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Napoli et Naples, quand la ville raconte le club

Dossier Napoli – La semaine dernière, alors que le Napoli de Hamsik et Sarri offrait à Naples l’illusion de pouvoir battre les champions du monde du Real, les Napolitains se nourrissaient d’espoir comme rarement depuis les années Maradona. Dans une ville suspendue au spectacle du San Paolo durant plusieurs jours, FT a visité cafés, bars, taxis et lieux historiques pour respirer, comprendre et raconter la passion du bleu ciel.

« Napoli vive sempre in precario equilibrio tra il fango nel quale striscia e l’estasi estetica che la sua storia e la sua posizione offrono »

« Naples vit toujours dans un équilibre précaire entre la crasse dans laquelle elle traine et l’extase esthétique qu’offrent son histoire et son emplacement » – entendu dans les rues des Quartieri Spagnoli, à Naples

Pour comprendre le Napoli et la passion qu’il engendre, il faut avant tout comprendre Naples. Contraste ; voilà le mot qui résume le mieux la ville du golfe. Le contraste d’une ville qui peut, en l’espace de quelques mètres, te couper le souffle pour sa beauté et te faire chialer pour la crasse dans laquelle elle traîne. Un peu comme le Napoli de mardi dernier contre le Real. Cinquante minutes de domination esthétique contre les champions d’Europe et du monde – puis deux conneries et le choix d’utiliser le marquage de zone pour défendre les coups de pied arrêtés. La beauté pour construire les bases d’un rêve, la crasse pour les détruire. En l’espace de six minutes.

Vomero – Le passé du Napoli
Stadio Arturo Collana, Piazza Quattro Giornate, au coeur du quartier Vomero. L’enceinte, inaugurée en 1929, sera le bercail du Napoli Calcio durant presque 30 ans, de 1933 (date officielle du déménagement de l’Ascarelli au Collana) à 1959. Au-delà du football, le stade et la place sur laquelle il règne ont une importance historique pour la ville toute entière : c’est dans cette arène que la Wehrmacht et les SS regroupaient les juifs du Mezzogiorno avant de les envoyer en Allemagne. Et c’est aussi sur cette place que les napolitains se révoltèrent contre l’occupation nazie lors des quatre jours d’insurrection en Septembre 1943. La première grande ville Européenne à se rebeller avec succès contre les allemands.

Les résultats sportifs de l’enceinte, eux, sont certainement moins impressionnants. En vingt-six années au Collana, le Napoli n’a jamais dépassé la quatrième place de Serie A. Et ce malgré des champions tels Bruno Pesaola et Luis Vinicio, ramenés à coups de millions par l’armateur et président du club Achille Lauro. Mais peu importe, en plus de deux décennies, le Collana s’était trouvé une place dans le cœur des napolitains. Petit et familial – à peine 15 000 places -, il était accessible via les trois funiculaires qui relient la colline du Vomero au centre historique. Sa position au cœur d’un des quartiers de la Napoli Bene, la Naples riche et assoiffée de culture, renforçait l’idée d’un « stade-salon » où l’on venait assister à une pièce de théâtre plutôt qu’à un match de football. Les rues aux alentours du Collana sont d’ailleurs toutes dédiées aux artistes qui ont rendu la ville si grande : Via Scarlatti, compositeur baroque du 17ème siècle ; Piazza Vanvitelli, architecte du Palais Royal de Caserte ; Via Luca Giordano, peintre baroque contemporain de Scarlatti. Le football baigne dans l’art napolitain. La réponse napolitaine à San Siro et la Scala del Calcio.

