Les Oubliés : Cañizares, Miccoli et Nakata

Dans cette rubrique, retrouvez chaque mercredi les meilleures vidéos Youtube de trois joueurs plus ou moins oubliés qui ont pourtant marqué leur époque.
Cette semain
e : Santiago Ca
ñizares, Fabrizio Miccoli, Hidetoshi Nakata.
 


Santiago Cañizares, le malchanceux.


 

Un gardien exceptionnel qui aurait mérité une bien meilleure carrière. Formé au Real Madrid, l’homme aux cheveux teints s’imposera comme l’un des plus grands goals dans l’histoire du football espagnol en gagnant 4 trophées Zamora. Malgré un excellent palmarès en tant que numéro deux madrilène (entre autre, une Ligue des Champions dans l’ombre de Bodo Illgner), le succès de Cañizares sera à toujours lié au Mestalla et à l’âge d’or de Valence. Il a en effet vécu, sous les ordres de Héctor Cúper d’abord et Rafa benitez ensuite, la période la plus enthousiasmante de l’histoire de Los Ches, avec qui il triompha en Espagne (deux Liga, deux Copa del Rey, une Supercoupe) et en Europe (une coupe de l’UEFA, une coupe Intertoto, une Supercoupe européenne). Néanmoins, la carrière de Santi restera éternellement inachevée, sans jamais obtenir une consécration internationale à la hauteur de son talent. Avec Valence, il arrive deux fois en finale de Ligue des Champions, mais le 11 de Cùper se fait étriller 3-0 par le Real en 2000 et perd à San Siro l’année d’après aux penaltys contre le Bayern.
Surtout, Cañizares n’arrivera jamais à s’imposer comme le gardien titulaire indiscutable de la Roja. Numéro deux du grand Zubizarreta lors des Coupes du Monde 1994 et 1998, il pense enfin pouvoir défendre les cages espagnoles lors du Mondial nippo-coréen. Aucun doute, c’est le meilleur goal ibère du moment et le destin lui offre enfin sa grande chance. Ou du moins c’est ce qu’il pensait, puisque deux semaines avant le départ vers l’Asie, Santiago se procure la blessure la plus bête de l’Histoire du football : en faisant tomber sa bouteille de parfum aux toilettes, il se sectionne un tendon et perd tout espoir de participer au grand évènement. Bien sûr, Casillas sortira un Mondial de ouf (notamment en huitièmes de finale contre l’Irlande) et reléguera Cañizares au statut de remplaçant en équipe nationale. Il prend sa retraite en 2008, quelques jours avant le triomphe espagnol à l’Euro. Cruelle ironie.
Malgré ces regrets, on n’oubliera jamais la confiance qu’il inspirait à sa défense, sa personnalité hors du commun et , naturellement, ses cheveux. Inimitable. Merci pour tout, Santi.

Fabrizio Miccoli, El Pibe de Nardò.

Un nostalgique. Un homme qui a acheté aux enchères à 20 000 euros une boucle d’oreille ayant appartenu à Maradona afin… de la rendre à Diego. Un homme qui s’est mis à pleurer sur le terrain lorsqu’il marqua avec Palerme un but à l’équipe de sa ville, le Lecce. Un personnage rare dans le football d’aujourd’hui. On lui rend hommage avec ce petit article, en rappelant son caractère vintage et ses qualités techniques exceptionnelles.
Il explose à la Ternana, en Serie B, et tape dans l’oeil de la Juve qui l’envoie en prêt au Perugia de l’ambitieux Président Gaucci pour tester son niveau. Miccoli défonce tout lors de la saison 2002/2003 et un certain Marcello Lippi veut absolument lui donner sa chance à la Juve. Il est jeune, ambitieux et doté d’un toucher de balle hors du commun. Trapattoni le qualifie de “Meilleur jeune dans le panorama footballistique italien”, et lorsque il Trap parle, on ferme sa gueule et on écoute. Mais, malheureusement, la concurrence est forte au sein de l’attaque bianconera, Trézégol et Del Piero sont les titulaires inamovibles et Fabrizio n’a que très peu de temps de jeu. Huit buts ne suffiront pas à convaincre les dirigeants de la Vieille Dame qui le laisseront partir. Miccoli rate sa grande occasion. Il se rattrape les saisons suivantes à la Fiorentina et au Benfica, où il devient l’idole des supporters portugais. En 2007, à 28 ans il prend le dernier grand pari de sa carrière : rentrer en Serie A, à Palerme, et montrer au football italien qu’il a laissé passer un grand talent. Pari réussi.
 
Cliquer ICI pour voir la vidéo de Fabrizio Miccoli
 
 
Hidetoshi Nakata, symbole d’un continent.

 

Le Samouraï”, comme l’appelaient, sans grande imagination d’ailleurs, les tifosi de Perugia, s’est fait connaitre par la planète football plus par son potentiel médiatique et son statut de première star japonaise du ballon rond que par son talent. Mais, qu’on le veuille ou non, il a marqué une époque. Les footballeurs asiatiques jouant en Europe avant lui se comptent sur les doigts d’une main (voyons si vous arrivez à en nommer un). Or, depuis son arrivée sur le Vieux Continent il y a eu une incroyable invasion de joueurs de l’Extrême Orient, qui désormais tentent leur chance au plus haut niveau: Park Ji-Sung, Park Chu-Yung, Shumsuke Nakamura, Yuto Nagatomo, Takayuki Morimoto, Keisuke Honda… Notre cher Hidetoshi a donc contribué au grand essor du football asiatique en ayant le courage d’accepter le défi Serie A. Beaucoup ont suivi sa voie. Par son acte, il a aussi réussi à accroître la popularité des grands championnats européens sur son continent. Ce n’est pas un hasard si maintenant les grands clubs espagnols, anglais ou italiens font leurs tournées en Chine ou au Japon. Ce n’est pas un hasard si la Supercoupe italienne se joue à Pékin. Le nouveau marché footballistique se trouve en Asie et Nike l’avait compris depuis bien longtemps en insérant Nakata dans sa pub légendaire“The Cage”.
 
En oubliant l’aspect marketing, techniquement, Hidetoshi était un joueur intriguant, capable du meilleur comme du pire, mais excellent des deux pieds. On se rappellera toujours de son but fantastique contre la Juve en 2001, un but essentiel pour le triomphe en Serie A de la Roma. Malgré cela, il ne réussit pas à maintenir les espoirs que le club de la louve avait en lui, finissant sa carrière professionnelle à tout juste 29 ans en luttant pour le maintien en Premier League avec Bolton. Dommage.
 
 
 
Le destin commun à ces trois grands joueurs, c’est de s’être arrêté là. Dommage ça aurait pu être mieux… Mais c’est pas plus mal, on a maintenant toute la vie pour imaginer ce que ces trois mecs auraient pu faire, et ça c’est beau.

Ruggero



3 réflexions sur “ Les Oubliés : Cañizares, Miccoli et Nakata ”

  1. Merci de nous parler de ces joueurs que j’adore mais qui ne sont pas forcément très connu par les moins connaisseurs.
    Le charisme de Canizares, Les coups de génies de Miccoli, le pionnier Nakata (avec Nanami, Miura…)
    Tiens en lisant les articles liés à l’Argentine et en tombant sur Nakata, j’ai pensé à Naohiro Takahara joueur japonais passé par Boca jrs.

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