Petites histoires des onze mètres (FT&Co)

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Première journée de la Ligue des Champions. Les stars d’Europe se retrouvent sur les terrains. De l’intensité, des fautes, et des pénaltys. Six exactement. Et seulement deux au fond. Franchement, c’est si difficile de marquer un péno ?

Un coup de sifflet retentit dans le stade. La main de l’homme en noir désigne un point blanc, à onze mètres du but. Clameur dans les tribunes. Les joueurs se congratulent. Et pourtant, la balle n’est pas encore au fond. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les cinq dernières C1, les arbitres sifflent 125 penaltys. 98 se concluent par un but. Quatre sur cinq.

La statistique varie d’une saison à l’autre, avec une constante : chaque année, dans la compétition la plus relevée au monde, des mecs posent la balle sur ce point blanc, jettent un œil vers ce but, qui leur semble soudain si petit, et ce gardien qui parait gigantesque. Ils s’élancent. Ils tirent. Ils ratent. Parfois, c’est une catastrophe. Parfois, ce n’est pas grave. Parfois, on croit que ce n’est pas grave, mais c’est une catastrophe. Parfois, on croit que c’est une catastrophe, mais ce n’est pas grave. Quatre cas de figure, et quatre exemples.

C’est une catastrophe

Finale de Ligue des Champions à domicile. Prolongations. Arjen Robben pose la balle sur le point de penalty. Quelques jours plus tôt, le Batave réalise son unique passe de la saison, dans les bras de Weidenfeller, pour offrir le titre à Dortmund. Quelques jours plus tôt, il trompe Casillas des onze mètres en demi-finale. Deux souvenirs présents dans son esprit au moment de lever la tête pour regarder Peter Cech.

Robben décide de croiser. Et le fait plutôt bien. Mais il fait une erreur : sa balle est à une vingtaine de centimètres du sol. Hauteur parfaite pour le gardien. Cech est à la parade. Dans une bonne demi-heure, Chelsea remportera la Ligue des Champions.

Ce n’est pas grave

Tout le monde rate des penaltys. Même Messi. Le triple Ballon d’Or est un homme de stats. 80% de penaltys marqués en LDC l’an dernier ? Le tarif vaut aussi pour La Pulga, qui plante quatre fois des onze mètres avant de se louper en demi face à Chelsea.

La saison précédente, Messi rate aussi un penalty. Au Camp Nou, pour le premier match de la campagne. Son tir croisé au sol manque cruellement de puissance, et termine sa course dans les bras du gardien du Panathinaïkos. Le score est alors de 3-1. L’Argentin plante déjà deux buts en première mi-temps. Le Barça gagne 5-1, et soulèvera la Coupe aux grandes oreilles en fin de saison. Messi rate un péno, mais tout le monde s’en fout.

On croyait que ce n’était pas grave

Dans l’enfer du San Paolo, le Bayern arrache un bon point à la mi-temps. Au retour des vestiaires, les Bavarois obtiennent un penalty. Ribéry est sur la pelouse. Schweini et Kroos aussi. Mais c’est Mario Gomez qui se présente devant De Sanctis.

Le tueur allemand replace ses cheveux gominés, et fait ce qu’il ne fait jamais dans le rectangle : une passe. Un ballon mou, ras-de-terre, même pas bien placé. De Sanctis n’en demandait pas tant. Le match se termine sur ce partage, et le Bayern finit premier du groupe. Pas grave ?

Eh bien si ! Si Gomez marque ce penalty, pas de raison de changer de tireur. Heynckes gère les gros egos de Robben et Ribéry, et laisse sa machine allemande planter des onze mètres. Gomez termine meilleur buteur de la C1, fusille Cech en finale et offre le trophée au Bayern. Facile, non ?

On pensait que c’était grave

23 avril 2008. Man U se déplace au Camp Nou en demi-finale aller de la Ligue des Champions. Les Anglais démarrent sur les chapeaux de roue. Penalty après trois minutes. Cristiano Ronaldo se présente devant Valdes. CR7 ouvre le pied, cherche la lucarne droite. Le gardien catalan est pris à contre-pied. Mais c’est à côté. Le Ballon d’Or du Portugais s’envole en même temps que le cuir estampillé Adidas.

Derrière, les protégés de Sir Alex assurent : bon nul en Catalogne, une patate de Scholes au retour, et une victoire aux tirs au but (avec un nouveau loupé de Ronaldo) en finale contre Chelsea. Bref, la Coupe est dans l’armoire. Le Ballon d’Or aussi. À côté d’une photo de Scholes, des crampons glissants de John Terry, et de la suffisance d’Anelka. Au fait, ce penalty, ce n’était pas si grave…

Guillaume

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4 réflexions sur “ Petites histoires des onze mètres (FT&Co) ”

  1. @RaphACP : Ce n’est peut-être pas assez clair dans l’écriture, en fait le pénalty raté de Messi qui n’est « pas grave », c’est celui contre le Panathinaikos, pas celui contre Chelsea évidemment 😉

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