Une tragédie en bleu et gris

FT y était : Chelsea-Napoli, une tragédie en bleu et gris

Chelsea FC – SSC Napoli, 1/8e retour Champions League, Stamford Bridge, 14/03/12

 Une scène superbe, Londres. Un décor fantastique, Stamford Bridge. Des assassins fabuleux, les Blues. Des héros malheureux, les Azzurri. Des méchants, les fans de Chelsea. Des bons, les napoletani ayant fait le déplacement. Le tout pour une terrible tragédie, l’élimination du Napoli de cette Champions League 2012, en bleu et gris. Chelsea vs Naples… On peut difficilement faire mieux en termes d’opposition de styles. Les riches contre les pauvres évidemment, mais surtout la puissance face à la vitesse, un style de jeu compact contre l’utilisation de toute la largeur, le pragmatisme contre la folie, Stamford Bridge contre le San Paolo, Big Ben contre le Vésuve. Alléchant. FT a eu la chance d’assister à cette grande nuit de football européen, l’occasion de revenir entre autres sur le scénario d’un match théâtral, l’amour éternel de milliers de napolitains, le comportement opposé des supporters de Chelsea, le manque d’expérience de la troupe de Lavezzi et le cynisme d’un Drogba disgraceful.

 

Trois heures avant le début du match, le décor est planté : tous les pubs du quartier de Stamford Bridge affichent un froid « Home Fans Only ». Ainsi que les restaurants. Seuls les Starbucks et la chaîne « Prêt à manger » ouvrent leurs portes aux napolitains. Trop fiers, ils refusent de s’abaisser à ça, et préfèrent la rue. Du coup, à 17h, les alentours de la station de métro Fulham Broadway ressemblent plus à la Piazza del Plebiscito qu’à Notting Hill. Un huitième de finale retour de Champions League n’a visiblement pas la même signification pour tout le monde. Les home fans n’arrivent au mieux qu’une heure avant le début du match, comme s’ils avaient autre chose à faire. Une soirée de plus pour des Blues « qui ne pensaient pas venir vu le niveau affiché par l’équipe en janvier ». En face, c’est la soirée du siècle pour des Napolitains venus à 6000 (pour 3000 places) porter la fierté et l’honneur de toute une ville. Il y en a de tous les âges et de tous les milieux, des vieux fidèles de 70 ans aux hommes d’affaires en costume en passant par les plus jeunes en lunettes de soleil. Des Ultras, des vieux abonnés, des non abonnés, des émigrés vivant à Londres, tous plus passionnés les uns que les autres par leur Napoli.

Et pourtant, la mission n’est pas simple pour les sudistes. Une règle aussi débile qu’étrange empêche en effet tout napolitain de prendre place dans une autre tribune que celle prévue pour les visiteurs, qu’ils soient ultra ou pas, abonné ou non, voire même sans aucun lien avec le club (un fan étranger est susceptible de se faire virer par les méchants stewards s’il manifeste sa sympathie napolitaine). Mais l’amour des Azzurri est aussi puissant que celui des Blues est volatile. Nombreux sont les season ticket holders de Chelsea désireux de vendre leur place à des napolitains qui courent acheter casquette et écharpe à l’effigie des Blues, pour (tenter de) passer incognito. Dommage qu’ils ne pensent pas à enlever leur classique doudoune, qui les rend reconnaissables à des kilomètres. D’autre part, les napolitains sont traités avec méfiance, certainement précédés par leur (injuste) réputation. Des centaines de policiers entourent le stade, à cheval, à pied, ou en voiture. Avec leur discutable veste jaune fluo, ils patrouillent méthodiquement les environs de Stamford Bridge à la recherche d’on ne sait quoi. Un dispositif exagéré : italiens et anglais se mélangent dans la plus grande indifférence. Pas d’insultes, pas de nervosité. Seul petit moment de tension, l’arrivée du car napolitain, accueilli par quelques sifflets. Assez avec les formalités et les contrôles, il est temps d’entrer dans l’arène.

