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Neymar, trop rapide pour le destin ?

Neymar Zuniga

En club, la carrière de Neymar poursuit son chemin vers des sommets aussi inconnus que glorieux. En sélection, Neymar va encore plus vite. Mais après la blessure du Mondial 2014, la suspension de la Copa América ressemble à un nouveau coup du destin placé pour ralentir sa course effrénée. La prochaine fois, saura-t-il éviter le tacle ?

Il allait à toute allure, conduisait avec maîtrise et imprudence, ne se souciait de rien et jouait avec les pieds relâchés. Jusqu’à son expulsion contre la Colombie, la carrière de Neymar en sélection ressemblait aux débuts tonitruants d’un chanteur de country à l’ascension irrésistible, ou alors à celle d’un pilote de Formule 1 aussi fougueux que talentueux. Un prédestiné battant tous les records, aux airs d’un prince n’ayant pas besoin de couronne pour se comporter comme un roi. Au lendemain de sa leçon de football contre le Pérou, le numéro 10 affichait le bilan suivant pour la Seleção : 44 buts et 25 passes décisives en 64 sélections, à 23 ans.

Et Neymar ne se contentait pas d’aller vite. Il accélérait. Sur ses 24 dernières apparitions en jaune, l’attaquant avait marqué 20 fois et donné 10 passes décisives. De quoi faire croire qu’en 2015, à l’heure des difficultés – relatives – de Messi et Cristiano, il existe encore des « joueurs de sélection ». Ces types qui, à l’heure d’écouter un hymne, de jouer pour leurs proches et d’affronter les médias locaux et le jeu fermé, n’ont peur de rien et grandissent sous la pression. Seulement, un ennemi n’a pas besoin de faire peur pour te faire chuter.

Jamais de sa faute ?

Pourquoi le destin ? Parce que lorsque le navire brésilien a sombré, Neymar n’était jamais sur le bateau. Lors de la Copa América 2011 en Argentine, le joueur de Santos a 19 ans. Aux côtés de Ganso, Pato et Robinho, le numéro 11 est élu homme du match contre le Venezuela, puis marque un doublé contre l’Équateur. En quart de finale, le Brésil s’enlise dans un 0-0 et s’incline aux tirs au but contre le Paraguay. Mais Neymar est sorti à la 80e minute, remplacé par Fred, qui manquera d’ailleurs son tir au but. Lors de la Coupe des confédérations 2013, Neymar porte enfin le numéro 10 de Pelé. Cinq matchs et cinq victoires toutes marquées par son habileté à se montrer décisif : un bijou contre le Japon, une reprise de volée du gauche contre le Mexique, un coup franc contre l’Italie et ce missile du gauche dans la lucarne de Casillas. Neymar est élu meilleur joueur du tournoi et rêve d’une autoroute vers le sacre du Mondial l’été suivant.

La Coupe du monde arrivée, Neymar ne perd pas le rythme : deux doublés d’entrée de jeu contre la Croatie et le Cameroun, une passe décisive contre le Chili, puis une autre contre la Colombie… Et là, le destin intervient encore. Après le remplacement non désiré, voilà la blessure. La vivacité du 10 ne suffit pas pour éviter le genou de Zúñiga, et Neymar se fait faucher par le destin. Si la Seleção se qualifie, elle tombera d’encore plus haut contre l’Allemagne en demies. Et évidemment, Neymar ne fera pas partie de la catastrophe : même quand le Brésil connaissait la plus grande déconvenue de son histoire, Neymar, blessé, en sortait avec quelques centimètres de plus dans l’histoire de la Seleção. Un an plus tard, la Copa América chilienne était un périlleux chemin fait de souvenirs pénibles et d’une revanche improbable.

Et maintenant ?

Après un chef-d’œuvre contre le Pérou – but, passe décisive et bien plus – la Colombie de Zúñiga se dressait encore face au 10 et ses coéquipiers. Là encore, le destin est intervenu. En trois temps. D’une, Neymar apprend le jour même que la justice espagnole a ouvert une enquête pour « escroquerie » autour de son transfert au Barça. Interrogé sur la question, il dira que ça ne l’a pas affecté sur le terrain. De deux, à la 43e minute, l’arbitre siffle une main de Neymar et sort un carton jaune. La main est indiscutablement involontaire. De trois, la Colombie joue son jeu à merveille pour limiter la vivacité du 10. Jeu rugueux, provocations, vieux démons. C’en est trop pour Neymar, qui réagit. Plusieurs fois. Un dégagement pour rien dans la joie victorieuse d’Armero. Un coup de tête pour rien dans le fier torse de Murillo. Et des insultes pour rien envers l’arbitre. De l’absurdité, des nerfs et un rouge. Cette fois, Neymar a mérité son absence du terrain. Mais toujours est-il qu’il n’était pas sur le terrain pour jouer contre son destin face au Paraguay en quarts de finale.

