Les images folles du Derby Eternel de Belgrade

Il y a un mois, nous rencontrions les dirigeants de l’Etoile Rouge de Belgrade au stade Marakana. A l’heure de parler de leurs Ultras, les célèbres Delije, ils s’affirmaient « très fiers de leurs animations » et déclaraient sereinement qu’en termes de grandeur, leur club est au niveau des plus grands : « Nous, l’Étoile rouge, on se compare au Real Madrid, à Manchester United, à l’Inter Milan, au FC Barcelone, au PSG. » La preuve avec les images du Derby de samedi dernier.

Il existe, en France et ailleurs, cette tendance à parler du football à l’ancienne avec une certaine nostalgie alliée d’un mépris pour le football moderne. On parle des anciennes grandes équipes, des anciens grands joueurs, des anciens grands stades, qui auraient toujours eu quelque chose en plus que ce que le foot-business nous offre aujourd’hui. Bon. Le « c’était mieux avant » n’est ni nouveau, ni exclusif au monde du football. Une autre version est le « c’est mieux ailleurs ». Par « ailleurs », on entend les Derbys de « l’autre Europe », certains chocs de divisions inférieures et les grands chocs sud-américains. Ceux-là sont dits exceptionnels dans les tribunes, mais beaucoup moins sur la pelouse. Le discours est toujours le même : les footballs turc, serbe, croate ou encore grec ont de la passion à revendre, mais le niveau de jeu ne serait pas supportable pour nos yeux habitués aux Clasicos, à la Serie A et à la Premier League. Il faut vous prévenir tout de suite : ce Derby entre l’Etoile Rouge et le Partizan a été un match autrement plus authentique que l’Arsenal-Tottenham du même samedi. Un orgasme de football au niveau du spectacle, une guerre des étoiles dans les tribunes.

Finalement, qu’est-ce qu’un grand match de football ?

Un feu d’artifice. Un nombre incalculable de fumigènes qui font croire à un incendie. Des drapeaux, des écharpes, et encore des drapeaux. Des revendications politiques. L’environnement magique, fascinant, spécial des grands moments. Le contexte des plus belles épopées : le premier contre le deuxième, le vainqueur historique contre le prétendant éternel. La folie, la joie et le bruit des plus belles fêtes. Et aussi le manque de visibilité qui a toujours accompagné les plus grandes batailles. Puis le match, marqué par les coups de génie constituant les tournants des plus belles histoires : l’accélération de Lazar Markovic qui répond au grand pont de Darko Lazovic, la reprise de volée de Kasalica, la frappe de trente mètres de l’extérieur de Milivojevic qui fait transversale rentrante, suivie de sa course sous le virage Nord des Delije. Et il y a du drame, avec ce but contre son camp de Milan Jovanovic. Son visage au moment du but est un tableau à lui tout seul, voire un livre. Un bon livre, même. Si, avant sa mort, l’homme voit vraiment défiler sa vie devant ses yeux, alors sa tête doit certainement ressembler à cela. Tout s’écroule, soudainement.

Nous vous proposons donc ici les images de ce « Derby Eternel » de Belgrade, qui a eu lieu ce samedi après-midi. Nous vous prévenons : cela dure dix minutes et la qualité n’est pas extraordinaire. C’est le prix pour voyager gratuitement dans un autre monde, ou alors à travers le temps…

Markus

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Le match entier est également disponible ICI

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2 réflexions sur “ Les images folles du Derby Eternel de Belgrade ”

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