Le vol d’Icardi – reportage à Rosario

Icardi Sampdoria

Né à Rosario et arrivé au Barça à 15 ans, Mauro Icardi devait marcher sur les traces de Leo Messi. Au lieu de ça, le buteur argentin a failli faire partir en fumée le Camp Nou, s’est exilé en Italie, s’est marié avec l’ex-femme d’un coéquipier, et a provoqué la colère de Maradona himself. Le tout à seulement 22 ans. Portrait d’un type qui n’aime pas se faciliter les choses. Par Markus Kaufmann, à Rosario (Argentine)

Rosario, un soleil assommant. Trois hommes devisent à la table d’une parrilla populaire, à quelques mètres du fleuve Rio Parana et du stade de Rosario Central. À gauche, Juanchi, l’ami d’enfance de Mauro Icardi, et accessoirement son témoin de mariage en mai dernier. À 22 ans, celui qui gagne sa vie à faire “des pâtes dans un supermarché”, prend le temps de montrer fièrement son tatouage aux couleurs de Newell’s Old Boys, et répond à la question suivante: qui est Mauro Icardi? “C’est un citoyen du monde! Il est aussi à l’aise avec ses meilleurs potes qu’à la table des agents les plus puissants du monde.” Au milieu, le quinquagénaire José Cordoba, maillot de l’Inter sur les épaules, se marre. Il y a quinze ans, il avait été le premier à entraîner Mauro. Aujourd’hui, il bosse comme serveur. Forcément, les discussions de comptoir, il maîtrise. “Un citoyen du monde, je ne sais pas… Je dirais plutôt que c’est un viking!” À sa droite justement, le père du viking argentin arbore un polo Kappa aux couleurs de la Samp’. Un géant moustachu aux mains d’ogre qui dit “manger la tête du poisson et le cul du poulet”. Ça tombe bien, depuis son retour à Rosario il y a un an, Juan Icardi bosse tous les jours dans une boucherie. La chair, une passion qu’il partage depuis toujours avec son exilé de fils: “Mauro a toujours fait ce qu’il voulait. Quand il était au Barça, un jour, il m’envoie la photo d’un énorme pigeon tout déplumé. Je lui demande ce qu’il va en faire. Il me dit: ‘Comment ça? Bah je vais le griller!’ Il s’est mis à faire un feu pour le cuire près du terrain d’entraînement situé derrière le Camp Nou. Un arbre a pris feu et la sécurité est arrivée pour éviter qu’il incendie le stade! Mauro n’est ni un citoyen du monde, ni un viking, c’est un indien. Un indien qui chasse, pêche, et joue au foot. Il pourrait avoir tout l’or du monde au Vatican, je pense que sa manière d’être le ramènerait toujours ici, à Rosario. Pour le foot, la chasse et la pêche.

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Le reportage est publié dans le SO FOOT numéro 126 (mai 2015), que tu peux te procurer ICI et en kiosque, avec deux couvertures au choix (Hazard et Blatter)

Extraits :

À la Masia, les jours de match, je restais dans ma chambre à regarder des films. Et ne croyez pas que je suis le seul: il y en a plein des joueurs qui n’en ont rien à faire du foot.” Mauro Icardi

Mauro, en Italie, ils vont insulter ta mère, ils vont te mettre des coups par derrière, ils vont te mettre des doigts dans le cul, ils vont te massacrer” Juan Icardi, père de Mauro

JMa mère, m’a laissé la liberté de faire mes conneries, pour me faire comprendre que la vie, ça n’est pas Disneyland­” Mauro Icardi

Je pensais avoir à faire à un joueur très jeune, mais ce qui m’a marqué, c’est sa maturité. Il est tranquille, il souffre très peu de la pression qui peut être difficile pour les avants-centres” Roberto Mancini

SOFOOT126

Une réflexion sur “ Le vol d’Icardi – reportage à Rosario ”

  1. Merci encore pour cet article sur Icardi, ça à l’air passionnant. J’espère qu’il restera longtemps à l’Inter mais que l’Inter sera compétitive pour le bien de sa carrière.
    Bien parti pour dépasser Julio Cruz au classement des buteurs qui plantent contre le Juve haha.

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