Simone Pepe, le soldat inconnu


La Semaine dernière, FT vous dressait le portrait du Enano Maxi Moralez. Ce mercredi, on vous propose de découvrir l’autre grand oublié de ce Calcio de début de saison : Simone Pepe.
Lorsqu’on scrute le Mercato 2011 de Beppe Marotta, on se dit que la Juventus a rencontré de sérieuses difficultés sur les ailes la saison passée. Problématique pour le nouvel entraîneur de la Vecchia Signora, Antonio Conte, dont l’objectif est de mettre en place un système de jeu offensif qui repose principalement sur la qualité des joueurs de couloir. C’est pour cette raison que les dirigeants bianconeri ont décidé de satisfaire les désirs de leur Mister en lui procurant trois ailiers jeunes et prometteurs : Eljero Elia, Emanuele Giaccherini et Marcelo Estigarribia. Un certain Simone Pepe, qui a pourtant toujours accompli son devoir avec dignité et sérieux lors de la saison 2010/2011 désastreuse, semble donc sur le point de partir en juillet. Ailier de profession, il interprète le mercato juventino comme un message clair et sans appel : on n’a plus besoin de toi. Les rumeurs les plus folles circulent dans la presse italienne. Selon le Corriere dello Sport, Simone est destiné soit à la nouvelle Roma de Luis Enrique, soit au Napoli de Walter Mazzarri. Une histoire d’à peine un an semble sur le point de se terminer, au grand désespoir de l’ailier romain. Mais tout change le jour de l’officialisation de Conte à la tête de la Juve, qui est rapidement filmé par les caméras de Sky Italia en train d’avoir une longue conversation avec Pepe. Tout le monde pense que l’entraîneur est en train de communiquer au natif de Rome sa décision de le laisser partir. En fait, Simone révèlera quelques semaines plus tard que Conte lui avait tout simplement dit : « J’ai une grande confiance en toi. Si tu joues comme tu en es capable, tu seras titulaire ». Le stage de préparation commence quelques jours plus tard, et devinez quel joueur se met le plus en évidence ? Pepe bien sûr. Stimulé par les mots de son coach, le manque de confiance de ses dirigeants et la terrible concurrence à son poste, Simone défonce tout. Lors des rencontres amicales de préparation, il marque, court, tacle, et marque encore. Tout simplement, il joue pour sa survie, son boulot, avec la même grinta qu’il mettrait sur le terrain pour une finale de Ligue des Champions. Conte apprécie son dévouement et, comme promis, le met titulaire lors du premier match officiel de la Juve dans la nouvelle cathédrale du football bianconero : le Juventus Stadium (pas top le nom…).


Dans son nouveau stade, Pepe entame sa reconquête. Il réalise un match exceptionnel qui consolide son nouveau statut dans les hiérarchies de Conte. Infatigable sur son aile droite, il livre l’une de ses meilleures prestations sous les couleurs blanches et noires, offrant plusieurs caviars à Matri et signant d’une belle frappe croisée le 2-0 provisoire pour la Vieille Dame.  Mais surtout, il se fait apprécier par son nouveau coach et mentor pour son esprit de sacrifice et ses replis défensifs. Dans un système offensif comme celui de Conte (un 4-2-4 borderline 4-4-2), son apport lors de la phase défensive est essentiel. D’ailleurs, lui-même dit que le highlight de son match n’est pas son but, mais son repli de 70 mètres pour stopper la contre-attaque de Parme menée par ce diable de Giovinco.  

Depuis ce Juve-Parme, Pepe est indéboulonnable. Il a réussi à taire les critiques et à reléguer des joueurs comme Krasic ou Elia sur le banc.  Conte déclare à maintes reprises que son numéro 7 est le seul ailier capable de donner de l’équilibre à l’équipe, comme le prouve la prestation de son bonhomme face à l’Inter samedi dernier (jusqu’à la 38è, Maicon fait terriblement souffrir la Juve à droite, puis Pepe et Vucinic changent de couloir et le problème Maicon disparaît). D’ailleurs, l’intelligence tactique et l’esprit de sacrifice ont toujours été les points forts de Simone, depuis ses débuts en Serie C avec le Teramo. Des points forts grâce auxquels il arrive à combler ses lacunes   techniques (voir Pepe se tape la honte). Son style de jeu est d’ailleurs similaire à celui de Conte lui-même, bandiera de la Grande Juve à cheval entre les années 90 et 2000, devenu célèbre pour sa mentalité de gagnant et sa grinta plus que par ses dribbles et sa technique. 
Les mauvaises langues diront que la raison pour laquelle un joueur médiocre comme Pepe est titulaire dans une institution telle que la Juve est seulement parce que Conte se reconnaît en lui. Mais ceux qui suivent assidûment le glorieux début de saison de la Vieille Dame savent sans doute que la vérité est autre : qu’on le veuille ou non, depuis septembre, Pepe est le meilleur ailier de l’effectif bianconero. Prends ça, Marotta.
Ruggero

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