Archives pour la catégorie Analyse – Bleus

Les Leçons Tactiques de France-Serbie

En dépit de la blessure de M’Vila et d’une deuxième période qui n’a jamais commencé, les Bleus continuent leur montée en puissance à dix jours de l’Euro. Une clean sheet qui fait du bien, la révélation Malouda et de très bonnes nouvelles sur l’animation offensive en première mi-temps : cette équipe de France est bien capable d’allier équilibre défensif et dynamisme offensif, de trouver ce juste milieu entre la folie de la génération 87 et le jeu aseptisé de l’époque Domenech. Mission accomplie. Et peu importe si l’adversaire est en complète reconstruction.

Les Leçons Tactiques de France-Serbie

 

Article écrit par Faute Tactique sur SOFOOT.com le 01/06/2012.

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Giroud, le Desert Eagle de Blanc

En 150 minutes sous le maillot bleu, Olivier Giroud a séduit tout l’Hexagone. Un but plein de confiance en Allemagne et deux passes décisives qui portent bien leur nom face à l’Islande, et le voilà devenu un atout majeur des Bleus à l’Euro. Depuis dimanche, il se paye même le luxe de faire douter les Français, et peut-être Laurent Blanc, quant à sa possible titularisation. Concrètement, que vaut l’option Giroud ?

Giroud, le Desert Eagle de Blanc

Article écrit par Faute Tactique sur SOFOOT.com le 29/05/2012.

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Les Leçons Tactiques de France-Islande

« C’est important pour la confiance », disait Laurent Blanc à quelques heures du coup d’envoi de France-Islande. Une fébrilité défensive peu commune et une belle remontée plus tard, ce match, qui se voulait rassurant sur l’avancée du jeu des Bleus, a surtout révélé un paradoxe important. Blanc nous parle depuis deux ans de sa préférence pour le « jeu à la barcelonaise » : conserver le ballon afin de mieux contrôler le rythme du match. Il s’agit d’un travail de longue haleine, il le sait, nous aussi. Mais hier soir, l’équipe de France a clairement montré sa prédilection pour un jeu direct et vertical. D’où plusieurs enseignements tactiques…

 

Article écrit par Faute Tactique sur SOFOOT.com le 28/05/2012 : Les Leçons Tactiques de France-Islande

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La France de Franck Ribéry

Si Franck Ribéry arrive aujourd’hui seul à Valenciennes, il se pourrait qu’il se retrouve également seul d’ici un mois. Au choix, avec un finish à la Anelka, la tête cagoulée dans un aéroport lointain. Ou à la Zizou, le portrait recouvrant l’Arc de triomphe. Dans les deux cas, le visage de l’équipe de France…

Article écrit par Faute Tactique sur SOFOOT.com le 26/05/2012: La France de Franck Ribéry

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Bodmer to the Dream !

Mathieu Bodmer est sans aucun doute un footballeur de génie. Mais il ne s’appelle ni Juan Roman, ni Diego Armando, est né à Evreux, porte le numéro 12 et n’a jamais quitté la Ligue 1. En clair, son jeu est de loin son atout le plus attractif pour plaire au large public français. Et quel jeu… Par son toucher, sa vision du jeu, sa faculté à tout simplifier, sa technique et son coup d’œil, Mathieu Bodmer devrait être une évidence pour cette équipe de France en manque de sex appeal. Le genre de joueur qui donne à une équipe le droit de perdre avec la manière. Le joueur que les Bleus ont besoin pour éviter le pire (2008-2010) et espérer le meilleur (un bel Euro, tout simplement). De la folie, de la simplicité, du jeu et du talent. Si toute l’Europe s’est agenouillée devant l’Athletic Bilbao et le Napoli, toute l’Europe se rendra devant le talent de Mathieu Bodmer en juin.

Bodmer, des faits et des gestes. D’abord, des faits. Lille, Lyon et enfin Paris pour neuf saisons de Ligue 1 et cinq participations à la LDC. Champion de France en 2008 avec les Lyonnais, Bodmer nous a enthousiasmés lors de quasiment 300 soirées de Ligue 1 et une cinquantaine de nuits européennes, pour une quarantaine de buts et d’innombrables gestes éblouissants. Car Mathieu Bodmer, c’est avant tout des gestes. De belles frappes (Lille-OM), de magnifiques reprises (Lyon-Paris), quelques têtes et beaucoup de spectacle (le chef d’œuvre, Lyon-Bordeaux). Petits ponts malins, déviations délicieuses, diagonales chevaleresques. Le Président de l’Evreux Football Club 27 sait faire les choses les plus compliquées avec une simplicité déconcertante. Surtout, sa sélection apporterait une variété de jeu qui manque cruellement au milieu de l’EDF, c’est à dire enfin un joueur capable de faire sauter les lignes et de nous sortir d’un jeu stéréotypé. Malheureusement, à l’image de son alter-égo Boris Diaw, avec qui il partage un jeu de passes fantastique, cette faculté à être performant sans courir et une polyvalence incroyable, Bodmer est trop talentueux pour être compris par tous.

