Maxi Moralez, nouveau « Best Kept Secret » du Calcio



 

 

Ce mercredi, Fautetactique ne dresse pas le portrait de grands joueurs ou illustres coachs passés, mais s’intéresse au joueur le plus ignoré de ce début de saison, l’oublié Maxi Moralez.

 

En deux mois, le mètre cinquante-neuf de Maxi a charmé toute l’Italie. La vitesse, la percussion et la précision de tir du trequartista en font un danger permanent, aussi bien en meneur de jeu qu’en attaquant de soutien. Le véritable Enano (« nain ») du football argentin, c’est lui. Un mètre cinquante-neuf pour cinquante-sept kilos, Maximiliano chausse du 39. La comparaison avec Valbuena s’arrête là, car le champion d’Argentine serait plutôt une sorte de mini-moi argentin du génial Fabrizio Miccoli (cf. le portrait de Miccoli) : la même vista, la même grinta, le même instinct, les mêmes coups francs, en plus petit. Pour résumer, Moralez casse des chevilles tous les weekends en Serie A depuis deux mois.


Certains le connaissent de Football Manager, d’autres n’en ont jamais entendu parler. Apparemment, les journalistes de L’Equipe.fr n’ont pas joué à FM, sa fiche n’étant pas actualisée depuis deux ans. Ou alors le championnat argentin ne leur plaît pas. Après tout, Messi n’y a jamais joué, doivent-ils se dire…



Toujours est-il que quand Maxi Moralez (génération 1987) débarque à l’Atalanta cet été pour 7 millions de dollars, ce n’est pas surprenant de voir le Mister Stefano Colantuono déclarer : « Nous l’attendons à bras ouverts ». Car le chaos règne à Bergame. L’été des Bergamaschi a été terrible. L’implication de l’Atalanta dans le scandale de paris sportifs Last Bet a ruiné la joie (déjà mince) du titre de champion de Serie B, et les 6 points de pénalité attribués au club ont fini d’achever les rêves d’un possible retour au premier plan. Pire, la bandiera Doni, « le vrai Cristiano » du coin, ne foulera plus la pelouse du Stadio Atleti Azzurri d’Italia pendant au moins trois ans et demi, suspendu. Une tragédie. Et en août, on commence déjà à parier sur le nombre de matchs qu’il leur faudra pour obtenir total de points positif. Saleté de paris…



Cent cinquante-neuf centimètres de talent argentin plus loin, l’Atalanta a déjà engrangé 14 points et se positionnerait à la deuxième place du classement si Doni&Co n’avaient pas joué aux plus malins avec la justice sportive italienne (ils ont 8 points du coup). Car Maxi Moralez ne perd plus de temps. En 8 matchs toutes compétitions confondues, le trequartista en est déjà à 5 buts et la paire qu’il forme avec El Tanque Denis terrorise les stades de la Botte autant que les supporters bergamaschi, et ce n’est pas rien.



Du temps, Maximiliano en a perdu. Après avoir été révélé au Racing par le Cholo Simeone et avoir émerveillé le monde du football lors du Mondial U20 de 2007 où il est élu deuxième meilleur joueur derrière El Kun Agüero, Moralez s’imagine déjà réussir en Europe, et choisit un chemin étonnant : le FC Moscou. Six mois, six matchs et pas le moindre but. En Russie, on ne rigole pas avec la force physique. Et quand on sait que Messi lui met dix kilos… Pendant ce temps-là, le Kun régale le Calderon, Zarate fait bander l’Olimpico et le Bernabéu rêve déjà de Di Maria.



Puis Moralez reprend son chemin. A 21 ans, à peine revenu au pays, il sauve le Racing de la rélégation. Frasquito (« le petit flacon ») se révèle être un joueur plutôt clutch. Un an plus tard en 2009, c’est lui qui donne le titre de champion (clôture) au Velez Sarsfield lors de la dernière journée contre l’Huracan. La légende est en marche. La saison dernière, aux côtés de Ricky Alvarez (Inter) et de Santiago Silva (Fiorentina), Moralez récite ses gammes et fait à nouveau grimper le Velez sur le toit du football argentin avec un nouveau titre, sans oublier d’impressionner tout le continent  sud-américain en plantant cinq pions en Copa Libertadores. Maxi a grandi. Pour un peu plus de 5 millions d’euros, comme tout argentin qui se respecte, il choisit « le plus beau championnat au monde » et rejoint le club qui avait vu grandir avant lui Inzaghi et Pazzini, entre autres. Depuis, les nerazzurri rêvent de recroiser leur ennemi juré Brescia afin de montrer de quoi leur pépite est capable et de marquer l’histoire d’un club pour qui les titres sont encore plus rares que les grands joueurs.



Entre temps, on espère que l’Europe aura remarqué que cette saison un géant de 159 centimètres enchante la Lombardie.





Markus

 

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