Ainsi, Neymar est tombé au moment où il était le plus haut. Trois jours plus tôt, il avait sauvé son pays au milieu d’une embuscade péruvienne. Un but, une passe décisive et une démonstration de l’infinité de ses possibilités. Dix jours plus tôt, il avait gagné un triplé sensationnel avec le Barça, marquant en finale de Ligue des champions. Finalement, sa suspension l’a privé de deux matchs de Copa América et l’écartera des terrains pendant deux nouvelles rencontres de la CONMEBOL. A priori, maintenant que l’élimination est digérée, cette suspension ne changera rien à la course de Neymar. Après deux matchs d’absence, le numéro 10 remontera son col et viendra une nouvelle fois jouer pour son pays avec la maturité d’un vétéran. Mais il est toujours plus difficile de se remettre sur le circuit après un choc à toute vitesse. Et Neymar allait très vite après son tour de piste contre le Pérou. Verdict : cette Copa América a laissé des traces chez tout le monde, aussi bien chez Messi, Neymar et même Suárez, qui a souffert devant son grand écran. L’organisation d’une immense revanche en l’honneur du centième anniversaire de la compétition aux États-Unis en 2016 semble plus que jamais une belle idée. Qui sait si les crochets supersoniques du Brésilien suffiront cette fois pour dribbler les tacles du destin. Vexé, Neymar choisira probablement le coup du sombrero.

Markus

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Article publié le 09/07/2015 sur SOFOOT.com

Lève-toi et cours, Messi !

Messi final

Difficile de juger la Copa América de Leo Messi, voire même sa carrière sous le maillot de l’Albiceleste. Dans l’ombre de Diego Maradona, sous ce numéro 10 qui pèse tant, la capricieuse Argentine ne lui pardonne rien. Mais le football offre toujours des revanches. Si Messi a déjà 28 ans, le niveau de gloire de son passage dans les traces de Maradona sera déterminé par ses prochaines réussites. Ou ses futurs échecs.

Assis au milieu de la pelouse de l’Estadio Nacional sous son lourd numéro 10, Messi a arrêté de courir après deux heures d’efforts et un tir au but marqué pour son pays. La bête est calme, elle a l’air abattue, dépitée. Deux gamins chiliens plutôt curieux s’approchent alors. Le premier ne semble pas comprendre l’état de frustration du meilleur joueur au monde. Il regarde ses crampons comme s’ils étaient deux lingots d’or, le prend en photo et, dans un état d’euphorie logique, pense à ce que diront ses amis quand ils sauront. Le second, lui, porte un regard inquiet. Il observe son héros d’un air sceptique, et semble se demander comment Messi peut-il être triste. Rien ne peut être grave pour Messi, se dit-il. Pourquoi ne se lève-t-il pas pour jouer ou retrouver les autres ? Le petit, qui a dû observer Messi des centaines de fois à la télévision et dans ses magazines préférés, ne reconnaît pas l’homme qu’il voit. Comment un héros peut-il être malheureux ? Ce n’est pas « un » match qui va tout changer, si ? Là, le petit se souvient furtivement du coup de genou de Medel et se fait une raison : si Messi le super héros est triste, c’est parce qu’il doit avoir mal au ventre.

Après avoir perdu une finale il y a quelques années, Messi aurait peut-être enfilé son air le plus innocent, filé aux vestiaires et fait une sieste. Mais le 10 a vieilli. « Messi est celui qui ressent le plus de frustration », a admis Lavezzi. On grandit dans les échecs, dit-on. Pendant sa carrière, Messi en a connu peu. Mais après une deuxième finale perdue en deux ans, la dose a suffi. À 28 ans, Messi est touché. Il voit bien qu’il a déçu tout le monde. Il est bien conscient qu’il ne pourra éviter les débordements des débats entre les pro-Messi et les anti-Messi. Et il sait bien que de toute façon, on ne maîtrise rien dans la défaite. Surtout lui, dont le nom a été approprié par la planète entière. Quelques minutes plus tard, Messi se relève, va chercher sa médaille sans même enfiler son survêtement officiel, puis rentre chez lui. Et ensuite ?

Messi a-t-il un rendement vraiment différent entre le Barça et la Selección ?

Le tableau présenté dans toutes les cafétérias de Buenos Aires est noir et blanc. Messi a marqué 10 buts pour le Barça en C1 et n’a pas réussi à marquer un seul but dans le jeu pour son pays lors de la Copa América. Un penalty, contre le Paraguay, en poule, et c’est tout. À côté de ça, il est dit que Messi dribblerait moins, tirerait moins, jouerait moins. Heureusement, ça ne suffit pas pour construire une analyse décente. Comparons ses statistiques au Chili avec ses productions dans la dernière Ligue des champions. Tirs par match : 4,3 en C1 contre 4,5 en Copa América. Dribbles réussis par match : 7,1 en C1 contre 7,2 en Copa. Passes-clés par match : 2,5 en C1 contre 2,3 en Copa. Messi n’aurait pas couru en finale ? Il a récupéré 5 ballons d’après Olé. Et puis, il a créé les deux seules occasions de l’Argentine, marqué son tir au but et provoqué les cartons jaunes de Diaz et Medel. De l’autre côté des Andes, Jorge Valdivia a été acclamé par les Chiliens : dans tout le tournoi, le numéro 10 a créé 15 occasions et réussi 147 passes dans le dernier tiers. Messi, lui, n’a réussi à créer « que » 14 occasions et a réussi « seulement » 143 passes dans le camp adverse. Dans les deux catégories, il est classé deuxième de la compétition. Dans celle des dribbles réussis, il est largement leader avec 43 pirouettes réussies. La suite de l’analyse des statistiques classiques peut se poursuivre sans discerner la moindre différence cruciale, à part sur une ligne.

