FT&Co : Le mur, âme dénaturée du football

Le mur marseillais...

Un coup franc axial aux abords des 30 mètres est un moment particulier pour les deux équipes. Celle qui attaque a la possibilité de marquer sur un coup de pied arrêté, celle qui défend a le droit de mettre en place un stratagème pour rendre plus difficile cette frappe. Cependant, si la phase d’attaque est une affaire individuelle (un joueur, suppléé d’un ou deux coéquipiers), la phase défensive requiert une coordination relevant de la stratégie militaire afin de parachever une œuvre digne du quinconce romain : le mur. Il était temps d’écouter ce qu’ils ont à dire sur le jeu. 

Le mur du coup-franc est un mouvement défensif primordial pour gêner l’adversaire lors d’une franche occasion de but. Pourtant, il est rarement mis en avant et peu travaillé à l’entraînement. L’une des raisons de ce peu d’intérêt porté à la construction du mur est justement son caractère d’autant plus défensif que, contrairement au corner, il est une opération arrêtée : aucun mouvement, aucun génie, du bétonnage pur et simple. Autre raison, le côté masochiste que le défenseur éprouve lorsqu’il se positionne pour sauver son club. Vous vous imaginez travailler cette position à l’entrainement ne serait-ce qu’une demi-heure à risquer vos neurones, voir plus (on se souvient de cette vidéo de Djibril Cissé) ? Alors autant mettre des faux joueurs en plastique et s’amuser à tirer. Oui, sauf qu’en match, c’est vous qui vous y collez, et un mauvais positionnement peut coûter cher, même à 40 mètres comme ce coup-franc de Zlatan contre l’OM nous le montre (si Valbuena ne bouge pas, il sauve son équipe tout en devenant le premier nain à aller sur la Lune).

En fait, toute la difficulté de construire un mur défensif révèle l’essence même du football : un sport d’équipe qui sublime l’individu, et non l’inverse. Contrairement au rugby, où la mêlée est un acte crucial pour défendre ou attaquer (qui parle de la possibilité de contre que permettrait un mur bien placé ?) et où l’on chante chaque minute les qualités des « joueurs de l’ombre » qui la compose, le football ne met pas en lumière ces gestes ou ces joueurs qui sauvent leur équipe tous les trois jours. Au football, les commentateurs médiatisés ne font jamais les louanges d’une équipe qui fait corps, comme Chelsea 2012, et préfère dénigrer ces mécréants qui « garent le bus » devant leur but. Alors pour ce qui est de prendre en considération un mur de coup-franc, mis à part pour le dénigrer lorsque Benoît Cheyrou marque, il ne faut pas rêver. Vous pouvez placer vos paris sportifs en allant sur https://www.bwin.fr/sportsbook.aspx . Ils ont la meilleure cote sur toutes les meilleures équipes et les joueurs, donc vous avez de bonnes chances de gagner. 

 

Un vrai mur allemand

Si l’on reste sur la comparaison avec la mêlée, on comprend rapidement qu’il est impossible pour 5 joueurs de balle au pied de former un seul corps, là où il est simple pour 8 gars du Sud-ouest de former une tortue à seize pieds qui marche comme un seul homme. Les joueurs de mêlée sont liés de tout leur corps, marchent ensemble sur l’adversaire. Les joueurs du mur, eux, ne sont en contact que par leur épaule, et ont davantage l’envie de se barrer que d’affronter le cuir (et non le joueur adverse). Le mur est donc plus un acte de courage individuel que de cohésion collective, alors qu’il demande le contraire. Ce qui, somme toute, est on ne peut plus naturel pour un sport où la liberté est tellement grande que ce genre de mouvement est un supplice.

Or le caractère décisif du coup-franc tiré rend primordial la bonne construction de son mur. S’il est mal placé, il peut y avoir but. Et un but fait souvent la différence, contrairement au hand ou au basket. C’est donc un geste défensif capital, et mieux vaut en suivre les règles élémentaires : se retourner pour l’un des joueurs (généralement celui situé à l’extrémité orthogonale au poteau) ; écouter et suivre attentivement les consignes de son gardien car seul lui à la visibilité et – espérons-le – la vision nécessaire pour placer ses joueurs) ; se servir de ses deux mains pour se protéger les parties sensibles ; ne surtout pas sauter ; et enfin prier pour que le tireur ne soit pas un génie.

Par Meta W.

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3 réflexions sur “ FT&Co : Le mur, âme dénaturée du football ”

  1. Article intéressant qui. met en lumière un élément qui peut être déterminant dans le déroulement d’un match. Mais faut il ne pas sauter comme vous le présumer ?

    Dans un autre délire paranormal, pensez vous que pour un coup franc de 25m par exemple, on puisse mettre deux joueurs dans le mur, et 2 autres sur un côté du but, le gardien occupant l’autre côté ? Le gardien aurait plus de visibilité et assure relativement ses arrières.
    N’étant pas du tout gardien, je ne mesure pas vraiment l’efficacité … ou pas. (J’ai également conscience du danger d’une passe).

    1. Aloooooors :

      – à moins d’un entraînement rigoureux en équipe, le fait de sauter amène le plus souvent à la dislocation du mur (comme sur la photo de couverture de l’article). Je n’ai pas de statistiques, mais je pense qu’il y a davantage de but marqués à la suite d’un mur disloqué par son saut que parce qu’un génie à réussi à faire passer le ballon au-dessus.

      – votre n’êtes pas assez conscient des dangers d’une passe 😉 Ce serait pire. Mieux vaut jouer le hors-jeu et prier pour que le tireur soit dans un mauvais jour. A 25m, l’espérance est raisonnable ; en revanche à 10m, c’est de la folie.

      PS : il me semble que Pascal Olmeta avait une technique bien singulière : laisser un trou en plein milieu de son mur afin de voir le ballon. Je n’ai hélas vu aucune vidéo sur ce genre d’action.

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