L’équipe du mercato 2015 de FT

S’acheter une nouvelle vie. Voilà le luxe qu’est proposé aux clubs de football chaque été au mercato. De juin à août, tous les amoureux de ballon rond travaillent leur imagination et leur capacité de projection. Avec des « si », l’été devient inspirant ou inquiétant, drôle ou triste, toujours rempli d’émotions. Une belle occasion de se rendre compte de l’éventail des directions que prend le football européen.

Les clubs les plus riches ont continué à s’enrichir, du Real Madrid au Barça en passant par les deux Manchester et le Bayern. Et les clubs qui avaient trop réussi leur saison dernière ont dû se réinventer, de la Juventus à l’Atlético en passant par Wolfsburg. Des montants faramineux dépensés plus ou moins vulgairement par le milieu de tableau de la Premier League à l’arrivée impériale de Dimitar Berbatov au PAOK, ou encore le départ de Gignac au Mexique, le mercato a montré tous les visages du ballon rond cet été. Comme toujours lors de la réalisation de cette équipe-type, FT a tenté de présenter la meilleure équipe en respectant un contexte tactique clair. Si cette équipe doit être la plus performante et la plus intelligente possible, elle doit aussi respecter notre amour de la surprise, le beau et l’inutile. Habillée d’un 4-3-3 moderne qui aime à la fois le pressing et la verticalité, l’équipe se veut fidèle à certaines traditions : un gardien originaire d’Europe de l’Est, des latéraux brésiliens, des centraux sanguinaires venus d’Amérique latine, un avant-centre argentin et enfin un meneur de jeu français…

Equipe mercato 2015 FT

 

Petr Cech, de Chelsea à Arsenal. L’évidence. Le transfert de l’année en Premier League, pour ses conséquences potentielles sur le groupe de Chelsea, les résultats d’Arsenal et la vision de Wenger. En acceptant de faire confiance à un joueur de plus de 30 ans, Arsène contourne l’un de ses principes. Et si c’était le début d’une série ? Il ne reste plus qu’à faire venir John Terry et Branislav Ivanovic, et la défense des Gunners pourrait peut-être enfin rivaliser pour le titre. Dans cette équipe FT, Cech sera à la fois le guide du vestiaire et de la défense.

Nicolas Otamendi, de Valence à City. L’an dernier, et l’année d’avant, et l’année d’encore avant, les Citizens nous avaient fait croire qu’ils pourraient atteindre les rives de l’Europe continentale sans couler en huitième de finale de C1, voire avant. Cet été, avant de repartir à l’abordage avec Sterling et De Bruyne, les mancuniens ont jugé utile de s’acheter une bouée de sauvetage (à lire : Otamendi, la force de l’expérience). Judicieux quand on sait que celle-ci a démontré à Valence qu’elle savait protéger un bateau innocent face aux assauts des pirates barcelonais. Et c’est aussi ce qui plait ici : Otamendi sait défendre près et loin de ses cages.

Miranda, de l’Atlético à l’Inter. Beaucoup de conneries sont faites lors de chaque mercato, mais parfois, les planètes s’alignent et une opération parfaite est réalisée. En trois temps : l’Atlético libère une place pour le génial José Maria Giménez et touche quelques millions d’un joueur ayant atteint la trentaine ; l’Inter s’offre l’un des meilleurs centraux au monde au meilleur prix ; le joueur se voit offrir le défi de leader qu’il n’a jamais eu. Bingo. Et celui qui pourrait avoir touché le jackpot semble être  le jeune colombien Jeison Murillo, coéquipier de Miranda à l’Inter et frisson de la Copa América qui semble pouvoir allier le physique de colosse de Walter Samuel et la conduite de balle risquée de Lucio…

Petr Cech tactique

Filipe Luis, de Chelsea à l’Atlético. En hommage à la maîtrise de l’Atlético Madrid chaque été depuis maintenant quatre saisons. Alors que le club madrilène s’était construit la réputation du grand club le moins bien géré du continent, les colchoneros sont un modèle depuis l’arrivée du Cholo Simeone. En plus du rapatriement économique du latéral brésilien, les rojiblancos ont perdu et aussitôt remplacé Mandzukic, Arda Turan, Miranda, Raul Garcia et Mario Suarez par Jackson Martinez, Vietto, Savic, Ferreira-Carrasco et Kranevitter.