Là, au milieu des gestes individuels et de l’influence collective, un élément jauge la réaction adverse : le nombre de fautes subies par match. Messi a subi 2,5 fautes par match en C1, contre 4,7 en Copa América. Cela va du simple au double. D’où une différence fondamentale, qui concerne l’ambiance, le climat, la tension, l’intensité. En Copa América, Messi a joué à un football sud-américain qu’il ne connaît pas si bien. La finale en a été le meilleur exemple : le 10 a subi 9 fautes, si bien que chacune de ses tentatives intéressantes a été arrêtée par une faute tactique préméditée. Compte-t-il sur trop peu de vécu en Argentine pour s’habituer ? Messi est-il trop faible pour surpasser cette adversité, ou la défense chilienne a-t-elle tout simplement été trop bien pensée ? Agüero a joué trois ans pour Independiente, et il ne s’est pas montré au même niveau qu’avec City pour autant. Pour conclure cette analyse des faits, il faut les mots d’un grand amoureux des idées, à savoir César Luis Menotti : « Mettons les choses au clair une bonne fois pour toutes : une symphonie ne se fait pas toute seule avec un piano génial. Il faut des violons et des instruments à vent. Il faut tout un orchestre. L’Argentine n’a pas fait une bonne finale. Et Messi non plus. Néanmoins, quelques jours avant, contre la Colombie et le Paraguay, on a bien joué. Et Messi aussi. C’est pour ça qu’il ne faut pas dramatiser. »

Quand les idées populaires écrasent les faits confidentiels

Il y a les faits d’un côté, et les idées de l’autre. Et malheureusement pour l’honnêteté intellectuelle de certains, les deux comptent autant aujourd’hui. Parce que dans un an, les faits auront probablement laissé leur place aux idées les plus puissantes, ou du moins les plus convenues. Le lendemain de la défaite, certains journalistes argentins n’ont pas eu peur de courir dans le sens du vent. S’ils avaient regardé derrière eux, ils se seraient rendus compte qu’ils étaient poussés par une frustration rageante. Leo Farinella, directeur du quotidien Olé, a été le plus rapide dans sa chronique : « Soyons une équipe qui ressemble plus à Mascherano. Le capitanat a visiblement été mal choisi. Le meilleur joueur du monde n’est pas capable de nous représenter dans les grands moments. Hier, sa prestation a été scandaleuse. On peut parfois rater des matchs, mais on ne peut jamais se permettre de marcher et d’être absent alors que les coéquipiers mouillent le maillot. Être le meilleur ne donne pas seulement des droits. Il exige aussi des devoirs. (…) Il nous a manqué quelque chose devant. Il nous a manqué Messi. » Quand la frustration domine, la solution la plus évidente est parfois de pointer du doigt la différence.

Or, par rapport à tous ses coéquipiers, des populaires Mascherano, Lavezzi et Tévez aux plus discrets Zabaleta, Biglia et Garay, Messi est différent. Il vient d’une autre planète, a grandi sur un autre continent, et joue à un niveau supérieur. Alors, tout comme la police de Gotham City a longtemps désigné Batman coupable de tous les maux de la ville, Olé a choisi de montrer Messi du doigt pour éviter de se poser les bonnes questions. Celles d’un football argentin qui ne marche pas droit, celles d’une sélection qui a pris le bon chemin, mais qui continue à perdre. Heureusement, toute l’Argentine n’a pas réagi de la même façon. D’une part, l’ensemble du monde du football a soutenu la Pulga. Cvitanich lui a écrit une lettre ouverte : « Tu as mis la barre si haut que parfois on oublie que tu viens de cette planète. » Matias Almeyda s’est exprimé : « C’est le meilleur joueur au monde et il n’a pas le traitement qu’il mérite. Un jour, il ne va plus revenir pour jouer avec la Selección. » Veron, qui avait été victime d’un traitement similaire en 2002, a averti : « Ce n’est pas pareil de critiquer et de dénigrer. » Et Menotti s’est inquiété : « Qu’ils prennent soin de Messi, sinon on ne jouera pas le prochain Mondial », tout comme son rival idéologique Bilardo : « Qu’est-ce qui l’oblige à rester ? » D’autre part, une partie du peuple argentin qui se sent concernée s’est manifestée sur les réseaux sociaux et a soutenu son 10, avec notamment le hashtag #SinMessi. À Buenos Aires, si Messi enflamme les cafétérias, les petits qui marchent devant continuent à porter le 10 du joueur du Barça.

