Et si Messi avait révolutionné le football cet été ?

De Mourinho à Dani Alves en passant par Riquelme et Xavi, il aurait suffi d’un départ de Leo Messi pour changer la face du football mondial cet été… Des prophéties plus ou moins vraisemblables, des trahisons plus ou moins scandaleuses, des défis plus ou moins réalisables, mais des transferts tous bien réels dans une imagination automnale qui rêve d’une toute autre destinée pour l’Argentin.  Fiction : et si Leo Messi était parti à Stoke cet été ?

« But can he do it on a cold rainy night in Stoke? » Mais peut-il faire ça dans le froid d’un soir pluvieux à Stoke ? Ces paroles, prononcées par les médias anglais pour diminuer l’ampleur des performances de Messi en Espagne, ont fait le tour du monde. Incapable de gagner quoique ce soit avec l’Argentine, Messi doit-il vraiment sa grandeur au Barça ? Sans Xavi et Iniesta, aurait-il gagné autant ? Dans un autre championnat comme la Premier League, serait-il aussi dévastateur ? A 28 ans, ces questions ont commencé à peser sur les épaules de Leo. La saison dernière, déjà, après chaque but marqué contre les petits poucets de Liga, cette voix résonnait sans cesse dans sa tête : « C’est bien, Leo. Mais est-ce que tu peux faire ça à Stoke, hein ? » Puis, en cet été 2015, après la Copa América chilienne, le jour où Leo douta de la réponse est arrivé.

Messi Stoke

Du jour au lendemain, début juillet, l’Argentin exige un départ à la direction barcelonaise et atterrit à Stoke sans même savoir où il met les pieds. Après trois journées, l’Argentin n’a pas marqué le moindre but en Premier League et les premiers bilans tombent : Messi serait un énième joueur latin habile mais fragile. Puis, à la quatrième journée, Stoke affronte West Bromwich. Sur un duel classique de Premier League, le genou gauche de l’Argentin se retrouve coincé entre les deux cuisses de Stéphane Sessegnon. Le constat est sans appel : rupture des ligaments croisés. Messi devient la risée de toute l’Europe du Nord. Mais deux semaines plus tard, l’Argentin est déjà de retour. Un triplé contre Arsenal. Puis un sextuplé contre Leicester City. En quatre mois, Messi bat tous les records de tous les championnats. Stoke est assuré de finir champion d’Angleterre avant le Boxing Day et le génie de Rosario en profite pour partir à Naples, histoire de fermer les dernières bouches qui s’ouvrent encore.

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Dani Alves aurait signé au Real Madrid. Après avoir passé la saison dernière à pleurer sur son sort et à réclamer des sous et de l’amour à la direction barcelonaise, Dani Alves transforme ses paroles en actes à la suite du départ de Messi. Adieu la prolongation de contrat, bonjour le Real Madrid. Comme Luis Figo, Dani Alves fait le trajet Barcelone-Madrid avec cette insolence qui lui colle aux pieds. Pour son premier Clasico de traître au Camp Nou, il croque à pleines dents le cochon qu’on lui lance sur la tête, puis marque d’un corner direct de l’extérieur du pied droit. Rafa Benitez le fait jouer numéro 10 derrière Cristiano et Benzema, et le Brésilien signe plus de passes décisives que Cristiano ne marque de buts. Contre toute attente, Alves remporte le Ballon d’or en battant Messi. Mais alors que le Brésilien remarque la présence de son ex coéquipier sur scène, son instinct prend le dessus : il pose le ballon et lâche un centre brossé en direction de l’Argentin. Une passe décisive de plus.

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Pep Guardiola et José Mourinho seraient partis entraîner en Argentine. Cet été, lors d’un match amical Bayern-Chelsea entre deux équipes B devant des tribunes remplies de VIP, il a suffi d’un regard pour que Mourinho et Guardiola se mettent d’accord : finies les conneries et les petites batailles de gros sous. Si Messi donne de l’importance à sa quête personnelle, qu’ils fassent de même. Avec deux Ligues des Champions et des dizaines de titres chacun en Europe, les deux tacticiens n’ont plus rien à prouver à ces clubs qui croient pouvoir leur exiger une C1 par saison en échange d’un salaire d’une dizaine de millions d’euros. Pep et José sont plus profonds que ça. Problème : où aller pour trouver un championnat compétitif, des joueurs aux profils variés et de la tension ? L’Asie et la MLS sont encore trop jeunes. Le Brésil est trop vulgaire. D’un commun accord, les deux génies choisissent d’aller mesurer leur savoir en Argentine, sur les terres de Menotti et Bilardo. Mais pas de Boca ni de River dans leur destinée : Pep et José ne veulent plus de jeu de pouvoir. Le cap est mis sur Avellaneda, au sud de Buenos Aires. Pour Milito (Diego), José choisit le Racing. Pour Milito (Gaby), Pep choisit Independiente. En un été, il a suffi que deux hommes en costard changent de club pour faire du Clasico de Avellaneda le match le plus fascinant de la planète.

