Masche à l’ombre

Mascherano héros

Outre la finale perdue face à l’Allemagne, l’Argentine a bien failli vivre un autre drame cet été: Javier Mascherano, 30 ans, a songé à prendre sa retraite internationale. C’est Lionel Messi qui l’aurait convaincu de donner encore de sa personne pour la sélection. Lancé dans le grand bain par Marcelo Bielsa, porté aux nues par Diego Maradona et replacé par Pep Guardiola, Mascherano a passé sa carrière dans l’ombre des stars, à corriger les erreurs de ses coéquipiers. Jusqu’au dernier mondial brésilien. Portrait du véritable patron du football argentin.Par Markus Kaufmann et Aquiles Furlone, à Buenos Aires (Argentine)

Octobre 2013. Alejandro Sabella est inquiet. Pour ne pas dire en panique. A quelques mois de la coupe du monde brésilienne, le sélectionneur argentin cherche encore l’équilibre qui fait cruellement défaut à son Albiceleste. Alors il traverse l’Atlantique, direction la Catalogne, pour s’entretenir avec ceux qu’ils considèrent comme les tauliers de son équipe: Lionel Messi et… Javier Mascherano. Accompagné d’Alejandro Blanco, le préparateur physique de la sélection, il conseille au quadruple ballon d’or, loin de son meilleur niveau depuis une blessure contractée en quart de finale de ligue des champions contre le PSG lors de la saison précédente, de se ménager en vue du mondial, et demande à Mascherano de céder son brassard de capitaine à La Pulga. Une manière de responsabiliser le numéro 10, qui a besoin de se sentir important pour donner le meilleur de lui-même. Problème: Messi n’est pas convaincu par la promotion. Il a déjà porté le bandeau lors du mondial 2010 et il avait pris des airs de cadeau empoisonné. Au bout de quelques minutes de réflexion, le meilleur buteur de l’histoire du Barça finit néanmoins par accepter. A une condition: répartir le leadership avec Javier…

Extraits :

Ce n’était pas le plus riche techniquement, mais à 14 ans, n’importe qui aurait vu quelque chose de différent chez lui. C’était un homme qui jouait parmi des enfants.Miguel Tojo

On passait tellement de temps ensemble que les journalistes ont fini par lui donner mon surnom. Moi, je lui ai surtout appris à garder sa position. Il allait presser sur tous les ballons! J’ai dû le raisonner pour lui faire comprendre que c’était impossible. Il voulait toujours aller bloquer le porteur de balle, c’était infernal!Leo El Jefe Astrada

Je n’oublierai jamais les marquages qu’il faisait à Aimar à cette époque-là. Mascherano le rendait fou en anticipant tout ce qu’il faisait. Pablo a tout essayé, mais n’est pas arrivé à le passer une seule fois.Diego Placente

Si Messi a fait décoller l’Argentine grâce à ses buts au premier tour, c’est Mascherano qui l’a ordonnée. Il a donné une structure tactique à une équipe qui n’en avait pas. On peut même dire que c’est lui qui a rendu cette équipe intelligente.Angel Cappa

Ce n’est ni le plus glamour, ni le plus beau, ni même le plus technique, mais il a une influence énorme sur les autres parce qu’il est rassurant. Son optimisme est contagieux. Par certains aspects, il nous rappelle un peu Diego Simeone.Diego Milito

Mascherano est l’idée la plus proche que je me fais de la tunique argentine: sue pour elle, sacrifie-toi pour elle. L’Argentine, c’est Mascherano et dix de plus.Diego Maradona

Tu veux lire la suite ? Le reportage est publié dans le SO FOOT numéro 122 (décembre 2014 et janvier 2015), que tu peux te procurer ICI et en kiosque.

So Foot 122

Une réflexion sur “ Masche à l’ombre ”

  1. Joueur sous côté, élément indispensable du barca et de l’Argentine.
    En 2010 Cambiasso ne fait pas parti du groupe pour la cdm, j’avais lu il y a longtemps qu’il ne s’entendait pas avec Mascherano…

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