Les Oubliés : Mustapha Hadji et Pascal Cygan

Dans cette rubrique, retrouvez chaque mercredi le portrait et les meilleures vidéos d’illustres joueurs plus ou moins oubliés qui ont pourtant marqué leur époque. 
 
Cette semaine : Mustapha Hadji et Pascal Cygan
 
 Mustapha Hadji
 
 
 
 
Si on vous dit « le numéro 7 qui vend du rêve dans son maillot rouge et vert dans les années 90 », vous dites tous, bien évidemment, Luis Figo. Pourtant, le seul qui est présent aux Mondiaux 94 et 98, c’est Mustapha Hadji, « le Ronaldo du Maghreb ».  
 
Hadji reste le dernier joueur arabe à avoir remporté le Ballon d’Or Africain. C’était en 1998 et Mustapha sortait d’une Coupe du Monde et d’une CAN brillantes. Sa conduite de balle brésilienne et son look atypique en font rapidement une icône. Il est bon dans les moments importants, et lui et sa crinière donnent tout pour les Lions de l’Atlas. Au Mondial 98, le Maroc de Henri Michel est encore qualifié deux minutes avant la fin du dernier match des poules, jusqu’à ce penalty polémique sur Tore Andre Flo face au Brésil (vidéo). C’est d’ailleurs face à la Norvège qu’il plante l’un des plus beaux buts de la Coupe du monde, sur un dribble do brazil qui suit une course de 50 mètres (vidéo). Il rentre dans l’histoire à la CAN 98, où lors du dernier match de poule, il qualifie in extremis le Maroc pour les quarts en marquant d’une retournée acrobatique à la dernière seconde (vidéo). But d’anthologie. Déjà en 1994 aux Etats-Unis, il offrait une assist’ à Hassan Nader pour sa première touche de balle après être entré en jeu face aux Pays-Bas. Il avait 22 ans.
 
Hadji aura marqué les esprits avec sa sélection et rendu attractive la sélection marocaine. A l’époque des Ronaldo et Rivaldo, Hadji est la plus belle réponse que l’Afrique peut avoir. Il restera comme un symbole surtout pour avoir été l’un des rares à refuser l’équipe de France pour jouer avec son pays d’origine, et poussant les Marocains de France à se poser la question.
 
En 19 saisons en club, il est bien moins spectaculaire. Après cinq premières années à Nancy, il entame un tour d’Europe qui le mènera au Portugal (Sporting, une saison), en Espagne (deux saisons au Deportivo, quatre mois à l’Espanyol), en Angleterre (deux saisons à Coventry, trois saisons à Aston Villa) puis à Dubaï, en deuxième division allemande et enfin au Luxembourg. Mais peu importe, car pour Mustapha Hadji, tout ce qui compte c’est la sélection. « Quand vous marquez avec l’équipe nationale, ce n’est pas comme en club. C’est quelque chose qui reste gravé. Vous représentez une nation. Lorsque vous marquez en équipe nationale, vous êtes sur un nuage. C’est quelque chose qu’on ne peut pas expliquer. En équipe nationale, tous les buts sont importants. »
 
Aujourd’hui, Hadji souhaite passer ses diplômes d’entraîneur et travailler pour la Fédération marocaine afin de ramener les Lions de l’Atlas au premier plan. On s’en réjouit.
 
 
Pascal Cygan
 
 
 
 
Enfin, Pascal Cygan. Certes, il n’a jamais eu ni le niveau, ni le prestige des deux autres, mais il a vécu une carrière atypique que l’on a oubliée avant même qu’elle ne se termine l’an dernier, en deuxième division espagnole.
 
D’abord, sept ans au LOSC. Alors que le LOSC Lille Métropole s’est imposé aujourd’hui comme un club français majeur, glanant le titre de champion de France et distribuant des highlights de ses meilleurs joueurs partout en Europe, Pascal, lui, était là depuis le début. Déjà à l’époque où le club était encore une SAEMS et que la mairie en était l’actionnaire majoritaire. Sept années dans le Nord, dont trois en Ligue 2. Exactement 200 matchs, et le brassard. Le premier LOSC version Ligue des Champions, celui de Halilhodzic, qui vient de Ligue 2 et reste leader du championnat 00-01 pendant deux mois (et finit finalement 3e), s’appuyait bien sur un grand chauve costaud derrière. Un type qui n’avait nul besoin qu’on lui explique le principe du sacrifice. Un chti dans le cœur et dans la tête pour qui la faute tactique n’a jamais eu aucun secret. Tellement chti qu’il prononcera, très fier, les mots suivants : « On n’était jamais assez réguliers pour bien y figurer (en Coupe de France, ndlr). La seule fois où on était bien en championnat, on s’est fait sortir par Calais ! On a un peu fait partie de l’épopée ! ».
 
Si l’on parvient encore à se rappeler de Pascal, c’est surtout grâce à son passage à Arsenal. Il devait devenir le nouveau Jaap Stam de la Premier League. Finalement, ce sera un rôle de remplaçant « sauveur » qui aime se sacrifier pour l’équipe et boucher les trous quand il le faut. Aujourd’hui les Gunners sont moqueurs à son encontre (cf. vidéo), mais on peut affirmer que sous plusieurs aspects, son passage en Gunner a été plus important que celui de Cesc Fabregas. Il remporte cinq titres (soit plus du double que ce qu’a gagné Cesc), participe à la saison incroyable des Invincibles (Cesc ne joue pas cette année-là en championnat et ne reçoit donc pas la médaille de champion) et remporte également le prix du chant Gunner le plus cool des dernières années : « He’s bald! He’s shit! He gets a game when no one’s fit! Cygan! », catégorie dans laquelle il devance encore une fois le barcelonais, dont le chant est (était) « We’ve Got Cesc Fabregas, We’ve Got Cesc Fabregas ! »…
 
Toujours est-il qu’à Highbury, la rumeur disait même qu’il ne jouait que parce qu’il était le fils illégitime de Wenger. L’ogre Cygan finira par accumuler 98 présences en quatre saisons avec Arsenal, toujours à bloc, toujours prêt pour tout donner.
 
Après trois saisons très mitigées à Villaréal, Pascal est dans l’impasse. Le seul club français à le contacter est Arles-Avignon, et le LOSC ne répond même pas à ses appels. Il finit par signer au FC Cartagena en Espagne et joue la montée au soleil durant deux saisons. Il passe actuellement ses diplômes d’entraîneur.
 
 
 
 
 
Markus
 
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5 réflexions sur “ Les Oubliés : Mustapha Hadji et Pascal Cygan ”

  1. c’est simple je n’en dors plus depuis que j’ai revu ces vidéo.
    Top votre site pour un vrai fan de foot que je suis quel travail d’archive.

  2. Bonjour ,

    Le passage sur hadji est fantastique c’est de mes joueurs préférés techniquement très doué il faisait parti de cette équipe nationale composé de star à l’époque mais qui n’arrivait pas à franchir un palier ca me rappele un peu l’inter milan au année 90
    je pense que s’il avait choisis l’équipe de France il aurai eu une meilleur carriére c’est buts à la coupe du monde et en coupe d’afrique me donnent toujours la chaire de poule

    Merci pour l’article

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