Or, pour une ville comme Naples, un stade d’à peine 15 000 places est une absurdité tant le club déchaine les passions, et ce pour toutes les classes sociales et toutes les générations. Ce que ressentent les napolitains pour leur club peut se comparer à ce que vit un couple d’adolescents qui tombe amoureux : c’est une obsession. Les napolitains parlent du Napoli à tout moment, partout et avec tout le monde. Ils s’auto-proclament « dei malati » – des malades – qui ont besoin de leur médicament, le maillot azzurro, pour survivre. Forcément, le club est porteur des valeurs napolitaines et plus généralement de l’orgueil du Sud. Naples est aussi l’une des rares villes italiennes avec un seul club de haut niveau. Milan a les deux colosses nerazzurri et rossoneri ; Turin, la Juve et le Toro ; Rome, la Louve et la Lazio. Même Gênes a la Samp et le Genoa. Mais à Naples, il n’existe que le Napoli. Toute la ville est unie derrière son club. Et pour satisfaire cette faim de football, un déménagement dans un stade plus grand était inévitable.

Le pauvre Collana, première vraie maison du Napoli et symbole de l’orgueil napolitain, est aujourd’hui une maison abandonnée. La beauté et la crasse.

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Fuorigrotta – Le présent du Napoli
Pour passer du Vomero à Fuorigrotta, maison du San Paolo, il faut traverser la colline de Posillipo, l’autre grand quartier de la Napoli Bene. C’est ici que la majorité des footballeurs napolitains vit, notamment pour profiter de l’une des vues les plus belles de la ville. Un panorama qui permet à Naples de regarder Rio de Janeiro les yeux dans les yeux. Lors des années dorées, Diego aussi habitait à Posillipo. Il avait même une double résidence : sa « maison de jour », avec sa femme Claudia et ses filles Dalma et Gannina, et sa « maison de nuit », l’Hotel Paradiso, avec ses amies et ses substances. Ironiquement, c’est à l’Hotel Paradiso, avec la beauté du golfe qui s’étend à ses pieds, que le plus grand de tous les temps a commencé sa descente aux enfers. Encore et toujours : la beauté et la crasse.

Tout en haut de la colline de Posillipo se situe le Parc du Virgiliano – connu aussi comme de parc des amoureux. Ici, les jeunes couples napolitains à la recherche d’intimité viennent pour défouler leur passion et leur envie de vivre. Avec plus des trois quarts des moins de 25 ans qui vivent encore chez leurs parents, les bois du parc offrent une confidence que les appartements napolitains ne peuvent assurer. On peut aussi y admirer une vue sur le quartier de Fuorigrotta. En plein centre de ce quartier ouvrier, s’élève, énorme et fier, métallique et gris, le San Paolo. Avec deux anneaux et une capacité de 60 000 spectateurs (« Mais je vous assure qu’à l’époque de Diego il y avait au moins 80.000 personnes » affirme Mario au volant de son taxi) le San Paolo est probablement le seul stade au monde où l’ambiance ne souffre pas de la présence d’une piste d’athlétisme.

Le déménagement du Vomero à Fuorigrotta a bouleversé pour toujours la manière de vivre le football des napolitains. Il ne peut exister deux quartiers plus différents que le Vomero et Fuorigrotta. D’un côté, un quartier bourgeois, bien-pensant et tranquille ; de l’autre, un quartier populaire, délabré et explosif. L’arrivée au San Paolo a, si possible, rendu la passion pour le Napoli encore plus obsessive et a démocratisé le support du club. Avec un stade à deux pas de chez lui, l’ouvrier napolitain s’est forcément senti partie intégrante du Napoli. En effet, à moins de deux kilomètres du stade, à la frontière entre Fuorigrotta et le quartier de Bagnoli, se trouvait l’usine de l’Italsider, monstre italien de la sidérurgie, qui au pic de son succès donnait du travail à près de 10 000 hommes. Parmi eux, un certain Amerigo Sarri, père de Maurizio. Ce monstre écologique, vrai poignard dans le coeur de la beauté de la ville, a fermé en 1992. Mais ses restes sont encore là, juste devant la mer et l’ile de Nisida, pour rappeler à tout le monde que la beauté et la crasse sont deux concepts inséparables à Naples.

