Le Hockey par le Football, de Rio à Sotchi

Le couronnement a lieu tous les quatre ans : 1998, 2002, 2006, 2010… et, enfin, 2014. Un millésime particulier car organisé par le pays le plus décoré de la compétition, où la ferveur s’annonce immense. Une organisation qui a d’ailleurs fait jaser, entre risques de retard et allongement de la facture… Brasil, copacabana, caipirinha ? Niet ! Россия, Metallurg Magnitogorsket et caïpiroska…

Le 12 février débutent enfin les jeux olympiques de Sotchi. Mais la cérémonie d’ouverture n’a-t-elle pas eu lieu le 6 ? Peut-être, mais ces épreuves de curling, biathlon et autre ski de piste ne sont en réalité qu’un amuse-bouche, un divertissement pour mieux mettre en valeur les véritables héros de l’Olympe : les hockeyeurs. Car le 12 février marque le début du tournoi olympique qui sacrera pour quatre longues années la plus grande nation de hockey sur glace de la planète. Pour l’occasion, Faute Tactique s’est transformé en Mise en échec et vous a préparé le meilleur guide de la compétition. Pour tous ceux qui n’ont jamais pu trancher entre FIFA et NHL.

Russie

Brésil = Russie Le parallèle a de quoi surprendre. Pourtant, à y regarder de plus près, ces deux géants sont bien plus semblables que ce que la différence de climat pourrait laisser penser.  Sur la glace, les russes sont les artistes. Les virtuoses. Les esthètes. Des joueurs préoccupés, torturés par la recherche du geste parfait, de l’action harmonieuse. Entre romantisme et individualisme. Une façon de démontrer que, comme l’écrivait Dostoïevski, la beauté sauvera le monde. Des étoiles, des vraies. Non seulement dotées du même talent brut que les dribbleurs Brésiliens, mais aussi du même melon et d’un sens du professionnalisme particulier, accompagné d’une « éthique de travail » insolite… Qui n’est peut-être pas étrangère à cette forme de nostalgie commune pour la terre natale : la saudade d’un côté et « l’amour de la Mère Patrie » de l’autre. Sans oublier une passion commune pour le MMA. Le Brésil et la Russie sont des cousines, au moins autant qu’Adriana Lima et Irina Shayk. Petit album de famille :

Pavel Ronaldinho Datsyuk, pour le dribble, la conduite de balle/du puck et le goût pour humilier les défenses. Aleksandr Ronaldo Ovechkin, pour la puissance animale et les femmes. Evgueni Rivaldo Malkin car au fond, ces deux-là sont peut-être les plus complets, les plus efficaces, les plus utiles – bref les meilleurs. Pavel Romario Bure, pour l’obsession du but, la vitesse et les femmes. Sergueï Roberto Carlos Fedorov, pour les kilomètres parcourus, les kilomètres/heure franchis et les femmes.

Alex Ovechkin, à la recherche d'Adriano
Alex Ovechkin, à la recherche d’Adriano

Argentine = Canada Parce que le grand rival du Brésil/de la Russie. Pour la grinta. L’agressivité de leurs défenseurs. Le génie de leurs attaquants. Pour avoir donné naissance aux plus grands joueurs de l’Histoire : Diego Maradona et Wayne Gretsky. Pour le politiquement correct de leurs stars du moment : Leo Messi et Sidney Crosby. Mais avant tout pour la passion.

Italie = Suède La comparaison est ici effrayante.  La Squadra Azzurra est tout simplement l’incarnation footballistique des Tre Kronor. Le génie, c’est beau, mais la tactique, c’est fort. Quand l’un est aléatoire, l’autre est le fruit d’une culture, d’une tradition. Il se perpétue et s’inscrit dans une histoire. A défaut d’être toujours spectaculaires, ces deux nations sont toujours présentes aux grands rendez-vous, et cela principalement grâce à leur organisation. Nous parlons ici des maîtres des systèmes de jeu et de la discipline. De contrées où la défense est érigée au rang d’art. Où les grands défenseurs sont d’ailleurs des idoles dont la carrière repousse les limites du temps et de l’âge. N’est-ce pas, Paolo Maldini et Nicklas Lidström ? Où le talent des gardiens n’a d’égal que leur classe en dehors du terrain. N’est-ce pas, Gianliugi  Buffon et Henrik Lundvist ? Où, tradition oblige, on ne déconne pas avec la famille, qu’on s’appelle Baresi ou Sedin.

Henrik Lundqvist, un Gigi Buffon Viking
Henrik Lundqvist, le Gigi Viking

Angleterre = USA Parce que le championnat le plus médiatique se joue chez eux. Et parce qu’une victoire de leurs équipes nationales ne peut être qu’un miracle. Evidemment, on saura se méfier de Patrick Kane, comme l’on avait su se méfier de Wayne Rooney en 2010.

Pays-Bas = Finlande C’est mignon d’avoir un lion comme emblème. C’est sympa d’offrir au monde des génies, et on imagine facilement Robin Van Persie en  Teemu Selänne et Wesley Sneijder en Saku Koivu. C’est gentil de pratiquer régulièrement le jeu le plus sexy de la compétition. Mais bon, gagner, c’est mieux.

Uruguay = Slovaquie L’Uruguay a Luis Suarez, la réincarnation du diable. La Slovaquie a Satan.

Allemagne = République Tchèque Bières + gardiens tarés. CQFD.

Suisse = Suisse La petite nation qui monte. Finaliste surprise des derniers mondiaux après avoir vaincu les USA, la République Tchèque, le Canada (en poule) et la Suède (en poule), et défaits en finale par les Suédois. Au métier. Car comme la Squadra Azzurra, les Tre Kronor n’en ont rien à faire des matchs de poule.

Et l’URSS dans tout cela ? Imaginez  une pépinière de « Projets Busquets ». Des centaines de bébés arrachés à leurs parents à la naissance pour être élevés tous ensemble dans une Masia coupée du monde pendant cinquante ans. Laquelle Masia s’écroulerait sans crier garde du jour au lendemain. Que feraient les bébés Busquets ? Ils signeraient au PSG, à Chelsea et à l’Anzhi. C’est triste (sauf pour leur compte en banque), mais c’est bien ce qui est arrivé. Et c’est pourquoi les Russes, à la maison, n’ont pas d’autre choix que de gagner ces JO. Pour venger le grand pillage des années 1990. Et sauver le monde.

Alexandre

 

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