Brésil-Venezuela, à l’Estadio Monumental

thiago silva robinho

En s’imposant 2-1 grâce aux buts de Thiago Silva et Firmino sur la musique d’un bon Robinho, le Brésil a chopé la première place du groupe C, éliminé le Venezuela et qualifié la Colombie. Après avoir longtemps cru retrouver sa sérénité, des changements discutables et une fin de match angoissée ont replongé les hommes de Dunga dans le doute. En quarts de finale, la Seleção affrontera le Paraguay.

Le décor est le même, mais la scène a changé. Alors que le Brésil était arrivé mercredi dernier en pleine confiance dans un stade déguisé pour l’occasion en enfer colombien, le groupe de Dunga est entré ce soir sur la pointe des pieds dans la même enceinte du Monumental de Colo-Colo. Devant les 33 284 spectateurs et quelques sièges vides, le match aura permis d’observer – à défaut d’admirer – l’application erronée du concept préféré de Dunga : le « contrôle du jeu ». Une entame faite de possession sans risque, un but sur corner de Thiago Silva et une accélération de Willian pour doubler la mise en début de reprise. Et puis, enfin, un petit but encaissé et une montagne de doutes : six défenseurs sur la pelouse, un bloc assiégé dans sa propre surface, Dani Alves seul en contre-attaque et une sélection vénézuélienne réveillée. Pour rien, finalement.

Leader Robinho

Alors que les arbitres avaient quitté le Brésil avec une insulte et un coup de pression de Neymar à la dernière seconde du match contre la Colombie mercredi, ils retrouvent la Seleção avec un câlin de Robinho, très entreprenant dans tous les sens, dès la deuxième minute. Sept tours d’horloge plus tard, une transversale d’Elias et trois passements de jambe de Dani Alves suffisent pour que le Brésil retrouve des couleurs et du son. Certainement pas de la samba, mais quelques « Brasil, Brasil, Brasil » sincères. Et c’est déjà pas mal. L’inattendu Robinho vient alors prendre le ballon et tirer le corner. Thiago Silva est en dehors de la surface, prêt à jaillir. Une feinte de corps, puis une deuxième, et le pauvre Andrés Tuñez est dépassé : volée du droit et 1-0. Puissant, physique et appliqué, le Brésil semble retrouver le style dunguesque de ses derniers matchs amicaux.

Le reste de la première période est la combinaison de deux notes qui sonnent comme le vieux Milan de Massimiliano Allegri : un Thiago Silva impérial qui place sa tête un mètre au-dessus de celle de Rondón à l’occasion de chaque duel aérien, mais aussi un Robinho aux envies fantasques. Un coup du sombrero, une série de passements de jambe en pleine course et même une reprise de volée sans contrôle. Avec 45 ballons touchés, Robinho porte même le costume de guide offensif de la Seleção, même si cette dernière joue au ralenti. Mise à part une bonne volée de Filipe Luís repoussée en corner, la maladresse de Firmino et la timidité de Coutinho sont les seuls faits intéressants de la première période. En face, le Venezuela est orphelin de son numéro 9, kidnappé par Thiago Silva et Miranda.

De la sérénité au désordre

Virtuellement éliminé, le Venezuela pousse, et le Brésil découvre des espaces jusque-là cadenassés. Si Robinho est encore aux platines, c’est à Willian de mener la danse. Lancé en contre par Robinho, le joueur de Chelsea accélère une première fois, mais Firmino n’a pas suivi. À la 51e, une nouvelle accélération de Willian sur le côté gauche casse des reins vénézuéliens : centre de l’extérieur du pied et finition à bout portant de Firmino. 2-0 ! Le Venezuela répond timidement via un coup franc puissant du capitaine Arango, mais Jefferson s’interpose. Peu après l’heure de jeu, Dunga fait tourner : Tardelli pour Firmino devant, et David Luiz pour Coutinho. Le Parisien se place au milieu en sentinelle. À un quart d’heure du terme, c’est au tour de Marquinhos d’entrer en jeu pour Robinho : le marquis se place en latéral droit et Dani Alves monte d’un cran. Six défenseurs brésiliens sont sur la pelouse, en plus d’Elias et Fernandinho. Alors que le Venezuela jette désespérément ses dernières forces dans la bataille, David Luiz trouve le temps de se montrer : passements de jambe, ciseau acrobatique (puissant et cadré), coups de casque spectaculaires et fautes vulgaires.

Mais alors que le destin semble scellé, un coup franc vénézuélien change tout. Frappe puissante, semi-parade de Jefferson, poteau et reprise de la tête de Miku. 2-1 ! Tous les supporters de la Vinotinto, qui n’y croyaient absolument plus, se lèvent subitement comme s’ils avaient été réveillés au milieu de la nuit, et une bonne partie du public chilien se marre à l’idée de voir le Brésil souffrir. Celui-ci termine finalement son match en souffrance dans sa propre surface, et Dunga ne peut s’empêcher de se brosser frénétiquement les cheveux. À défaut d’avoir retrouvé de la sérénité dans le jeu, la Seleção a tout de même retrouvé le chemin de la victoire, et celui des quarts de finale. Son rival sera le Paraguay, son bourreau de la dernière édition. Une opposition au bloc compact et au potentiel d’agressivité intéressant qui devrait lui compliquer la vie.

Markus, à l’Estadio Monumental, Santiago

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Article publié le 22/06/2015 sur SOFOOT.com

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