Dani Alves, du Barça au Barça. Ne pouvant pas se renforcer dans l’immédiat, les Barcelonais n’ont pas perdu de temps et ont déjà préparé leurs courses de Noël avec Arda Turan et Aleix Vidal. Mais le plus important n’est pas là. En convainquant Dani Alves de prolonger son contrat, le Barça a surtout réussi à conserver l’un des seuls joueurs irremplaçables de son animation offensive. Dani Alves, l’associé historique de Messi, n’est pas prêt d’arrêter son compteur de passes décisives. Dans cette équipe, habillé du numéro 10 qu’il mérite, il aura carte blanche pour faire ses numéros de meneur de jeu décalé.

Lassana Diarra, de nulle part à Marseille (capitaine). Les chiffres ne se gênent jamais pour blesser : en 15 ans de carrière, le génial milieu français n’a joué que 17 matchs par saison en moyenne. Un chiffre ridicule qui explique en grande partie la fascination que suscite Lassana Diarra. Sa carrière a toujours ressemblé à une course contre la montre car on a toujours eu l’impression de ne l’avoir jamais vu assez. Dans cette équipe, il jouera autant qu’il veut et partout, à la relance et au pressing, portant fièrement un brassard de capitaine qu’il aurait pu porter chez les Bleus dans un autre monde (celui de FT, par exemple. A lire : Lassana, le triple A pour sauver l’Euro, article publié en janvier 2012).

Arturo Vidal, de la Juventus au Bayern. Une année étrange, mouvementée, couronnée de succès et de scandales. L’an passé, Vidal a récupéré de sa blessure puis tenté de récupérer son meilleur niveau. Peine perdue, jusqu’à une extrême fin d’année qui l’a mené jusqu’à la finale de C1 et ce petit pont cinématographique subi devant Dani Alves. Parti dans la foulée chez lui au Chili, Vidal n’a pas perdu de temps pour renverser la tendance. Des prestations héroïques à Santiago, un casino, une Ferrarri explosée, des larmes et des accusations, et un premier titre historique pour la Roja (à lire : Arturo Vidal, l’élastique tactique). Dans cette équipe, Vidal courra plus que les autres et donnera toujours l’impression d’être le plus frais. Le guerrier traumatisera les cuisses de ses adversaires qui partiront vomir leurs séances de squats inutiles face à une force de la nature qui semble capable de revenir de tout.

Vidal tactique

Angel Di Maria, de Manchester United au PSG. C’est sans aucun doute le transfert qui pourrait avoir le plus d’influence sur les équilibres actuels en Ligue des Champions. Un transfert qui en dit long sur l’histoire récente de Manchester United et l’instabilité technique subie depuis le départ de Sir Alex Ferguson. Un transfert qui donne aussi à Laurent Blanc toutes les cartes en main pour aller loin en Europe (à lire : Comment faire jouer Di Maria au PSG ?). Avec un effectif où les postes offensifs sont enfin doublés et avec l’une des équipes les plus sexy d’Europe (Verratti, Pastore, Motta, Di Maria, Ibra…), le PSG aurait réussi son mercato avec cette seule pièce. Et notre équipe se retrouve renforcée par un couteau suisse unique. Pourvu qu’il aime autant nos couleurs que celles de Rosario Central…

Pedro, du Barça à Chelsea. Le Barça et sa Masia étaient un chateau confortable pour le Canarien. Puis, du jour au lendemain, l’aile droite qui lui appartenait lui a été confisquée. Direction la cave pour l’un des derniers bijoux de la Masia. A 28 ans, il faut du courage pour partir de chez papa et maman. Surtout qu’un Triplé est toujours savoureux, même vécu depuis une cave. Pedro a pris son courage à deux mains et, comme Fabregas, est parti retrouver le grand méchant Mourinho. Son sens du jeu exceptionnel, son infatigable capacité à répéter les appels et épuiser les défenses, les quantités de solutions qu’il apporte à ses latéraux et ses milieux, et enfin sa finition – l’une des plus fines des dix dernières années – en feront l’arme fatale de cette équipe.