Le préféré des romantiques

A l’heure où nous regrettons le choix d’une insistance de la formation française sur la taille et la puissance des milieux de terrain, Bodmer est un îlot de toque dans l’Hexagone, que ce soit au poste de milieu défensif ou de meneur de jeu. Devant la défense, Bodmer a du Xabi Alonso. Jeu long serein, relance brillante, contrôle du rythme du jeu, fautes tactiques, Mathieu aussi porte très bien la barbe. Plus avancé au milieu, Bodmer pourrait être assimilé à un Guti français. Attention, nous disons bien pourrait. Celui que tout le monde voudrait voir toujours titulaire, même si tout le monde sait bien au fond de soi que cela n’arrivera jamais. Talonnades, passes impossibles, et coups de virtuose. La panoplie est complétée par cette nonchalance éternelle qu’ont les talents les plus fascinants. Les plus beaux, les plus bruts. Pas forcément les meilleurs dribbleurs ou buteurs, mais ceux qui savent simplifier toutes les manœuvres offensives par leur lecture du jeu hors-du-commun. Tous ces joueurs dont le niveau ne pourra jamais être fidèlement retranscrit dans un jeu vidéo. Xabi Alonso, Guti, le mélange est tout trouvé : Bodmer est notre Pirlo national.

Nous avions écrit un article sur Özil et Iniesta, résumant le Clasico au duel entre les deux magnifiques. Mais il n’y a pas que le Clasico. En France aussi il y a de tels joueurs, et Bodmer est alors le premier de la classe. Ces hommes qui, ballon aux pieds, défendent l’enchantement contre la raison. Le rêve contre la réalité. Ces génies capables en une seule fulgurance de  faire oublier 89 minutes médiocres. Comme nous l’avions écrit dans cet article sur la Beauté, les bijoux d’un joueur irrégulier sont rares et donc d’autant plus appréciables. Car les principales critiques à l’encontre du normand ont toujours concerné son physique jugé fragile, principalement après ses deux longues saisons à l’infirmerie à Lyon (2008-2010). Bodmer est un peu le typique grand frère à la technique incroyable mais qui ne court jamais. Il aurait pu chercher la gloire à l’étranger, mais il est resté près de chez lui, à jouer sur le synthé du coin, tolérant un peu de bide et quelques clopes. Un grand Nicolas Kiefer, les nerfs en moins. Une sorte de James Bond finalement, dans le sens où sa nonchalance n’a d’égale que son efficacité. Mais voilà, Bodmer vient d’enchaîner plus de soixante-dix matchs en deux saisons parisiennes. Et puis les hommes ont toujours eu un faible pour tout ce qui est fragile. Quand la solidité inspire du respect et de la crainte, la fragilité fait chavirer les cœurs. Cela tombe bien, cette équipe de France a besoin d’amour.

Bodmer pour faire aimer les Bleus

Oui, la liste des concurrents au(x) poste(s) de Bodmer pour l’Euro est très longue. M’Vila, Cabaye, Martin, Nasri, Alou Diarra, Lass, Matuidi, Capoue, Sissoko, Gonalons, Toulalan et l’irrésistible Chantôme (si Gourcuff est « sélectionnable », alors…) se disputent quatre voire cinq places. Disons quatre sans Nasri. Avec cette liste, il est très compliqué de choisir quatre joueurs aux profils différents. Bodmer ne serait pas titulaire, mais il serait un plus précieux.

Un plus que Laurent Blanc doit emmener à l’Euro, même si nous avons bien conscience des maigres chances de Mathieu de faire le voyage. Evidemment, Bodmer ne va pas débarquer en Bleu, enfiler le numéro 10 et donner une fluidité zidanienne à la sélection française. Mais faire rentrer Bodmer dans un match de poule à l’Euro, c’est l’assurance d’avoir un joueur avec le talent et les couilles nécessaires pour mettre un petit pont à Lampard ou Zlatan et enchaîner sur une grosse frappe qui démangerait soixante millions d’âmes en attente de vibrations. Nous faire rêver, nous divertir et puis surtout nous rendre fiers. Montrer au reste de l’Europe que la France aussi produit des joueurs frissons, vendre les mérites de notre belle Ligue 1. Rajoutez Ben Arfa et Trezeguet, et les Bleus deviendront même une équipe sacrément sexy.