Le San Paolo est maintenant reconnu à la quasi-unanimité comme le stade le plus chaud de la Botte. C’est l’une des seules enceintes italiennes où les chants des supporters ne viennent pas uniquement des virages, mais aussi des tribunes d’honneurs et des distinti. Exemple parfait de cet engouement total, les premières minutes du match de mardi dernier, avec les 60 000 du San Paolo qui chantent tous ensemble le nouvel hymne officieux du club : « Un giorno all’improvviso, m’innamorai di te ». Une passion qui vit en parallèle avec les dangers auxquels la ville doit faire face. A l’époque de Diego, les célébrations du San Paolo étaient si brutales que les sismographes de la ville, qui monitorent constamment les caprices volcaniques du Vésuve, relevaient des petites secousses à chaque but du Napoli. Le Vésuve mériterait un discours à part vu l’importance qu’il a dans l’imaginaire collectif de la ville et des tifosi, qui lui ont dédié plusieurs chants inoubliables de l’univers Napoli, dont le fameux « Nous sommes les fils du Vésuve ». Majestueux et dangereux, puits de vie et de mort, il est le rappel de la menace constante avec laquelle doit vivre Naples et incarne au mieux le contraste inhérent qui caractérise la ville.

Bagnoli et Marechiaro – Le rêve impossible d’un stade au bord de la mer
De Laurentiis ne cesse de souligner l’importance d’avoir un stade « à la hauteur des ambitions du club ». D’après les dernières nouvelles, il semblerait qu’il ait été convaincu par Luigi De Magistris, maire de Naples, de rester au San Paolo en échange de financements publics pour la rénovation de l’enceinte. Une bonne nouvelle pour les amoureux du vintage, une mauvaise pour ceux qui espéraient un nouveau chapitre dans l’histoire du club. En 2012, De Laurentiis avait annoncé son intention de construire un nouveau stade à quelques pas de la mer, pour que l’azzurro des maillots se mélange avec les couleurs de la Méditerranée. Une idée grandiose et en même temps complétement irréalisable, vu le manque d’espace le long du littoral napolitain.

Mais qu’est-ce que ça aurait été beau ! Il suffit d’imaginer un nouveau San Paolo, plus petit, compact mais fusionnel, situé à quelques mètres de l’eau, pour avoir des frissons. Et qui sait, il aurait pu être construit sur les restes de l’Italsider à Bagnoli, pour faire triompher métaphoriquement la beauté sur la crasse qui ruine cette ville. Ou bien à Marechiaro, petit quartier au bord de l’eau pas loin de Posillipo, un autre des joyaux de la ville du golfe. Un quartier connu pour ses restaurants de mer idylliques, comme Al Faro ou Cicciotto. Le jour du match mardi dernier, on pouvait y observer de nombreux supporters madridistes aisés et quelques officiels du club essayant tant bien que mal de trouver dans la nourriture locale de luxe et la vue unique sur la mer un refuge face à la passion du reste de la cité.

Le bureau du concierge de l’immeuble en face du Collana…

Malgré ce rêve irréalisable, le futur du club est prometteur et plein d’espoir. Sarri l’a dit lui-même, dans sa conférence de presse d’après-match : « Au coup de sifflet final, notre milieu de terrain le plus vieux était né en 1994. Diawara, Rog, Zielinski font partie du patrimoine du club et feront les beaux jours du Napoli du futur ». Après tout, les napolitains ne désirent qu’une chose : que leurs azzurri ramènent le Scudetto aux pieds du Vésuve. Les célébrations pourront avoir lieu au Collana, au San Paolo ou dans un nouveau stade au bord de la mer, la fête sera de toute façon inoubliable. Et la beauté de la ville et de son golfe reprendra à nouveau le dessus.

Par Ruggero

P.S. Conseil de lecture pour mieux comprendre la relation entre la ville et son équipe : Il resto della settimana de Maurizio De Giovanni

Crédits photos : Markus Kaufmann / Fautetactique.com 

Dossier Napoli :

En Taxi à Naples

FT y était – Chelsea-Napoli : Une tragédie en bleu et gris

Dossier Napoli – En taxi à Naples

Dossier Napoli – La semaine dernière, alors que le Napoli de Hamsik et Sarri offrait à Naples l’illusion de pouvoir battre les champions du monde du Real, les Napolitains se nourrissaient d’espoir comme rarement depuis les années Maradona. Dans une ville suspendue au spectacle du San Paolo durant plusieurs jours, FT a visité cafés, bars, taxis et lieux historiques pour respirer, comprendre et raconter la passion du bleu ciel.