Milito Guardiola

Esteban Cambiasso aurait signé à Chelsea, puis serait devenu le roi du monde. Après avoir réalisé une saison de patron pour Leicester City, Cambiasso a démontré à tout le monde qu’il en avait encore sous le capot, même pour la Premier League. Là où les autres utilisent poumons et muscles, Cuchu compense par son intelligence et sa lecture du jeu. José Mourinho, toujours amoureux et pas encore parti, le fait venir à Chelsea pour commander ses troupes bleues vers de nouveaux trophées. Positionné aux côtés de Matic et Fabregas, voire en défense centrale, Cambiasso réinvente le poste de libéro. Son influence sur l’équipe est telle qu’en janvier, Abramovitch limoge Benitez (venu pour remplacer Mourinho, évidemment) et nomme l’Argentin entraîneur-joueur. Cambiasso remporte le triplé avant de partir terminer sa carrière en Argentine, refusant une offre milliardaire du Real Madrid. Deux ans plus tard, son club formateur Argentinos Juniors devient enfin champion du monde des clubs en prenant sa revanche sur la Juventus, aux tirs aux buts, plus de trente ans après.

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Riquelme serait revenu au Barça. A la recherche d’un numéro 10 pour remplacer Messi, le Barça parcourt toute l’Europe pour servir Suarez et Neymar. Après avoir essuyé les refus de De Bruyne, Sneijder, Özil, Isco, Nasri et même Valbuena, la direction barcelonaise change de plan et envoie une escouades de commandos pour faire sortir Juan Roman Riquelme de sa retraite. Fatigué, l’Argentin ne dispute qu’une rencontre par mois mais finit la saison avec 45 passes décisives, soit 5 par match. Face à Manchester United en finale de Ligue des Champions, il fait chuter Louis Van Gaal d’une feinte de passe aveugle avant de servir Luis Suarez dans la profondeur, réalisant par la même occasion le record de dix petits ponts en une seule passe.

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Thiago Motta aurait signé à Marseille. C’est bien de réclamer de l’affection. Mais si Thiago Motta était vraiment convaincu d’être le joueur le plus important du PSG depuis trois ans et demi – et il a des raisons pour l’être – il serait parti le démontrer ailleurs. A Marseille, par exemple, entre Lassana Diarra et Abou Diaby. A la suite du départ de Dani Alves, Motta prend enfin son courage à deux mains et monte dans le TGV. Sous le choc, Marcelo Bielsa revient et l’OM se met à rêver. Pour son premier Classique contre le PSG, Motta ne perd pas de temps et part provoquer Ibrahimovic. Jaune pour le Suédois, rouge pour Verratti et but contre son camp de David Luiz. A lui tout seul, Motta parvient à concentrer le niveau de haine des Parisiens pour Lorik Cana, Gabi Heinze, Fabrice Fiorèse et Diego Costa. Insuffisant pour le titre, toutefois : en janvier, Vincent Labrune vend le gaucher en Premier League et fait finalement revenir Didier Drogba. Lors de la dernière journée face au PSG, l’Ivoirien manque un pénalty décisif au Vélodrome.

Mais Didier Drogba à l’OM, c’était aussi…

Xavi aurait triomphé à River Plate, ou presque. Après une énième Ligue des Champions et un nouveau triplé, Xavi se cherche un nouveau défi en juin dernier. Après avoir vu Messi partir au nom d’un défi personnel, Xavi tire un trait sur les sous du Qatar. Toujours aussi obsédé par le beau jeu et les ballons qui roulent au sol, le milieu de génie entend parler d’une terre lointaine, de tradition offensive, mais occupée depuis des années par les forces obscures des longs ballons et dégagements intempestifs : la Primera Argentina. Convaincu par Marcelo Gallardo, le Catalan signe à River Plate et se lance le défi de traverser l’Atlantique avec le tiki-taka dans les pieds. Xavi débarque au Monumental, se positionne devant Kranevitter et lance la machine. Après deux rencontres de possession stérile, toute la presse sud-américaine se moque du « petit conquistador orgueilleux qui pensait pouvoir changer l’histoire… ». Et puis, la sauce prend miraculeusement : 80% de possession de balle, 3-0, 4-0, 5-0. Le fameux « palais de River » reprend goût au ballon et le jeu flamboyant de Xavi le mène jusqu’au Mondial des Clubs, en finale contre le Barça. Paniqué à l’idée de blesser le club de sa vie et prêt à mourir pour ses idées, Xavi décide de garder la balle pour lui durant l’intégralité de la rencontre, avant de marquer contre son camp un but symbolique, du plat du pied. Le châtiment est sans merci : Carlos Sanchez lui fait manger le ballon.

Markus

Une réflexion sur “ Et si Messi avait révolutionné le football cet été ? ”

  1. Waw, c’était passionnant, en général les articles de foot en mode fiction j’aime pas trop, là j’étais pris dedans, merci.
    Par contre le lien concernant l’article de Cambiasso ne correspond pas, ça renvoi à celui de Dani Alves.

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