Mythologie et Maradona

Messi, lui, va continuer à courir avec le ballon (et marcher sans). Il est difficile de se cacher du vent, parce qu’il n’est pas guidé par la raison. Alors, Messi va devoir courir beaucoup et vite. Mais un œil froid, dans le futur, pourrait aussi voir toute cette agitation comme de la bêtise légère, si l’Argentine venait à remporter la Copa América 2016 et/ou le Mondial 2018. On dirait alors que Messi était en train de progresser graduellement. Après tout, il avait été contesté en Europe et avait fini par humilier aussi les défenses anglaises et italiennes. Il est aujourd’hui contesté avec l’Argentine, et il finirait par dominer le reste du monde ? Comment ne pas croire à son talent ? Du fait de cette foi, rien n’a été dit jusqu’à la finale. Avant le 4 juillet, Messi pouvait encore réaliser un tournoi international maradonesque. Il aurait suffi d’un but. Il aurait même suffi que Lavezzi transforme la passe du 10 en passe décisive. Il aurait suffi qu’Agüero marque de la tête sur son coup franc. On aurait alors transformé le récit, et la compétition de Messi aurait été digne des douze travaux d’Hercule. Les choses auraient été mises à leur place. Mais aujourd’hui, elles flottent encore dans l’air, et personne ne sait comment en attraper les raisons. Peut-être que Messi, au contraire de Maradona, n’est pas habitué à évoluer avec une équipe normale à ses côtés. Mais il compte plus de 100 sélections, déjà plus que Diego. Peut-être que Messi reçoit un traitement trop dur de la part de ses adversaires, comme en finale. Mais qu’en est-il du traitement que recevait Maradona ?

Revoir les images de Maradona en 1986 est riche d’enseignements. Et si Burruchaga n’avait pas marqué sur la passe de Diego à la 84e minute ? Maradona avait joué une finale anonyme, comme Messi. Le rythme des touches de balle, le positionnement, la fréquence des apparitions : tout renvoie à Leo Messi. La différence est aussi infime qu’immense : Maradona n’a pas joué beaucoup mieux, mais il a réussi beaucoup plus. Parce que ça ne se joue à rien. Il suffit d’un but, d’une passe. De quoi remettre en perspective la mythologie, au-delà des différences de caractère des deux héros. Ces derniers jours, une rumeur a enflammé l’Argentine. Messi serait en pleine réflexion sur son futur en sélection. Le natif de Rosario pourrait s’accorder une pause, ou diminuer la fréquence de ses apparitions en ciel et blanc (en amical). Maradona, lui, jouait pour son pays avec « la cheville gonflée comme un ballon ». Alors, que veut Messi ? Souhaite-t-il dribbler deux fois plus de défenses pour leur montrer à tous qu’il est le numéro un ? Veut-il simplement faire gagner son pays pour obtenir la paix ? Cette Copa América n’a pas aidé pour répondre à ces questions. Les réponses, seul lui les connaît. Au moment où il était assis entre les deux petits Chiliens, le numéro 10 s’est-il fait manger par la frustration et a-t-il décidé de prendre du recul ? Ou a-t-il ressenti une faim suffisante pour aller chercher la prochaine coupe, comme un champion ? Le vent finit toujours par tourner. Lève-toi et cours, Messi !

Markus, à Santiago du Chili

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Article publié le 08/07/2015 sur SOFOOT.com

Les enseignements tactiques de la Copa América

Pastore Messi

La possession a encore gagné, l’Argentine de Martino ressemble à l’Espagne de 2010, la défense uruguayenne est immortelle, le numéro 10 est encore vivant… De l’abondance des mouvements chiliens au néant brésilien en passant par une Argentine en plein travail identitaire, la Copa América 2015 a mis certaines choses au point.

Le toque a encore gagné Après l’Espagne en 2008, 2010 et 2012, et l’Allemagne en 2014, voilà le Chili en 2015. Mise à part la victoire uruguayenne à la Copa América 2011, les années récentes de football international dressent un constat : celui qui gère le mieux le ballon gagne à la fin. Pouvant s’appuyer sur la relance excellente de son gardien Bravo, sur la science de la possession de Marcelo Diaz, sur la sérénité de Medel, sur le travail athlétique de ses éléments les plus verticaux (Isla, Aránguiz, Vidal, Vargas, Sánchez) et sur la créativité et la patience de ses créateurs (Valdivia, Diaz, Vidal aussi), Jorge Sampaoli a mis au point des schémas de possession fluides et efficaces. De la gestion, mais aussi de la profondeur, de la possession, mais aussi de la vitesse. Cette année, la finale a même opposé les deux équipes ayant fait le plus confiance au ballon : 67,7% de possession en moyenne pour le Chili, 61,8% pour l’Argentine. Et même si tout s’est joué aux tirs au but, il faut noter que le vainqueur final a aussi gagné la bataille du ballon : 57% pour le Chili.