Mardi 7 Mars, 13h00. Le taxi de Mario est garé au coin de la rue Gioachino Rossini et de la rue Vincenzo Gemito, dans le Vomero. À deux pas, la place Quattro Giornate – en hommage au soulèvement populaire napolitain contre l’Allemagne nazie en 1943 – accueille le Stadio Arturo Collana, foyer du Napoli jusqu’en 1959 sous le nom de Stadio della Liberazione. Des rues aux noms de compositeurs et sculpteurs, un fait historique qui respire le courage et la liberté, et un stade de football. Aux pieds de cette richesse culturelle, Mario termine sa clope et fait signe que son petit véhicule est libre. Direction le San Paolo, en passant par la colline du Posillipo, le Parco Virgiliano et l’Hotel Paradiso, témoin des « autres exploits » de Diego Maradona dans les années 80.

La conversation démarre inévitablement sur le match de la soirée, que l’on a surnommé ici le « match du siècle » depuis le tirage au sort en décembre dernier. Le football ne pouvait offrir meilleur contraste entre l’aristocratie du Real Madrid tout puissant et l’âme rebelle du Napoli rêveur. Ainsi, depuis quelques jours, toutes les discussions de bar commencent et se terminent par le même mot, tel un rituel, tel un appel aux forces supérieures du jeu : « Speriamo ». Espérons. Mario ne contourne pas la règle et lâche d’emblée cette prière sportive. « Speriamo… Espérons que notre fantaisie ait l’occasion de faire la différence, tout dépend de notre solidité derrière… Ce qui me fait peur dans le Napoli de cette saison, c’est la défense. On n’est pas assez méchants. L’équipe de Maradona, elle avait une arrière-garde terrifiante. Bruscolotti, c’était une véritable brute, tu ne voulais pas le toucher. Garella, le gardien, il était moche comme un monstre ! Les adversaires préféraient tirer de loin plutôt que de le voir de près. Quand je jouais au foot, j’étais moi-même défenseur, donc j’aime penser que je sais de quoi je parle. Même à 15 ans, l’entraîneur nous disait toujours que si ton adversaire est plus grand et plus fort que toi, tu dois trouver un autre moyen de sauter plus haut que lui. Le mieux, c’est de l’empêcher de sauter tout court. En lui marchant sur les pieds, par exemple. Il répétait toujours : allez-y sans hésiter, vous n’êtes pas là pour vous faire des amis, mais n’oubliez jamais de vous excuser après. Je passais tout le match à dire « oh, pardon ». » (Ndlr : un conseil tristement pertinent quelques heures avant les deux envolées de Sergio Ramos…)

Curieusement, Mario ne partage pas que le Napoli  et ses solides connaissances footballistiques avec Maurizio Sarri. Il y a aussi une subtile mais indéniable ressemblance physique, avec cette mine d’homme mature que rien ne peut surprendre. Derrière les lunettes aux airs graves, il y a un regard aussi malin que méfiant. Enfin, il y a la clope, qui poussera notre guide à faire une pause pour « prendre l’air » au bout d’une demi-heure. « Ce soir je n’irai pas au San Paolo, mais j’ai tout préparé pour ne pas manquer le match », annonce-t-il fièrement en jetant un coup d’oeil dans le rétroviseur pour s’assurer que le public est attentif. « Cette fois ce n’était pas gagné, mais j’ai tout un stratagème… Il se trouve que mon fils arrive à l’aéroport à 20h30 en provenance de Sofia, où il est allé passer quelques jours avec sa copine. Normalement, en tant que bon papa taxi, je vais toujours le chercher. Mais là c’est impossible, le Napoli joue. Donc tout à l’heure j’arrêterai ma journée à 14h30 et j’irai garer le taxi à la maison. Là je prendrai la voiture familiale et j’irai à l’aéroport. Je garerai la voiture sur le parking et je rentrerai en bus pour arriver à temps chez moi pour le match. On a tout préparé en avance la semaine dernière : mon fils a les clés de réserve de la caisse avec lui, il n’a plus qu’à récupérer la voiture sur le parking pendant que je regarde le match à la maison. »

