DOSSIER – « Tous derrière ! »

De la beauté de la défense, de l’ « anti-football » et de l’éternel débat entre manière et résultat…

Depuis la saison 2008-2009, le FC Barcelone de Pep Guardiola règne sur le football mondial. Puisque énumérer tous ses titres risquerait de vous endormir, il est plus révélateur de citer les seuls qu’il a perdus (en confrontation directe) : une Ligue des Champions en 2010 contre l’Inter, une Coupe du Roi 2011 face au Real Madrid et une Ligue des Champions 2012 contre Chelsea. A chaque fois, ces équipes ont fait le choix de défendre d’abord pour mieux attaquer ensuite. Ou de défendre tout court pour espérer attaquer ensuite, pour le cas de Chelsea. En France, amalgames et raccourcis ont vite fait d’associer de telles stratégies défensives à un jeu physique, agressif et vicelard qui « tuerait le spectacle ». Face au Barça dont le jeu respire la beauté et les bons sentiments, l’entreprise de ces équipes a été qualifiée non seulement de moche, mais aussi de foncièrement mauvaise, voire honteuse. A tort. Car par son cœur, son envie et sa discipline, ce Chelsea de Di Matteo a réalisé une Ligue des Champions fantastique, rendant un superbe hommage au football.

Dans ce dossier de trois articles, Faute Tactique sort en défense de la Défense. Il faut faire une triple distinction entre les différentes critiques visant les équipes faisant le choix de défendre à dix dans leurs trente derniers mètres. Trois distinctions, trois articles :

La première partie de ces critiques se base sur des critères esthétiques : elles trouvent ces équipes moches, très peu attractives et un peu chiantes. Le football a cette richesse de pouvoir offrir du spectacle pour tous les goûts. Certains adorent le jeu du Barça, d’autres estiment qu’il se rapproche trop souvent à une passe à dix ou au handball. Certains vibrent devant la vitesse du jeu du Real Madrid, d’autres le jugent trop physique et pas assez raffiné. Certains admirent les belles défenses héroïques, d’autres ne les supportent pas. Difficile de faire l’unanimité.

De la beauté de la défense :

Une belle défense implique-t-elle forcément la destruction du spectacle ?

Ensuite, la deuxième partie de ces critiques trouve ses racines dans des critères moraux, estimant que jouer au football de telle manière est indigne, lamentable et témoigne d’un club ou plus souvent d’un entraîneur sans valeur ni conscience. Est-ce vraiment honteux ? Ici, nous souhaitons intervenir. Entendre dire que voir une équipe défendre à dix est indigne, honteux, pitoyable et néfaste pour le football est une aberration. Un manque d’ouverture d’esprit ? Peut-être. Une confusion sur la morale et le mérite dans le sport ? Sans doute. Un côté partisan qui prend le dessus sur leur objectivité ? Certainement. Car voir cette Inter et ces Blues défendre à dix dans leur surface représente un véritable hommage au football. Oui, défendre est noble.

Anti-football :

Une stratégie ultra-défensive est-elle forcément l’expression du Mal ?

Enfin, la troisième partie de ces critiques juge le niveau de ces équipes de défenseurs : elles seraient médiocres et joueraient mal. Laissons leurs résultats parler pour elles-mêmes, c’est-à-dire pour rappel les qualifications de l’Inter 2010 et de Chelsea 2012. Seulement, les résultats ne sont pas une raison suffisante pour tout le monde. Les titres, c’est tout ce qui compte, vraiment ? Après avoir été éliminé par l’Inter, Xavi avait sorti le désormais célèbre : « Leur équipe va peut-être gagner un titre, mais notre équipe va marquer l’Histoire ».

Du débat entre manière et résultat :

De l’importance de gagner, de bien jouer et de divertir le public, ou pas…

Distinguons les Pays-Bas de 2010, l’Inter de Mourinho et le Chelsea de Di Matteo :

Tous derrière, tous pareil ?

Enfin, dernière partie :

Conclusion du dossier « Tous derrière ! »

FAUTETACTIQUE.com

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8 réflexions sur “ DOSSIER – « Tous derrière ! » ”

  1. Putain les gars ! Ce Dossier est magnifique, j’ai lu les 2 premiers articles, Dans le désordre mais tant pis, j’ai vibré sur l’italie 2006 presque au point d’en avoir les larmes, je me souvenais de cette passe aveugle de Pirlo, de cet enroulé de Grosso, de cette lucarne magnifique de Del Piero mais pas de cette volonté de Canavaro ! Mon dieu, cette demi de 2006, un des plus beaux matches de cette coupe du monde !

    Les tacles de Nesta (bon petit bémol quand même, il manque son tacle au match aller des demies, quand Messi le bouffe, mais qu’il le rappelle à l’ordre par un « petit » excès).

    Enfin que du bon, du très propre, du très net, et sans bavure, merci pour ces magnifiques papiers.

  2. Mort de rire.
    Le seul argument pour défendre l’infâme béton de Chelsea dans cet article c’est de dire que, ben non le béton c’est pas forcément infâme. Pourquoi? Parce que!
    Et puis on parle toujours des deux équipes qui ont éliminé le Barça parce qu’elles jouaient le béton mais rarement de tous les bétons qu’a fait exploser Barcelone. Le béton qui gagne contre le jeu du Barça c’est l’exception. Faudrait peut-être se poser la question du pourquoi.
    Le seul enseignement qu’on peut tirer de ces éliminations c’est qu’aucune équipe n’est invincible. Mais ça ce n’est pas nouveau. D’autant plus que le changement tactique de Barcelone cet année n’a pas été très heureux.

    1. @ Lou:
      Pourquoi? Parce que! Belle argumentation…
      On ne dit pas Mort de rire, à une personne qui vient d’écrire une dizaine de pages d’argumentations détaillées avec des exemples précis.

    2. Pas du tout, le dossier démontre par A+B que tu peux être une équipe héroïque sans forcément jouer comme le Barca, que l’assise défensive d’une équipe est l’une des données les plus importantes mais aussi les plus invisibles.
      Tu ne sais pas apprécier un jeu à onze derrière, ok c’est ton choix mais ça ne veut pas dire que c’est de l’anti-spectacle ou de l’anti-jeu. Guardiola après le match retour au Camp Nou l’avait d’ailleurs lui même avoué en disant que celui qui gagne est celui qui a raison mais aussi celui qui a adopté la meilleure tactique.
      D’ailleurs tout le monde s’extasie sur le grand Pep, mais ces soirs là il a montré, à ceux qu’ils veulent bien le voir, qu’il était limité à un certain style de jeu, à une certaine tactique et c’est d’ailleurs ce qui commence à faire polémique cette saison au Bayern. Pour tout te dire, j’ai été déçu de son choix quant au club qu’il dirige aujourd’hui, j’aurais aimé le voir dans un club qui s’illustre par ses saisons en dents de scie. Là, il prend aucun risque, il récupère un Bayern ultra rodé, champion d’Europe
      Bref tout ça pour dire que la campagne de Chelsea en 2012 montre que la qualité défensive d’un bloc uni, et ce même à 11 est une tactique à part entière, la campagne de l’Inter le montre également en 2010 et plus récemment on peut même parler du match Espagne – Chili

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