, un vieil homme boîte et ralentit le peloton. Tout en survêtement et baskets compensées, Santiago a 70 ans et sort de sa poche son bien le plus précieux : la carte de socio « Noces d’or », que seuls les socios ayant été fidèles plus de cinquante ans détiennent. Mais pourquoi marche-t-il seul ? « Je devais retrouver ma femme après le match. Mais quand j’ai vu le bordel qu’il y avait, j’ai vite compris et je me suis mis à marcher. Et me voilà encore là. Il est quelle heure, au fait ? » Boitant, mais « pas fatigué », l’homme aux cheveux blancs profite du périple pour raconter ses cinquante et une années de « mariage officiel » avec son Racing : « Lorsque j’avais 5 ans, en 1950, mon père m’a emmené au Cylindre pour l’inauguration du stade. Pour le titre de 1951, j’étais là. En 58, aussi. En 66, pareil. En 67, pour la Libertadores contre Nacional, j’étais là. Pour la Coupe du monde la même année, contre le Celtic, j’étais à Montevideo pour voir le but d’El Chango. Pour la Sudamericana en 88, j’étais là. Et en 2001, j’étais encore là. J’ai tout vu depuis le début de l’ère professionnelle. Et me voilà ici, en plein milieu de cette route, en 2014. Cela fait beaucoup de titres, mais malheureusement, je pense que c’est mon dernier. » Noces de champions.

Markus, au Cilindro à Avellaneda (Buenos Aires)

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Article publié le 16/12/2014 sur SOFOOT.com

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On a vécu le Superclásico à la Bombonera

Choc des planètes

Jeudi soir, une Bombonera spectaculaire accueillait River Plate pour la phase aller de la demi-finale de Sudamericana, la Ligue Europa locale. Un Superclásico fait de bruits, de sensations et de couleurs plus que de jeu, qui aura permis d’évaluer le moment spécial que vit cette rivalité exacerbée. Comme le dit Tata Martino, « le football argentin est apocalyptique. Il est hystérique, tricheur, truqueur. L’esthétique est méprisée. Le résultat cache tout. » Jeudi, à Buenos Aires, le 0-0 l’a plutôt mis en évidence. Passion, peur de perdre et choc de planètes.

En ce jeudi d’un mois de novembre qui cherche le début de l’été à Buenos Aires, le Superclásico commence aux alentours de neuf heures du matin dans un wagon de la ligne du métro reliant le quartier de Palermo au Centro. C’est la rencontre entre un supporter de Boca au maillot violet, qui déguste la fin d’une brique de lait probablement peu écrémé, et un clochard ayant l’écusson de River tatoué sur le bras, assis sur une chaise volée dans un café, en plein milieu du wagon. La suite est folklorique : chants vigoureux, coups de poing virtuels et belles paroles. « Mon pauvre, t’es descendu encore plus bas que la B… », dit le bostero, à qui l’ivrogne répond : « T’as rien compris, l’indien. Le match commence dans 10h ! »

À peu près sept heures plus tard, la Chevrolet de Marcelo, taxi et hincha de Boca, déboule vers le sud de la capitale, mais refuse de s’avancer : « Ce match, je l’ai senti toute la journée dans mon pauvre bide. Mais plus les années passent, plus j’ai appris à prendre les précautions. Je ferme ma bouche et je fais confiance. » Cette saison, c’est-à-dire ce semestre, River joue avec ses pieds tandis que Boca joue avec son bassin. Un classique : le palet footballistique raffiné de la bande rouge, et l’esprit guerrier des Génois. Pourtant, Boca semble bien plus confiant à l’idée de disputer ce match. « De toute façon, quand les deux équipes jouent sur deux planètes différentes, comme ce semestre, le Superclásico dérègle le système solaire et fait en sorte qu’elles se rencontrent violemment l’une contre l’autre quoi qu’il arrive », poursuit Marcelo. Une histoire de pression : que ce soit une demi-finale, un quart ou un huitième, une victoire est une élimination du rival absolu et donc l’équivalent d’un titre.