 

Acte I : Première mi-temps

On rentre dans l’enceinte à 19h, prenant place dans le Lower Shed End, juste à gauche des supporters napolitains, entre les deux camps, au cœur du spectacle. Un premier « Olé Olé Olé ! Pocho ! Pocho ! » retentit. Quelques petits mètres devant nous, les 22 acteurs de la rencontre s’échauffent, on pourrait presque les toucher. La proximité des stades britanniques est impressionnante. Des drapeaux de footix nous attendent sur nos sièges, l’avant-match fait penser au nouveau Parc. A l’entrée des joueurs, trois énormes drapeaux sont agités par des employés du club, bien placés dans le champ de vision des caméras de télévision. Tout ça est bien fake, mais le stade est beau et les supporters des Blues sont étonnamment bruyants. Certes, le tifo n’en est pas vraiment un, mais les gros durs de Stamford Bridge font les gros bras, et répondent orgueilleusement à tous les chants napolitains. A notre grand bonheur, toute la tribune est debout, comme au bon vieux temps. Alors que le match commence, le niveau sonore est même excellent et Stamford Bridge ne serait (relativement) pas loin de transpirer. Le public répond présent pour forcer l’impossible remontée d’une équipe qu’il sait fatiguée.

Les vingt premières minutes sont la suite logique du match aller. Chelsea manque d’idées et fait tourner lentement, trop lentement pour espérer surprendre des napolitains bien en place. Mata a du flair, mais Sturridge ne sent pas les coups. Drogba se bat mais Ramires ne lui donne pas les bons ballons. Lampard décale comme il faut sur Ivanovic mais les centres du serbe ne sont pas dangereux. De l’autre côté, les Azzurri jouent leur jeu. Gargano ratisse le milieu, Inler relance, Hamsik perce et Cavani et Lavezzi partent comme des flèches. L’Uruguayen n’est pas loin d’envoyer toute une ville au paradis à la 12ème, mais sa frappe est trop croisée. Lavezzi est plus rapide balle au pied que n’importe quel Blue sans ballon. Naples n’a pas la possession, mais son jeu est bien plus fluide, ses sorties de balle sont limpides et quand Drogba&Co prennent une minute pour construire un tiers d’occasion, les hommes de Mazzari se projettent vers l’avant en moins de cinq secondes. Le stade tremblerait à chaque occasion napolitaine, si seulement il savait le faire. A la place, le supporter Blue gueule son mécontentement. Des enfants gâtés de cinquante piges y allant de leurs « You’re fuc*ing old!» et « Oh come on, how can you be so fuc*ing slow?! ». Un semblant de (com)passion est ressenti lors des interventions de Captain Terry ou les décalages de Lamp’, mais rien de plus. Le soutien semble conditionné par le résultat, au contraire du clan azzurro qui lâche une larme à chaque crochet de El Pocho Lavezzi et à chaque repli de El Matador Cavani, peu importe le score. Le fighting spirit n’y est pas et on ressent une certaine forme de mépris envers le football latin. Bien évidemment, les joueurs de Naples tombant au sol se font insulter, c’est logique, mais on ne comprend pas les « come on, take the ball, this guy can’t even play »destiné à Hamsik. A les entendre, ils ont vu jouer Naples pour la première fois de leur vie au match aller. Et encore…

Mais grâce à un Cech énorme, Chelsea tient le coup. Puis, à la 28ème, Ramires se met sur son pied droit, centre brossé, Drogba s’impose devant Aronica, un but au niveau du savoir-faire de son auteur. C’est la demi-heure de jeu et un nouveau match commence. Le bon vieux Drog rallume la flamme des supporter Blues qui poussent leur équipe à réaliser le 2-0 avant la mi-temps. Même si les chants ne sont pas forcément au niveau (« Chelsea! Chelsea! Chelsea! », « Super Franck! »), les décibels montent. A notre droite, les napolitains lancent un superbe «La nostra unica fede, si chiama Napoli !», accompagné bien sûr par un classique « Oh Mama Mama Mama… » pour encourager leur équipe qui semble avoir pris un gros coup dur. Le Napoli, qui semblait tenir le rythme de la rencontre entre ses mains, recule et commence à paniquer. Plusieurs erreurs d’inexpérience témoignent du chaos qui règne au sein de la défense italienne. De Sanctis rate tous ses dégagements, alors que Mazzari essaye désespérément de replacer Dossena, entré à la place d’un Maggio touché et fou de rage. De son côté, Chelsea se libère et enchaine les situations dangereuses. A la 45ème, suite à un corner repoussé des deux poings par De Sanctis, Mata offre un caviar à David Luiz qui met dans le paquet un centre-tir. Par on ne sait quel miracle, Cannavaro réussit à dévier le ballon dans les bras de son gardien. L’effet San Gennaro sans doute. Une première mi-temps complètement dingue s’achève alors et offre au spectateur neutre le meilleur des scénarios. Chelsea a scoré, mais doit encore en mettre un. Napoli a souffert lors du dernier quart d’heure, mais Lavezzi et Cavani semblent pouvoir marquer dès qu’ils accélèrent. Ça va se jouer sur le fil du rasoir.