L’Argentine de Martino, une Espagne 2010 bis ? Le chemin est clair depuis la défaite en finale du Mondial contre l’Allemagne : l’Argentine veut se construire un football d’identité, et en faisant le choix de Tata Martino, elle a choisi un football de possession et de toque. Après un an de travaux en match amical, le visage montré par l’Albiceleste a fait penser à une autre sélection au plan de jeu très défini : l’Espagne de Del Bosque au Mondial 2010. Une équipe qui contrôlait plus qu’elle ne jouait. Seulement, la Roja avait fait le chemin inverse : partir de l’animation offensive libérée de 2008 pour aboutir sur le double pivot Busquets-Alonso deux ans plus tard. Martino, lui, a tout de suite fait le choix du double pivot Mascherano-Biglia, sacrifiant ainsi des variations offensives qui auraient pu apporter le mouvement qui manquait à sa circulation de balle. Est-il trop conscient du temps que ces travaux requièrent, ou a-t-il été trop frileux ?

L’immortelle défense uruguayenne Pour contrer les plans de Sampaoli, ses adversaires ont mis au point une alternance entre deux stratégies. La réduction des espaces, d’une part, en se repliant de façon compacte dans son propre camp pour limiter le mouvement chilien et donc les solutions du porteur de balle. Mais aussi la réduction du temps de possession, d’autre part. L’exemple péruvien reste le meilleur : une gestion entre replis et phases de possession intelligemment gérée qui aura longtemps mis en difficulté le pressing de Sánchez et les siens. Mais comme souvent, la solution défensive la plus efficace a été uruguayenne. Le maître Tabárez, une nouvelle fois, a montré tous ses talents d’organisateur en mettant en place une équipe qui n’aura eu besoin que de 21% de possession pour se créer les occasions les plus dangereuses en quart de finale, avant de plier en infériorité numérique à dix minutes de la fin. Avec l’état de forme de Giménez et Godín, mais aussi le talent de Muslera aux tirs au but, qui sait ce qui aurait pu arriver si Cavani n’avait pas été expulsé ?

Le numéro 10, sauveur des riches Certains l’ont cru mort avec Juan Roman Riquelme. D’autres l’ont cru disparu lorsque Pastore, Özil ou encore Kovačić ont été forcés de jouer sur un côté pour gratter du temps de jeu chez les gros d’Europe. Mais durant ce mois de juin 2015, les favoris de la Copa América se sont tous reposés sur la créativité d’un numéro 10. Valdivia pour le Chili, Messi pour l’Argentine (dans un rôle de vrai 10 surtout contre le Paraguay) et Neymar pour le Brésil (bien plus reculé qu’avec le Barça, mais seulement contre le Pérou, évidemment). C’est aussi le cas de la Colombie de James Rodríguez, mais le manque d’équilibre de la Tri a rapidement forcé Pékerman à faire travailler son 10 sur le côté. Enfin, l’Uruguay a essayé de mettre Lodeiro dans des conditions idéales lors de son entrée dans la compétition, mais Tabárez a ensuite privilégié l’équilibre.

Le numéro 10, possession-compatible Par ailleurs, ces dernières années, le numéro 10 a été présenté comme un allergique de la possession de balle. Puisqu’il vit de mouvement et de vitesse, les phases de jeu placées semblaient forcément l’handicaper. Alors, l’entraîneur Michel a expliqué – avec raison – que le Barça jouait en fait avec un tas de numéros 10. Certes, mais cette Copa América a démontré qu’un vrai numéro 10 peut aussi animer un jeu de toque en alternant phases de possession sagement gérées et envolées lyriques. D’ailleurs, alors que Jorge Valdivia en est l’exemple le plus criant, la contribution de Javier Pastore au contrôle du jeu argentin est à souligner. À chaque fois que l’Argentin a été remplacé, l’Albiceleste a perdu du terrain et le ballon.

Le numéro 9, sauveur des pauvres Jusqu’où aurait pu aller la Colombie si son numéro 9 avait été à la hauteur de l’ambition de Pékerman ? Certainement là où le Pérou, le Venezuela et le Paraguay ont espéré aller armés de leurs buteurs respectifs. C’est-à-dire au bout du monde. Avec la combativité de Paolo Guerrero, la présence de Salomon Rondón et enfin l’efficacité de Lucas Barrios, les trois nations ont pu espérer atteindre les sommets. Parce que ces joueurs n’ont besoin que d’un ballon, à peine, et qu’ils donnent un sens aux équipes les moins gâtées par le talent de leurs milieux. Sans Suárez, et avec Cavani et Rolan, l’Uruguay a bien défendu, mais n’a pas trouvé cette direction à la récupération du ballon.