Salah, de la Fiorentina à la Roma en passant par Chelsea. L’atout surprise. Le pied gauche le plus spontané du moment est reparti pour un tour de slaloms dans cette Serie A transformée en terre d’accueil de talents boudés en Angleterre. Comme Dzeko, Salah a « choisi » Rome. On l’aurait préféré à Naples, pour sa zurda maradonesque, mais peu importe. Sur son rythme florentin, Salah a continué à faire mal à la Juve et son impérialisme institutionnel. Fascinée par les soulèvements populaires menés par la virtuosité d’une seule tête et en manque de la patte gauche de Giuseppe Rossi, l’Italie en redemande. Et nous aussi.

Carlos Tévez, de la Juve à Boca Juniors. Sans véritable numéro 10, cette équipe avait besoin d’un phare pour l’éclairer. Un avant-centre qui donne un sens, fasse jouer, passe et marque. Cet été, tandis que les transferts européens millionnaires faisaient du bruit, Carlitos a silencieusement fait ses valises et a sacrifié sa trêve estivale au nom du privilège de porter le maillot de son équipe de coeur (à lire : Le monde de Carlos Tévez). De retour à Boca, Tévez pourrait changer le destin du football sud-américain. Et faire de l’attaque de cette équipe FT un infatigable rouleau compresseur.

Tévez tactique

Entraîneur : Marcelo Bielsa. Et pour cela, il fallait un homme capable de transformer un mercato (rêves, espoirs, paris) en réalité (victoires, titres, filles). Puisqu’aucun entraîneur a toujours réussi à réaliser cette prouesse, FT a pensé qu’il serait judicieux de donner une chance à un homme qui n’a jamais eu la chance de se faire offrir un mercato à la hauteur de sa science. Bielsa aura évidemment tous les pouvoirs, à condition que le brassard reste bien accroché au bras de Lass.

BANC DES REMPLACANTS

Raul Garcia, de l’Atlético à l’Athletic Bilbao, pour le sens du jeu.

Joaquin, de la Fiorentina au Betis, pour le sens du cœur.

Felipe Melo, de Galatasaray à l’Inter, pour le sens de la folie.

James Milner, de City à Liverpool, le premier transfert sensé de Liverpool depuis Craig Bellamy.

Romagnoli, de la Sampdoria au Milan en passant par la Roma, parce que le Milan de Berlusconi investit (25M€) à nouveau sur la jeunesse italienne. La dernière fois que c’est arrivé, en 2001, il s’agissait d’un jeune homme de 22 ans qui répondait au doux nom d’Andrea Pirlo…

Immobile-Llorente, de Dortmund et de la Juve au FC Séville, ou comment faire venir une paire d’attaquants de grande classe pour rien du tout.

Stevan Jovetic, de City à l’Inter, le coup de cœur. A choisir entre les deux buteurs des Balkans virés par City (le Monténégrin et Dzeko), Jovetic l’emporte pour le romantisme potentiel d’un come-back réussi. Si Roberto Mancini est capable de relancer la carrière de l’ex bouclé, tout devient possible. Et c’est tout le sens d’un mercato : faire rêver en transformant un désespoir réel en espoir rêvé, le temps d’un été. Voire un petit peu plus…

N. B. : vous remarquerez qu’il n’y a pas de gardien de but remplaçant. Cela n’est pas dû à une confiance aveugle envers Petr Cech, mais plutôt aux talents cachés de Felipe Melo.

Une réflexion sur “ L’équipe du mercato 2015 de FT ”

  1. Ah oui pendant l’été toutes les équipes se refont une beauté esthétique pour leur club, de nouveaux joueurs, entraineurs, … j’espère que cette année on va avoir de nouveaux talents.

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