 

Acte II : Deuxième mi-temps

Lorsque le glorieux capitaine des 90s Dennis Wise vient récupérer un prix en hommage à sa carrière en Blue, la moitié du stade ne réagit même pas, et une sono tente de cacher un silence bien désolant. Heureusement, certains fidèles lancent un old school « Oh Dennis Wise, scored a fuc*ing great goal, in the San Siro, with ten minutes to go ». Remember 1996.

C’est reparti. Chelsea fait tourner calmement, Napoli se met en place. Tranquille. Puis, coup de tonnerre. Sur un corner innocent de Lampard, Terry coupe la trajectoire du ballon au premier poteau et envoie le cuir dans la lucarne opposée. Le stade explose et les supporters anglais lancent un vibrant « There’s only one England captain! ». Le coin napolitain est muet : en ce moment, Chelsea est en quarts et envoie Naples en enfer. Pas facile de réagir. Lavezzi, Cavani et Hamsik sont bien muselés par le quatuor défensif londonien. L’événement pèse sur leurs épaules. C’est donc Gökhan Inler qui s’occupe de porter son équipe sur le dos. Depuis le début du match, le suisse d’origine turque rythme les attaques du Napoli et gagne le duel au milieu contre Essien-Lampard. L’alliance de la précision et la justesse de l’horloger suisse à la fougue et la force d’un soldat ottoman. Une fois Maggio sorti sur blessure, le capitaine suisse devient le seul muscle d’une équipe sur laquelle le manque d’expérience pèse cruellement. A la 55ème, c’est lui qui se charge de ressusciter son équipe : corner mal dégagé, Gökhan contrôle de la poitrine, laisse rebondir le ballon et lance une frappe magique qui ne laisse aucune chance à Cech. Nouveau rebondissement, Napoli est maintenant virtuellement qualifié. Putain, quel match. Dommage que les 40 000 londoniens ne soient pas à la hauteur de la rencontre.

Pour être honnête, le comportement des « supporters » de Chelsea nous a dégoûtés. Bien entendu, l’impression de faire face à une police secrète orwellienne était encore une fois au rendez-vous dans le pays de la CCTV (cf. l’article sur QPR) et dès la première mi-temps, certains fans de Chelsea mystérieusement sont priés de quitter leurs places par des stewards pointilleux dans leur travail de bourreau. Mais ce soir, on quitte Stamford Bridge avec un sentiment de dégoût rarement ressenti dans un stade de football. Il peut arriver d’être déçu par une ambiance trop tiède, il peut arriver d’être choqué par un comportement violent, mais ce qui s’est passé à Stamford Bridge est d’une tout autre nature. A la suite du but d’Inler, le virage des visiteurs explose de joie. Dans le West Stand, cinq ou six napolitains se lèvent, serrent le poing et se prennent dans les bras. Des illégaux, des intrus. A ce moment-là du match, Naples est qualifié et les Blues ne le supportent pas. Immédiatement, les anglais les entourant se dirigent vers les Stewards et les pointent du doigt, « they’re not allowed to be there » (trad. ils n’ont pas le droit d’être ici) tandis que les tribunes les plus proches lancent des « take them out! ». Les Napolitains en question ne sont ni des ultras, ni des voyous. Plutôt du genre une cinquantaine d’années, voire plus, trench Boggi et Clarks aux pieds. Des hommes d’affaires qui n’ont pas pu résister à un tel événement, même pour plusieurs centaines de livres sterling. Virés comme des malpropres. Virés comme des criminels. Comment voulez-vous ne pas célébrer un tel but pour des supporters qui attendant ça depuis deux décennies ? Ils ne le regrettent sûrement pas. De quoi gâcher toute la soirée. British fair play, vraiment ?  