Gloire au milieu défensif sud-américain « Le joueur sud-américain est très différent. Pour le footballeur sud-américain, l’effort, le fait de ne rien lâcher, la persévérance, la lutte sont des valeurs fondamentales », explique Ivan Zamorano. « La partie tactique est bien sûr importante, mais quelque part, elle passe au second rang. Tu t’en rends compte ici durant la Copa América. Pourquoi Messi ne brille pas tant, pourquoi James a du mal, pourquoi Neymar ne fait pas tant de différences ? Parce qu’ils ont des mecs durs, qui les harcèlent en permanence, qui se jettent sur eux. En Europe, il y a beaucoup plus d’espace. Le foot, ici, c’est un effort. Regarde Gary Medel. » L’édition 2015 de la Copa América aura été une nouvelle occasion d’admirer (ou de se faire dégoûter par) l’intensité physique du jeu sud-américain. Et à ce jeu-là, les milieux défensifs « boucliers », ceux qui ne lâchent pas les artistes, ont été glorifiés à leur juste valeur. Une preuve ? Gary Medel a reçu bien plus d’amour de la part de l’Estadio Nacional qu’Alexis Sánchez. À revoir, le match du Colombien Carlos Sánchez contre Neymar en phase de poules, mais aussi les interventions de Medel face à Messi en finale, ou encore les œuvres complètes de Tomás Rincón et Arévalo Ríos.

Mascherano et la vraie-fausse défense à trois argentine Un « libéro du milieu » ? En Argentine, certains entraîneurs ont récemment commencé à employer cette expression pour désigner le rôle de Javier Mascherano avec l’Albiceleste. Alors que l’ex-milieu récupérateur a été formé défenseur central par Pep Guardiola au Barça, cette Copa América était l’occasion d’observer le positionnement du Jefe. Et le constat est clair : Masche joue à la hauteur de ses défenseurs centraux, mais touche autant de ballons qu’un Pirlo. L’observation peut être rejointe par la polyvalence de Marcelo Diaz dans un rôle similaire pour le Chili. Ensemble, elles poussent à interroger la frontière entre défense à quatre et défense à cinq. Si les mouvements d’un seul joueur participent autant à définir la nature d’une défense, ne faut-il pas mettre un terme au débat de la ligne défensive à trois, et le déplacer vers celui de l’utilisation de ces libéros du milieu ?

Markus, à Santiago du Chili

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Article publié le 08/07/2015 sur SOFOOT.com

C’était le théâtre de la Copa América

Messi Copa América

Qu’est-ce qui fait une grande compétition, finalement ? Le nombre de buts ? Les grands noms ? Le niveau de jeu ? Les tribunes ? Les jolies images ? Le vainqueur final ? Le suspense ? Ou les petites histoires ?

Le numéro 7 d’Alexis Sánchez se penche sur le côté et laisse le ballon flotter délicatement dans l’air pollué de Santiago. Le ballon de la Copa América est parti pour toujours. Un tir au but piqué par la grande star locale, dans le grand stade local, pour la grande sélection locale, et voilà que l’aventure est bouclée. Le stade explose. Le ballon finit de tourner dans les filets. Leo Messi regarde la pelouse comme s’il allait y trouver des réponses sur le niveau de ses coéquipiers ou celui de la défense chilienne. Jorge Valdivia court la bouche ouverte parce que son pays est champion de quelque chose pour la première fois de sa longue histoire. Les larmes coulent sur les joues de Javier Mascherano et voyagent sur toutes les joues des supporters argentins ayant traversé les Andes pour vivre la tragédie de plus près. Et, enfin, Jorge Sampaoli laisse retomber la pression qui faisait chauffer son crâne chauve et balader ses courtes pattes depuis 24 jours. Car après plus de trois semaines d’attente, ceux qui ont suivi la Copa América ont enfin eu la réponse à leur énigme. Le Chili a gagné et a joué le meilleur football de la compétition. Messi, Neymar et James n’ont pas suffi. Et Luis Suárez a manqué. Mais une fois que ces lignes sont écrites, que reste-t-il vraiment ?

La construction d’une attente

Une compétition internationale, a posteriori, n’est donc qu’une ligne de plus dans l’histoire. C’est presque un constat, la réponse à une question. Qui a gagné la Copa América 1995, par exemple ? L’Uruguay, en battant le Brésil en finale, aux tirs au but. Et c’est tout ? Une fois que la compétition est terminée, le vainqueur raflerait la mise et s’approprierait ce qui reste pourtant une aventure humaine de près d’un mois, engageant douze nations et des millions d’amoureux du ballon ? Impossible. Comme tous les grands tournois, cette Copa América a avant tout été une belle attente. Une attente jamais assez longue. Jeudi 11 juin 2015, à l’Estadio Nacional. Alexis Sánchez tente ses premiers crochets épicés, et on imagine déjà Leo Messi redescendre en diagonale tout le terrain face au Paraguay deux jours plus tard à La Serena. Le 13 juin, justement, alors que l’Argentine vient de se faire rejoindre par un imprévu nommé Lucas Barrios, on se demande quel visage va montrer le Brésil le lendemain de l’autre côté du pays, à Temuco. Et ainsi de suite.

