De quoi l’élite de la Premier League est-elle faite ?

Alors que les clubs anglais ont mal commencé leur saison européenne, Paul Scholes a déclenché l’alarme mercredi soir sur BT Sport. D’après l’ex-milieu aux longs ballons visionnaires, Sergio Agüero serait le seul joueur de Premier League à avoir le niveau pour jouer au Barça, au Real ou au Bayern. Et personne d’autre ? Mais alors, de quoi l’élite de la Premier League est-elle faite ?

Ce mardi, Wenger et son Arsenal se sont laissés abattre par l’Olympiakos devant leur public, à l’Emirates Stadium. Le Chelsea de Mourinho est revenu de Porto avec une défaite. Quelques jours plus tôt, Manchester City avait reçu une leçon de réalisme face à une Juventus en proie aux doutes et Manchester United avait encaissé un coup d’épaule tactique de la part du PSV de Moreno. C’est dans ce contexte que Paul Scholes, assis confortablement aux côtés d’un Rio Ferdinand élégant, a balancé une phrase choc avec l’assurance de lancer l’une de ses transversales balistiques.

« Si on regarde la qualité des joueurs qui viennent en Angleterre, je ne pense pas que nous avons les meilleurs joueurs d’Europe, ou du monde. Les meilleurs joueurs sont au Real, au Barça ou au Bayern. Un cran en dessous, il y a le PSG et la Juventus, puis encore en dessous, il y a la qualité des clubs anglais. Quand on réfléchit à la qualité de joueurs qu’on a, est-ce qu’un seul de ces joueurs qui jouent dans nos meilleurs clubs aurait sa place à Barcelone, au Real ou au Bayern ? J’en doute fortement. Sauf peut-être Sergio Agüero, c’est l’exception. » Intéressons-nous donc à l’élite du championnat le plus riche au monde. Une élite découpée en quatre castes.

Les exilés des cadors européens

Alexis Sánchez. Yaya Touré. Mesut Özil. Cesc Fàbregas. Pedro. Bastian Schweinsteiger. En plus d’être la crème de la crème des top players qui devraient faire la pluie et le beau temps cette saison en Angleterre, ces six joueurs ont un point commun crucial : ce sont tous des exilés du Barça, du Real ou du Bayern. Explosif à Udine, Alexis n’a jamais su se faire une place au soleil à Barcelone. Souvent brillant, mais jamais assez dominant, le Chilien a fini par préférer un rôle de leader en Premier League à celui d’arme offensive de plus en Catalogne. Yaya, lui, a été le premier à quitter le navire conquérant barcelonais. En 2010, alors que le Barça vient d’échouer aux portes d’un second triplé consécutif, l’Ivoirien est envoyé à Manchester pour laisser éclore Sergio Busquets, en échange de trois dizaines de millions d’euros.

Le cas Pedro est le plus récent. Pour certains, l’Espagnol s’est avoué vaincu par la concurrence et a fini par abandonner l’idée d’une carrière entière jouée au Barça. Pour d’autres, Pedro s’est enfin libéré et a décidé d’aller briller loin du toit de sa famille. Toujours est-il que si le joueur des Canaries est parti, c’est parce qu’il ne pouvait concurrencer Messi, Suárez et Neymar. Cesc Fàbregas et Mesut Özil sont des cas particuliers : le premier est devenu celui qu’il est en Angleterre et avait un temps de jeu conséquent au Barça (sans avoir jamais été le centre du jeu), tandis que le second n’a pas souhaité son départ et a plutôt « fait de la place » à Madrid, tel un joueur dispensable. Madrid l’a regretté au départ, mais n’y pense plus aujourd’hui. Schweinsteiger, enfin, n’a jamais réussi à tirer son épingle du jeu sous le commandement de Guardiola. Un temps leader charismatique et technique du Bayern, l’ex-ailier était devenu une option de rechange au milieu, moins précis que Kroos, moins patient qu’Alonso.

Les exilés de la Liga

David Silva. Diego Costa. Santi Cazorla. David de Gea. Thibaut Courtois. Ander Herrera. Nicolas Otamendi. Juan Mata. Jésus Navas. Cette catégorie a plus de chances de faire taire Paul Scholes, mais uniquement parce que ces joueurs n’ont jamais été confrontés au niveau de concurrence des trois cadors (à part en équipe nationale). Que ce soit à l’Atlético, à Valence, Villarreal, Séville, Bilbao ou Málaga, ils ont le point commun d’avoir tous fait souffrir le Barça et le Real au point d’en devenir des cibles officielles lors du mercato. Silva avait été annoncé au Real Madrid avant de devenir le futur partenaire d’Iniesta au Barça. Diego Costa était la menace numéro un des deux grands d’Espagne. De Gea n’est pas passé loin du Real, tandis que Courtois était un rêve murmuré près de la Castellana. Enfin, Otamendi a démontré la saison dernière qu’il avait le timing et la force pour contrer les attaques titanesques des deux gros cadors. Ainsi, si aucun de ces joueurs n’a fini par rejoindre l’un des trois derniers vainqueurs de la Ligue des champions, ce n’est certainement pas par manque de niveau. Mais aujourd’hui, à l’image de Silva et Cazorla, ils n’ont pas non plus réussi à hisser leurs clubs respectifs au plus haut niveau européen. Après tout, s’ils sont arrivés en Angleterre, c’est aussi parce qu’à un moment ou à un autre, le Real et le Barça ont bien voulu les laisser quitter l’Espagne.

Les « stars » que la Premier League a fabriquées ou essaye de faire éclore

Eden Hazard. Vincent Kompany. Nemanja Matić. Memphis Depay. Marouane Fellaini. Daley Blind. Christian Benteke. Willian. Oscar. Coutinho. Eux, ce sont les bijoux du championnat anglais. La Premier League est allée les chercher en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Portugal, en Ukraine, voire en France et en Italie, pour en faire des étoiles planétaires. Si certains deviennent des Marcos Rojo, les autres font l’unanimité en Premier League. Seulement, ils doivent encore convaincre sur la scène européenne, là où leurs prédécesseurs Vidić, Ivanović, Riise ou Cristiano ont su régner. Évidemment, l’étude de la véracité de la déclaration de Scholes doit se faire au cas par cas : par exemple, la volonté de Kompany de triompher en tant que Citizen ne peut remettre en question son niveau de jeu.

Et enfin, les Anglais

Wayne Rooney. Raheem Sterling. Joe Hart. Jordan Henderson. Ashley Young. James Milner. Alex Oxlade-Chamberlain. Gary Cahill. James Milner. Jack Wilshere. Daniel Sturridge. Difficile d’imaginer un seul de ces noms au Barça, au Real ou au Bayern. De toute façon, ils ne partiront probablement même pas à l’étranger. À l’image du fidèle Rooney, qui avait pourtant tout le talent du monde dans ses pieds.

Markus

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Article publié le 02/10/2015 sur SOFOOT.com

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