C’est d’autant plus triste de voir les napolitains obligés de se lever et quitter le stade, leur privant ainsi d’un spectacle invraisemblable, car le match devient complètement fou. On ne comprend plus rien, le rythme est ahurissant, les 22 acteurs nous régalent et nous offrent ce qui est en train de devenir l’un des plus beaux matchs européens de ces dernières années. Comme deux poids lourds sur un ring de boxe, à l’image d’un Ali vs Frazier, les deux côtés y mettent toutes leurs forces, sans retenue. Les occasions s’enchaînent : Cech sauve les siens seul contre Zuniga, alors que De Sanctis sort une parade spectaculaire sur Drogba. Les deux entraineurs essayent frénétiquement et sans succès de calmer le jeu, mais les joueurs, pris dans la folie du match, ne veulent pas les écouter. A la 75ème, nouveau coup de tonnerre sur Naples : toujours sur corner, Dossena touche le ballon de la main. L’arbitre n’a pas de doute, penalty. Lampard ne pouvait pas le rater. Il fusille De Sanctis et lance une dédicace à Villas Boas, qui appréciera. Pour notre plus grand plaisir, le match file aux prolongations pour une demi-heure supplémentaire de pur bonheur.

Acte III : Prolongations

Lors de la pause, « Everything’s gonna be alright » résonne dans le stade tandis que les joueurs s’étirent au milieu de la pelouse. C’est un joli détail de la part du DJ des Blues, dommage que le public n’ait pas eu lui-même le réflexe, renforçant notre sensation de « spectacle programmé ». Pourtant, au contraire des napolitains à notre droite, les Anglais n’ont pas de quoi avoir la voix cassée.

105ème minute. Alors que la tension est à son comble et que les esprits et les corps se fatiguent, Drogba met Ivanovic sur orbite, sous nos yeux, pour un 4-1 qui deviendra définitif un quart d’heure plus tard. What a goal. La colonne vertébrale de Chelsea, si critiquée ces dernières semaines, aura fait la différence et porté à bout de bras une équipe dont le jeu est parti en même temps qu’Ancelotti. La réponse des grands champions. Le timing toujours parfait de John « There’s only one England Captain »Terry, aussi hargneux quand il replace un approximatif David Luiz que quand il tacle Lavezzi. Le sang froid de Frank Super Lampard, toujours juste et intraitable sur coup de pied arrêté. L’expérience de Didier Drogba, qui aura passé autant de temps à bouffer Cannavaro et Campagnaro qu’à faire lamentablement semblant de bouffer la pelouse. C’est d’autant plus frustrant que le public anglais ne s’est pas gêné sur les « cheaters! » destinés aux italiens. Bien sûr, Drogba a toujours joué comme ça, mais jusque là c’était passé inaperçu pour beaucoup de monde. S’il finit par partir avec une réputation de diver, il aura eu tout ce qu’il mérite (photo). Il faut aussi souligner l’envie de Bradislav Ivanovic qui, après avoir passé 105 minutes à courir après Lavezzi, trouve l’énergie nécessaire pour quitter sa défense centrale et crucifier De Sanctis d’un cruel« boum » sous la barre. Et bien sûr Petr Cech, dernier rempart devenu soi-disant ordinaire, qui sauve la saison de son club par trois arrêts décisifs devant El Pocho, Hamsik et surtout Zuniga. The cold blooded Czech man.

Les 3000 napolitains assistent à ces dernières minutes comme un homme impuissant au chevet de sa femme mourante. Ils prient San Gennaro, ils pleurent, ils lui parlent doucement à l’oreille, lui disant qu’elle va s’en sortir, espérant secrètement un miracle qui n’arrivera jamais. Les autres 3000, ceux qui n’ont pas pu rentrer dans l’enceinte, y assistent à distance, dans les pubs qui ont bien voulu les accepter, loin, beaucoup trop loin. Qu’est-ce qu’il y a de pire que de voir un proche mourir ? Voir un proche mourir trop jeune. Cette équipe n’aura peut-être qu’une durée de vie de deux ans. Le temps d’un 4-3 d’anthologie contre la Lazio, un triplé de Cavani contre la Juve, des victoires épiques sur l’Inter et le Milan, l’élimination de City et cette double confrontation contre Chelsea. Beaucoup trop jeune.