Une fois que toutes les nations sont entrées dans la compétition, la réflexion et les rêves ont été emmenés sur les prochains tours. Qui va finir premier ? Quel favori va tomber sur un autre gros dès les quarts de finale ? En parallèle à toutes ces interrogations structurelles, la Copa América a évidemment offert d’autres débats autrement plus substantiels. Le Chili peut-il aller au bout avec sa possession ? Quand est-ce que Leo Messi va-t-il définitivement apparaître et régler tous les problèmes collectifs argentins d’un coup de baguette magique ? Les épaules frêles, mais vives de Neymar peuvent-elles porter les attentes de plus de 200 millions d’habitants ? Un tournoi se vit au quotidien à travers la construction d’une attente, d’un suspense. Il y a douze équipes au départ. Et à la fin il ne reste plus que onze perdants, un champion, et une tonne d’émotions.

Effort et grandes vacances

Qu’est-ce qui importe le plus pour juger de la grandeur d’une compétition ? Cela pourrait être le niveau de jeu. Au Chili, les nations sud-américaines, accompagnées par la Jamaïque et le Mexique, ont dévoilé un jeu peu fluide. Si les quatre demi-finalistes ont bien été les quatre sélections qui jouaient avec les idées les plus claires, peu d’équipes ont pris l’initiative dans le jeu. D’ailleurs, la compétition restera pour toujours marquée par la crise de l’animation offensive brésilienne, les contre-performances colombiennes et le manque de ressources offensives des Uruguayens. Sur les cinq favoris de la compétition, trois ont déjoué. Mais ça n’a pas empêché d’offrir un beau spectacle, des transitions péruviennes à l’organisation paraguayenne en passant par la réduction des espaces à l’uruguayenne, et enfin surtout le mouvement chilien. Le quart de finale Chili-Uruguay, par son intensité, sa tension, l’opposition des styles de jeu et ses petites histoires, restera d’ailleurs certainement le grand moment de la Copa América 2015. Un match très sud-américain, fait de tacles gras et de petits ponts fins. Des latéraux grossiers et des milieux élégants réunis pour offrir un spectacle nuancé, fascinant, culturel. De toute façon, « le foot, ici, c’est un effort », dit Ivan Zamorano.

Heureusement pour l’attente, les deux autres favoris se sont retrouvés en finale. Si l’attente a été belle, c’est bien parce qu’elle a été prolongée jusqu’à la dernière torsion de la cheville droite d’Alexis Sánchez, après deux heures d’une finale rêvée. L’Argentine et le Chili ont rythmé cette Copa América parce qu’ils ont insisté sur leur identité et qu’ils ont tous les deux grandi à leur manière. L’Albiceleste dans le jeu, la Roja dans la tête. Et si la finale a accouché d’un 0-0 plus tendu et physique que technique et lyrique, le spectacle et le suspense ont été au rendez-vous. Parce qu’une grande compétition, c’est comme les grandes vacances. Ce n’est pas le nombre d’endroits visités qui importe, et ce n’est pas le nombre de buts qui comptent. L’essentiel n’est pas d’avoir vu la mer, et le fait de ne pas avoir vu Messi gagner n’est pas non plus primordial. L’important, c’est le vécu. Les émotions, la tension ressentie, le bonheur soulagé, la surprise imprévue. Et les souvenirs. Or, les petites histoires de grande importance n’ont pas arrêté de se multiplier en trois semaines.

Quelques photos

Il y a eu le match d’extra-terrestre d’Arturo Vidal contre le Mexique, suivi de son accident et son erreur profondément humaine. L’accident de géographie – très drôle – d’Edinson Cavani, suivi de l’accident – très grave – de son père. Il y a eu le match monumental de Neymar contre le Pérou, suivi de son énervement contre la Colombie, et sa logique suspension. La révélation de Murillo. La compétition complètement absurde de Thiago Silva, passé de remplaçant à leader, puis de héros à zéro. Les numéros de Valdivia contre la Bolivie et l’Uruguay. Le match maradonesque de Messi contre le Paraguay, suivi de la finale perdue. Les appels de Charles Aránguiz. Il y a eu l’histoire de ce Paraguay plus modeste et déterminé que jamais, grand champion des matchs nuls. La fausse surprise des buts d’Edu Vargas. Il y a eu le Pérou qui a joué un football à la hauteur de son maillot légendaire. L’amour du peuple chilien pour Gary Medel. Il y a eu cet Uruguay orphelin de son seul génie qui est passé à dix minutes de s’offrir une séance de tirs au but méritée. La science du jeu de Marcelo Diaz. La tragédie argentine et les larmes de Mascherano. Cette Copa América, c’était beaucoup de football au milieu d’un grand théâtre humain.

Markus, à Santiago du Chili

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Article publié le 07/07/2015 sur SOFOOT.com

Arturo Vidal, l’élastique tactique

Vidal Messi

À Santiago, Arturo Vidal n’a pas seulement fait parler de lui avec sa Ferrari. Depuis le début de « sa » Copa América, le roi Arthur a aussi fait preuve d’un ordre tactique et d’une polyvalence hors du commun. Attaquant contre l’Équateur, milieu défensif contre la Bolivie et parfois ailier, le joueur de la Juventus rappelle la belle ère des milieux box-to-box des années 2000.