« La dernière fois, c’était pour Román »

À deux rues, la Bombonera s’élève majestueusement, avec ses airs de jouet pour adultes. Alors que toutes sortes d’hinchas défilent, des familles aux hommes en costume, en passant par un gang de filles en leggings, deux personnages font contraste : un gorille tatoué effrayant, et Ernesto. Vieil homme moustachu en chemisette, au bob bleu et jaune et au dos courbé, il a interrompu la lecture de son journal pour regarder la foule rêveuse : « Non, ça fait des années que je ne vais plus au stade, je laisse ça pour les jeunes. La dernière fois, c’était pour Román. Mais je passais par là, et je voulais sentir l’odeur du match. D’habitude, tu remarques les habitués qui ne se rendent plus compte de leur chance, et ceux pour qui c’est la première fois. Mais là, tout le monde est excité. Moi, je préfère me préparer comme ça que devant ma télé. » À l’intérieur de la boîte de bonbons, les deux virages sont remplis dès 18h30. Mais les deux sont bleu et jaune. Depuis que la barra brava de la Boca a décidé de régler ses différends, l’Argentine a pris la décision difficile de bannir les supporters visiteurs. « C’est vrai qu’on a l’impression de s’exciter tout seuls parfois, tout a changé. Avant, il s’agissait d’effrayer les gallinas (les poules, un surnom de River, ndlr), aujourd’hui on se concentre pour faire trembler leurs joueurs. Et ça, c’est facile franchement… » dit un vendeur de choripán aux airs de pirate. En cet avant-match, tout tourne autour de la pression, de la peur et de la façon de prendre River à la gorge.

« Papa ? C’est ça, être bourré ? »

La Bombonera aiguise ses couteaux en rigolant, comme un bateau pirate se préparerait avant de partir à l’abordage. Mais pourquoi tant de confiance alors que, footballistiquement, River surclasse son rival depuis un an ? « Boca, nous, on a un esprit d’équipe de coupe. Les matchs au couteau, on connaît. En revanche, River n’a jamais été à l’aise dans ce genre d’affrontements. Regarde, ils ont gagné plus de trente championnats, mais seulement deux Libertadores. En 2004, la dernière fois, au match retour on a senti qu’on marchait sur un fil avant le but de Carlitos (Tévez). Mais les tirs au but, ils étaient pour nous, c’était écrit ! » raconte un journaliste bostero de Mar del Plata en jubilant. Dans le programme officiel, River est même présenté comme « une équipe fatiguée et pleine de doutes ». Alors que la presse a droit à l’autre football argentin, c’est-à-dire un Defensa y Justicia qui accueille Newell’s devant 3000 courageux, la Doce (la barra de Boca) chauffe l’atmosphère. Dès qu’un uniforme rouge s’aventure sur la pelouse, il est reçu par des « vos sos de la B ! » (ta place est en D2, en VF, ndlr). L’ample répertoire de chants est ensuite repris : une nouvelle version de la chanson « Décime que se siente » : « T’es parti en deuxième division – t’as brûlé le Monumental – cette tache ne s’effacera jamais », et notamment un efficace « vous montez, vous descendez, on dirait un ascenseur ! » Enfin, l’ascenseur émotionnel se met en marche à cinq minutes du coup d’envoi pendant l’entrée des joueurs. C’est le moment que choisit la Bombonera pour faire exploser ses lumières, pétards et feux d’artifice. Les papiers volent dans tous les sens, les chants s’emportent et le spectacle est cosmique. Alors que le stade revient sur terre, un gamin demande à son père : « Papa ? Je me sens tout bizarre. C’est ça, être bourré ? » Ivre d’excitation, d’adrénaline et d’envie d’en découdre.