 Acte IV : La fin

La pièce de théâtre se termine, Chelsea tient son exploit. Pour le Napoli et Naples, la fable est finie. Sans parler d’erreurs ou de mérite, les napolitains sortent la tête haute. Ce soir ils ont tenu tête à Chelsea et le score ne reflète pas l’équilibre entre les deux combattants, ressenti toute la soirée. Sur les 210 minutes de jeu, les azzurri auraient même du se qualifier. Comme toujours, la victoire s’est jouée sur des détails… Un corner évitable qui amène le penalty de Lampard, le centre de Drogba qui passe sous les jambes de Cannavaro pour le but d’Ivanovic, Zuniga qui rate une énorme occasion seul contre Cech, la frappe de Gargano qui survole la transversale du portier tchèque de quelques centimètres… That’s how it goes… C’est cruel, très cruel, mais c’est comme ça. Cette sensation d’impuissance s’empare des milliers de tifosi infiltrés dans l’antre de l’ennemi et les premières larmes commencent à couler. Les napolitains auraient pu et dû marquer un autre but, mais la soirée n’a pas voulu les récompenser. Certains peut-être parleront d’un manque d’expérience, d’autres des largesses de la défense azzurra, d’autres encore du mérite des formidables et très courageux Blues. Depuis Stamford Bridge, la sensation est qu’il n’y avait pas trois buts d’écart entre les deux équipes. Tout simplement, le destin a choisi son camp et a dessiné un exploit mémorable pour l’histoire de Chelsea et une tristesse sans égal côté napolitain.

En sortant du stade, les supporters londoniens se dirigent tranquillement vers la station de Fulham Broadway et reprennent leur vie quotidienne normale, interrompue l’espace de 120 minutes de pure folie. Malheureusement, Londres paraît mépriser l’exploit de Drogba & Co. Pas de célébrations dans les rue du Borough of Chelsea and South Kensington, peu de supporters londoniens dans les pubs aux alentours du stade, encore moins d’images à la télé pour témoigner d’un match historique. Le trafic reprend calmement, les bars se vident dès 23h, les lumières des belles maisonnettes du quartier s’éteignent. Comme si de rien n’était. Comme si 40,000 supporters de Chelsea ne venaient pas d’assister au plus grand exploit européen de leur équipe depuis l’élimination du Barça en 2005. Where is the love ?

De l’autre côté, la passion prend le dessus. Alors que Londres ignore cruellement la remontée des Blues, la ville du Vesuvio pleure. Que ce soit à Naples même, Milan, Londres ou New York, les millions de napolitains à travers le monde pleurent le sort de cette si belle et si jeune équipe. Ils peuvent être fiers de leur immense parcours, fiers de leurs guerriers qui auront redonné une lueur d’espoir à leur ville. Mais cette nuit ils n’y arrivent pas, c’est trop dur, trop injuste. Ce soir est réservé au désespoir. Même le tweet de Diego (« une tristesse immense ») ne consolera pas les napolitains. Le plus tragique, c’est cet air de dernière fois. Ce huitième de finale était du « tout ou rien ». Ou une qualification historique dans le top 8 continental, ou l’ultime effort d’une équipe qui pourrait bien mourir en juin. Les rumeurs rapprochant Lavezzi de l’Inter. Les innombrables offres pour la crête de Hamsik. Et surtout la difficulté d’accrocher cette troisième place qualificative pour la Champions. Enfin, tout n’est pas encore terminé : une éventuelle finale de Coppa Italia contre la Juve pointe son nez. Pour un dernier soupir, ou un nouveau souffle ?

 

Markus et Ruggero

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 Bonus : notre conversation avec un illustre tifoso napoletano, Paolo

A 18h : « Et vous, vous avez eu la chance de voir « El Diez » écrire l’Histoire au San Paolo ? » Après un sourire qui en dit long sur les émotions vécues il y a déjà plus de vingt ans, Paolo nous répond : «  Le match commence dans deux heures seulement, malheureusement je ne pense pas avoir le temps de vous raconter une telle histoire. On en reparle au dîner après le match ? ». A notre plus grand regret, il n’y aura finalement pas de dîner. « On ne va pas dîner entre amis après un enterrement, ciao ».

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4 réflexions sur “ FT y était : Chelsea-Napoli, une tragédie en bleu et gris ”

  1. Dire que j’y étais… Grand fan des Blues (et non un footix^^). J’ai supporté mon équipe toutes ces années.
    Mais je dois avouer que j’ai ressenti exactement la même ambiance quand j’y étais.
    Mais après tout, quel match !
    Best place to be : Shed Lower ! Les vrais ! :)

  2. On a pas du voir le même match et la même ambiance guignol… Quand le supporterisme devient plus fort que le journalisme ça sert à rien de continuer ce site.

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