Les années 2000 ont donné naissance à une génération de milieux de terrain à l’influence globale, symbole d’un jeu de Premier League au rythme effréné. Un jeu qui allait d’une surface à l’autre avec la cadence d’un match de tennis. Un jeu où les coups de raquette étaient giflés par Paul Scholes, Frank Lampard, Steven Gerrard, Patrick Vieira et Michael Ballack en Angleterre. Mais aussi Dejan Stanković, Daniele De Rossi, Clarence Seedorf, Edgar Davids et Esteban Cambiasso en Italie. Né au Chili de Marcelo Ríos et révélé dans l’Allemagne de Nicolas Kiefer, Arturo Vidal devait forcément avoir un caractère spécial. Mais aujourd’hui, c’est en Serie A qu’il a réussi à repousser les frontières des rôles académiques du milieu de terrain.

Attaquant, milieu offensif, milieu défensif, milieu latéral…

Cette saison à Turin, Vidal a mis du temps à retrouver sa condition physique idéale, mais ça ne l’a pas empêché de se démultiplier pour servir les variations tactiques d’Allegri. Alternant le poste de milieu intérieur droit du 3-5-2 – comme les autres saisons sous Conte – et celui de trequartista derrière le duo Tévez-Morata, Vidal a toujours exercé un football multifonctions. Leader de la charge du pressing aux côtés de Tévez, ses récupérations hautes auront souvent été décisives. Face à Dortmund et au Real, Vidal aura aussi eu la fonction de « défenseur entre les lignes », chargé de réduire les options de relance de schémas qui aiment s’appuyer sur leurs milieux constructeurs. En clair, Vidal a fait l’élastique d’un bout à l’autre du terrain, poussant toujours plus une corde que l’on pensait bien plus courte. Acheté pour seulement 10 millions d’euros après quatre saisons au Bayer Leverkusen, Vidal a apporté en attaque (46 buts en 4 saisons) et en défense (4,3 tacles réussis par match sur ses 4 saisons).

Lors de la Copa América, le Chilien est allé encore plus loin. Contre l’Équateur, Rey Arturo a joué la première période dans un rôle de 9 et demi derrière Alexis Sánchez. Contre la Bolivie, il a joué dans un double pivot formé avec l’offensif Aránguiz. Face au Mexique, Vidal est apparu partout : à la réception du corner pour le premier but, au centre pour le deuxième, et au penalty pour le troisième. Le joueur de la Juve aurait pu ajouter deux passes décisives à son tableau de chasse si le but valable d’Alexis n’avait pas été annulé et si Valdivia avait cadré sa frappe croisée en deuxième période. Difficile de définir le rôle de Vidal dans cette sélection sans énumérer toutes les fonctions possibles d’un milieu de terrain. Dans un style de jeu différent de ce que la Juve a proposé cette saison, le numéro 8 se montre plus offensif : 3,2 tirs par match contre 1,9 ; 58 passes par match contre 49 ; 1,8 tacle et 0,8 interception par match contre 3,1 et 1,6 à Turin. Avec le Chili, Vidal change complètement de rôle d’une période à l’autre, comme le montrent les schémas ci-dessous.

Vidal en première période contre l’Équateur : attaquant de soutien

Vidal Equateur

Vidal en seconde période contre l’Équateur : milieu défensif

Vidal Equateur tactique

Un Steven Gerrard chilien

Alors que le Chili avait placé tous ses espoirs en Alexis Sánchez, présent sur les murs de Santiago et auteur de la meilleure saison de sa carrière, le Gunner a déçu. Souvent enfermé sur le côté gauche et moins présent dans le circuit de la possession chilienne que les autres offensifs de Sampaoli, le jeu d’Alexis a semblé frustré. Car si Valdivia a dynamisé, créé et changé le cours des matchs, si Vargas s’est montré mortel dans la zone de vérité, si Aránguiz a participé à la fluidité d’un système élaboré, c’est bien Arturo Vidal qui a été l’élément le plus complet et le plus difficile à limiter dans le camp chilien. C’est simple, le numéro 8 est décisif à la construction au milieu, avec son pied droit et son pied gauche, dans le mouvement grâce à ses appels et ses déviations, mais aussi à la finition à l’aide de son jeu de tête, ses bons centres et sa présence dans la surface.

Si Valdivia n’était pas dans l’axe, on pourrait aisément l’imaginer en Steven Gerrard chilien. Maillot rouge, position centrale, influence globale, duels gagnés, penaltys tirés, des buts et des tacles de toutes les parties de son corps. La polyvalence de Vidal, qui pourrait évoluer au poste de défenseur central si Medel venait à se blesser, semble illimitée. Un élastique tactique qui ne cesse de s’agrandir. Face au jeu entre les lignes de Messi, Pastore et Di María, la charge de travail défensif de Vidal pourrait être très importante ce samedi soir. Suffisant pour qu’il montre ses limites ?

Markus, à Santiago du Chili

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Article publié le 03/07/2015 sur SOFOOT.com