Boca-River

Un bateau pirate et les extérieurs de Gago

Comme il fallait s’y attendre, Boca commence son match à toute vitesse. Des crochets de Martinez, deux bons ballons d’un Gago qui semble dans un bon jour et une série de duels gagnés. Pour souffler, Vangioni découpe Martinez par derrière au bout de quatre minutes, au prix d’un petit jaune. Le stade explose. Alors que River a pris l’habitude de développer le football le plus fin du pays, à partir de relances au sol et de triangles, la tension est telle que lors des vingt premières minutes, Marcelo Barovero, gardien et capitaine, dit à Jonathan Maidana de laisser tomber : dégagements, dégagements et dégagements. Sur le côté, un petit Gallardo s’excite et crie comme il peut, mais ses joueurs ne l’entendent pas. Ah, si seulement il avait réalisé une performance guardiolesque dans ce stade… Mais la hinchada de Boca n’est pas surnommée la Doce pour rien. Comme nulle part ailleurs, le stade est acteur de la rencontre : aucune communication possible entre Gallardo et ses hommes, ni même entre les joueurs eux-mêmes. La Bombonera leur a bandé les yeux et bâillonné les bouches. À la dixième minute, quand « El Comandante » Chávez – le meilleur joueur de Boca cette saison – attaque la défense de River, celle-ci tremble et dégage loin. Côté bleu et jaune, Boca propose un football d’intensité interrompu par quelques gestes de rue, notamment les extérieurs de Gago.

Mais surtout d’intensité : les duels sont violents, les coups d’épaule renverseraient Barcelonais et Madrilènes, et certains tacles sont bien trop dangereux. Au milieu de tout ça, les joueurs ne s’arrêtent jamais : le football argentin à son paroxysme, c’est-à-dire un football sans souffle, vertical au possible, impatient et hystérique. En fait, si les places ont atteint des prix ahurissants (à partir de 400 euros au marché noir), c’est peut-être parce que ce match ne peut s’apprécier qu’à l’intérieur de l’enceinte, tant le jeu semble pauvre à la télévision. À la 30e, Martinez doit finalement sortir, alors que Vangioni est bien sur la pelouse. De son côté, Pisculichi tente quelques jolis gestes, en vain. Avant la mi-temps, une embrouille générale éclate après une faute de Ponzio, qui n’aura jamais réussi à remplacer le jeune Kranevitter. À la mi-temps dans les toilettes, les commentaires sont pessimistes : « Tout ça, ça ne fait que montrer que Boca n’a rien, rien, rien. Au moins, River a des joueurs, quoi. Pisculichi, Teo, eux, ils peuvent faire quelque chose. » Mais ces joueurs sont surtout sans jus : alors que Boca a pu se reposer en championnat, River joue toutes les compétitions en même temps, et se déplace dès ce dimanche dans le Cylindre du Racing, son poursuivant direct en championnat…

Beau jeu et pression

À ce jeu-là, celui de la force et des ballons qui volent, certains se font héros : c’est le cas de Funes Mori, géant central de River, et puis César Meli, milieu supersonique de Boca qui court dans tous les sens. Deux minutes de reprise, et Gago s’envole sur un tampon de Carlos Sánchez (qui aura semblé omniprésent après avoir joué 45 minutes pour l’Uruguay mardi soir, comme quoi). Mais le Cinco se relève aussitôt, malgré le manque de jeu. Ce n’est pas un problème d’espace, c’est un problème de pression. La peur de perdre, et donc de voir l’autre gagner, est tout simplement plus grande que le talent des vingt-deux acteurs. La question serait de savoir lequel de ces deux éléments est le plus disproportionné : le talent ou l’intensité de la rivalité ? Dans un tel contexte, est-ce que le Barça de Guardiola aurait pu faire danser le Real de Juande Ramos en 2009 ? Qui sait. Toujours est-il que River refuse d’essayer de jouer, par peur et fatigue, alors que Boca joue comme toujours, en lâchant les fauves, mais sans Juan Roman Riquelme pour les guider, mener et faire briller. Si seulement River avait joué, Boca aurait pu se lancer dans ses transitions rapides menées par son Comandante Chávez. Un homme qui, à l’image de Luis Suárez, n’attend jamais la cavalerie pour partir au combat.

Malgré l’entrée du Puma Gigliotti, malgré les penaltys qui auraient pu être sifflés et les tacles par derrière non sanctionnés, ce sera un 0-0 pour ce match aller. « T’avais pas de rouge sur toi ? » ira demander Arruabarrena à l’arbitre Trucco à la fin du match. Pendant le match, le public craint toute passe en retrait : « Nooon, pas ça ! » et « Ne joue pas là, carajo ! Pourquoi tu te mets à jouer près de ta surface ?! » Mais au coup de sifflet final, il ne se gêne pas pour déplorer le mauvais football : « Boca n’a pas encaissé de but à la maison, et River n’a pas perdu. Mais nous, on doit être contents ? » peste un père de famille dans les escaliers bondés qui recrache tout le bleu et jaune de la ville. Un journaliste se retourne une dernière fois vers la pelouse avant de partir : « Pardon, football ». Mais derrière les râleurs et les mélancoliques, les autres semblent avoir parfaitement assumé le fait d’avoir fait de cette rivalité quelque chose de plus qu’un match de football, et de ce sport quelque chose de plus qu’un « jeu ». Eux, ils attendent le retour sans exiger beaucoup plus. Ils savent bien que lorsque deux planètes se rencontrent, le résultat ne peut être autre chose qu’une explosion cosmique.