Le débat ne se situe ni sur son niveau de jeu (largement international, jurisprudence Alou Diarra), ni sur son expérience (jurisprudence Valbuena), mais plutôt sur l’enthousiasme. Vulgairement dit, nous parlons du kiff des Français. Après le niveau d’enthousiasme atteint en 2008 et 2010, l’équipe de France nous doit ce genre de surprise en 2012. Car l’enthousiasme, le rêve et l’espoir restent de loin les éléments les plus importants lorsqu’un pays joue une compétition internationale. Pour une sélection qui sort dès la phase de poule, une telle compétition ne dure que 270 minutes, soit 4h30 seulement. Pas grand chose. Rien à côté de toutes les heures que le peuple Français passera à penser aux possibilités et au potentiel de cette équipe. Toutes ces heures passées à imaginer la formation, le parcours des Bleus ou même à jouer virtuellement avec l’équipe. Une équipe fait rêver à partir de là, à partir de ces moments où les « et si… » savent si bien nous envoyer au paradis. Sélectionner Bodmer, Ben Arfa et Trezeguet (pas forcément titulaires) permettra d’offrir ce potentiel de rêve essentiel aux supporters des Bleus.

Bien sûr, l’Espagne a remporté le doublé Euro-Mondial sans Guti. Mais la Roja a eu la chance de pouvoir compter sur des joueurs à la fois hyper performants et hyper enthousiasmants. Prenons plutôt l’exemple de l’Italie. Peu importe la piètre performance de la Squadra Azzurra en Afrique du Sud, les seules présences de Cassano et Balotelli  font très facilement croire à l’impossible pour le mois de juin. Il est certain que Bodmer n’est ni Fanantonio, ni Supermario. Mais il est tout aussi sûr que l’aisance de Bodmer est capable de surclasser les milieux de terrain anglais, suédois et ukrainiens, ce qui n’est pas le cas de celle de tous ses concurrents… « Un joueur fantastique« , comme dit Carletto.

Bodmer à l’Euro, un choix raisonnable ?

Alors bien sûr, Bodmer ne fait pas (encore) partie du groupe France et ne compte qu’une seule pauvre sélection en A’ (très pauvre même), mais que vaut la raison face au rêve ? La raison, parlons-en. Trois arguments vont à l’encontre de la sélection du « frère blanc » de Bernard Mendy : une expérience inexistante en Bleu, un âge avancé pour un début (le classique « il a laissé passer sa chance, laissons de la place aux plus jeunes pour le futur ») et une présence pas automatique dans le 11 parisien. Sauf que, premièrement, il est difficile de douter de la capacité d’adaptation d’un bonhomme comme lui (un joueur qui à 21 ans rachète son propre contrat pour quitter Caen) qui connaît bien mieux le très haut niveau que nous voulons bien le croire (photo et photo). Deuxièmement, Marcos Senna avait 32 ans à l’Euro en 2008. Enfin, Bodmer arrivera peut-être à l’Euro avec un nouveau titre de Champion de France. Maturité, confiance et peur de rien. Sans oublier de rajouter que 190 centimètres et 90 kilos supplémentaires pourraient s’avérer utiles à l’heure d’aller affronter des vikings, des ukrainiens et des rosbifs.

Au mieux, si l’équipe de France continue sur sa lancée des matchs amicaux (rappelons les victoires sur l’Angleterre, le Brésil et l’Allemagne) et parvient à allier solidité et efficacité, Bodmer chauffera le banc et apportera de nouvelles options dans le cas d’une impasse ou de difficultés. Au pire, si les Bleus sont pathétiques et confondent solidité et peur de jouer, alors les gestes et le jeu décomplexé de Bodmer nous mettront du baume au cœur, voire plus…

Parce que l’équipe ne doit pas être divisée en deux, parce que la fantaisie ne doit pas être la propriété exclusive des numéros 7, 9, 10 et 11, nous espérons voir Bodmer en bleu en juin. Et même si c’est extrêmement improbable, il n’est pas interdit de rêver. Imaginez…

Markus

PS : Le titre de l’article fait référence à la chanson « Hold on » de Sean Paul, reprise par le camp socialiste lors de la campagne présidentielle (le fameux « Hollande to the dream » )

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