« Avant, j’allais tout le temps voir mon Napoli au stade, mais je n’y vais que rarement ces jours-ci. Je préfère voir le match avec les miens, sur le canapé familial. J’ai tout un rituel, que j’appelle la ‘’pre-configurazione Napoli’’ Je suis assis au milieu du canapé, le visage en avant droit devant la télé. À ma droite, mon fils. À ma gauche, ma femme. Sur l’autre canapé, il y a mon beau-père, mon beau-frère et sa femme. Le volume de la télé est mis à 33. Comme l’âge du Christ, évidemment. Ensuite, je laisse la porte entrouverte, parce que les voisins sont aussi tifosi du Napoli, et c’est toujours beau de célébrer les buts avec eux. Enfin, je prépare une bouteille de spumante que je mets au frais lorsque le Napoli mène 1 à 0, au cas où… »

Parler de Bruscolotti, Garella et Maradona dans les rues de la Naples de 2017 conduit naturellement le débat sur les célébrations du Scudetto de 1987, il y a 30 ans… « Le soir de la victoire du Mondial 2006, si je me rappelle bien, Naples a fait la fête jusqu’à 1h, peut-être 1h30 du matin. Parce que l’homme qui a soulevé la coupe est napolitain, il ne faut pas l’oublier. D’ailleurs il vient de Fuorigrotta, le quartier du San Paolo. Naples est du Napoli avant tout. En 1990, par exemple, quand l’Argentine de Diego est venue jouer contre l’Italie, le San Paolo avait choisi son camp et n’avait pas eu peur de se mettre à dos toute l’Italie… Donc vous pouvez imaginer que les célébrations du Scudetto à Naples, c’est différent de tout ce que j’ai connu dans la vie. Une autre planète. On a fait la fête jusqu’à l’aube. Ma femme était enceinte de 7 mois, la pauvre on a couru partout dans la ville… »

Trente ans après, la passion reste-elle intacte ? Que peut-on espérer  de plus après avoir vécu sept années de Maradona ? « Aujourd’hui, je continue à suivre le foot avec le même enthousiasme, voire plus, parce que je veux que mes enfants vivent un Scudetto à Naples. J’ai envie de les voir vivre cette joie, de la partager avec eux, parce que c’est unique. Le lendemain du titre, avec les autres taxis on avait tous accroché un fanion bleu ciel à notre antenne de radio. Le matin, j’étais allé faire des courses à l’aéroport. Imaginez une centaine de taxis habillés du bleu ciel du Napoli qui klaxonnent en allant chercher tous les hommes d’affaires venus du Nord, tous des juventins, intéristes ou milanistes. C’était fantastique. C’est pour ça que Maradona nous a tellement donné… Au fond, je pense qu’en tant qu’homme il était peu apprécié par le peuple napolitain, à cause de toutes ses conneries et du fait qu’il ratait les entraînements. Mais une fois qu’il entrait sur le terrain, ce qu’il était capable de faire nous faisait tout oublier. C’était littéralement merveilleux. Ma grand-mère, qui avait 86 ans au moment du premier Scudetto, répétait toujours : ‘’mais qu’est-ce qu’il fabrique encore, le Muratore ?’’ (Ndlr : maçon, en italien). Il a atteint le cœur de tous les napolitains, il faisait partie intégrante de la ville. La semaine avant le second Scudetto, j’étais allé chercher deux journalistes espagnols venus couvrir l’événement et je les avais conduits partout pendant toute la semaine. J’avais donc accès avec eux aux vestiaires… Regardez, ça c’est une photo avec Diego. Cette équipe, c’était un autre monde. Aujourd’hui, on vit une période agréable avec De Laurentiis. Mais ce n’est pas pareil, disons que c’est une belle réalité. D’ailleurs, en parlant de réalité, j’ai aussi une photo avec le Traître… »

Propos recueillis par Markus et Ruggero

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