Markus, à la Bombonera

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Article publié le 21/11/2014 sur SOFOOT.com

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On a vécu la défaite argentine à Buenos Aires

Argentina

Hier après-midi, Buenos Aires a beaucoup rêvé de sa soirée, de ce match, d’une victoire et des couleurs qu’auraient pu avoir les prochaines années… Hier après-midi, l’Argentine pouvait devenir championne du monde. Une troisième étoile attendue depuis 28 ans. Mais après une nuit de pleurs, de chants et d’incidents, la finale a laissé place aux regrets. Car si le parcours fut beau, ici on n’oublie pas Carlos Bilardo : « Le football est joué pour gagner… Les spectacles sont bons pour le cinéma, le théâtre… Le football, c’est autre chose. Certaines personnes confondent !»

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FT y était – On a dit adieu à Javier Zanetti

Hommage a  Javier Zanetti

Samedi soir, Milan disait « Grazie » à trois de ses héros : Javier Zanetti, Diego Milito et Walter Samuel. Trente-quatre années d’Inter à eux trois. Dix-neuf saisons pour le seul Javier. Les supporters, les ultras interdits de stade, les vieux messieurs qui ont longtemps cru ne plus jamais voir le sommet, les petits garçons qui n’ont pas connu les années difficiles, et les Milanistes respectueux et même admiratifs devant un tel monstre sacré du football. Tout Milan, donc. Une journée, un match, une fête, une victoire, une cérémonie officielle et une autre cérémonie, minuit passé, avec les ultras. Samedi, c’était soirée Zanetti. Continuer la lecture

FT y était : Le Derby de Milan

Le tifo de la Curva Nord

Chaque derby a ses histoires, chaque derby pourrait faire un livre. Hier soir, c’était celui du retour de Balotelli et des prouesses de Handanovic. Un derby marqué par le froid, la neige, les élections, la domination du Milan et l’ambiance électrique d’un San Siro éternel. On y était, dans le cœur de la Curva Nord. 

Le bleu contre le rouge, la gauche contre la droite, les Moratti contre les Berlusconi. Au milieu, Balotelli, Cassano, Pazzini, Muntari… Entre joueurs volés, coups-bas et baisers cachés, le Derby de la Madonnina a une saveur médiévale et chevaleresque. Un derby unique, fait d’intrigues, trahisons, fausses alliances et stratégies obscures. Des siècles d’histoire populaire milanaise regroupés en quatre-vingt dix minutes, dans un stade, toujours le même, San Siro.

La neige, le froid et les élections

On oublie souvent que Milan est au pied des Alpes. Une cité plus autrichienne que sicilienne, et donc du froid et de la neige en ce weekend de Derby et d’élections. Toute la semaine, les discussions ont tourné autour de Grillo, Monti, Berlusconi et le flou politique qui pèse sur le pays. Ce dimanche matin, entre les flocons, la lecture de La Gazzetta et un marrochino, Milan est donc allé voter. Enfin, une partie de Milan. L’autre était au Duomo, dans les trente mètres de queue des boutiques des deux clubs, ou alors dans la nouvelle boutique sportswear de Marco Materazzi et Stefano Mancinelli (capitaine de la sélection italienne de basket), superbe temple de la culture sneakers et hommage à Michael Jordan. Dans le métro qui mène au stade, l’Inter Club de Bari se perd et demande des indications à l’Inter Club Albania. FC Internazionale, forcément. Autour de l’enceinte, milanistes et intéristes se côtoient sans aucun problème, malgré les mauvaises relations des deux Curve. Le calme règne….

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Balotelli vs Zanetti

Article écrit par Faute Tactique sur SOFOOT.com le 25/02/2012.

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